Des protestations contre le gouvernement, accusé de manquer de solidarité et de prévoyance, ont fusé lors de l’enterrement collectif hier au cimetière des Martyrs du Caire, de 109 des 373 victimes de la plus grande catastrophe ferroviaire jamais connue en Égypte. Des policiers en tenue antiémeute avaient pris position sur le lieu d’enterrement, situé dans la Cité des morts, mais il n’y a pas eu d’incidents autre qu’une bousculade provoquée par des personnes qui tentaient de pénétrer dans le cimetière, où étaient réunies plusieurs centaines de personnes. Le gouverneur adjoint du Caire, Zaki Abdel Ghani, a indiqué que 109 corps de victimes non identifiées avaient été enterrés, mais n’a pas précisé si toutes les autres victimes, sur le total de 373 annoncé le jour du drame, avaient été identifiées. «Les gens étaient assis ou debout, ou dormaient les uns sur les autres. C’est ça la cause de l’accident. C’est une honte», a déclaré Amal Mahmoud, reprenant les accusations lancées par les rescapés, selon lesquelles le train, dont sept wagons ont brûlé, était surchargé. «Le président est un homme bien, mais ils (les responsables) n’appliquent pas ses instructions», criait un vieil homme portant la djellaba et le turban traditionnels des paysans du Sud. «Les pauvres, ils s’en fichent», a-t-il déploré. Le président Hosni Moubarak a promis vendredi, dans un message télévisé, de faire toute la lumière sur la catastrophe et de ne pas «cacher la vérité». Le ministre des Transports Ibrahim al-Déméri et le président de l’Autorité des chemins de fer, Ahmed al-Chérif, ont démissionné à la suite de l’accident, qui s’est produit mercredi, sur un train de nuit reliant Le Caire à Assouan (sud), à environ 70 km au sud de la capitale égyptienne. Saïd Abdel Hamed a expliqué qu’on lui avait promis un test ADN pour identifier le corps de son frère, Hassan Abdel Hamed, mais qu’aucune décision n’avait suivi. «Ce gouvernement est injuste, l’islam est la solution», criait un autre homme, reprenant le slogan des Frères musulmans, le mouvement islamiste interdit en Égypte.
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