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Actualités - Reportage

Décorateurs - Abboud Homsi, la courtoisie (PHOTO)

Les endroits publics, les chambres d’hôtel réaménagées pour accueillir les célébrités de passage, une nuit d’été, les restaurants, boutiques et autres résidences privées s’accordent parfaitement au maître d’œuvre, Abboud Homsi. Comme lui, ils apparaissent gais, élégants et simples à la fois. Il en est plus que le décorateur, puisqu’il devient, une fois le projet abouti, le gardien des lieux qui veille à ce que tout soit et demeure parfait. Fidèle, enfin, à ses exigences. La courtoisie. S’il fallait choisir un mot pour résumer Abboud Homsi, ce serait bien celui-là. Toujours un sourire amicalement accroché aux lèvres et au cœur qu’il a grand, le mot qu’il faut, celui qui touche ou fait simplement plaisir. Avec sa bouille d’enfant gourmand de belles choses à partager et la nostalgie d’une frivolité d’antan qu’il maquille pudiquement d’un éclat de rire résonnant, à chaque bonne occasion, Abboud trimballe en lui une grande sensibilité de grand solitaire qui aime le soir venu se retirer du monde pour se récupérer, trop éparpillé en journée, trop occupé à s’adonner à ce qu’il aime par-dessus tout, aménager les espaces et les revêtir de leurs plus belles tenues, des tenues de soirée. Un homme qui aime tout faire Dans ce restaurant dont il vient d’achever l’aménagement, il débarque, capitaine d’un navire arrivé à bon port, embrassant dès son entrée l’ensemble des lieux puis chaque détail. Il dépose son chapeau sur une table, son long manteau au vestiaire et se dépêche, des fourmis dans les jambes, d’inspecter les coins et recoins, poussière, rangements, cuisine, service, des détails encore imparfaits selon lui mais qui, surtout, n’ont strictement plus rien à voir avec son métier de décorateur. Il repère les erreurs, s’emporte, brusquement devenu très intolérant, «je suis quelqu’un de très nerveux ; en un instant, je me cabre !». Il est comme ça, Abboud Homsi, impatient, perfectionniste, généreux. «J’aime le contact avec les gens, je peux servir à table, ça ne me pose aucun problème !». Ce grand ours au cœur tendre le ferait, si cela était nécessaire, pour s’assurer que les formes, les couleurs, la circulation sont idéales. Mais pour l’instant et après avoir fait sa «tournée d’inspection», après avoir relevé et noté ses insatisfactions, il choisit de nous parler de ses choix, de sa façon de travailler, de ses préférences. «Je fais toujours “comme ça”». C’est «comme ça» qu’il a été au bout de sa tâche, de ses tâches, en finalisant La maison du Saumon, Le Ragueneau, Le Barocco, qu’il a transformé plus tard en Michel Angelo, le Monogrill et bien d’autres. «Le relationnel est très important pour moi. J’aime les gens, vivre avec le client, voir comment il réfléchit, comment il mange et s’habille, pour produire un travail qui soit à sa mesure». Outre cette histoire de cœur, de fidélité et d’amitié qui s’installe, il y a l’amour d’un métier auquel il n’impose aucune limite. «Je suis un grand bûcheur, un esclave de mon métier. J’aime l’étalage de tissus, les palettes de couleurs, les choisir, les associer», pour le plaisir des yeux, les siens d’abord et ceux de ses clients. «Le plus beau compliment qu’on puisse me faire concernant un projet dont j’ai achevé la décoration, poursuit-il, c’est : Comme c’est simple, comme c’est toi !». Cet amoureux des matières nobles qui durent a déclaré la guerre à la modernité. « Ce n’est pas vraiment moi…». À l’acier, il préfère le bois, enrobé de velours ou de soie, assorti d’une ambiance inspirée de ces soirées mondaines où le beau et l’élégant sont naturels. «Bien sûr qu’il existe des clients avec qui je refuse de travailler. Ceux qui ne vont pas aimer mon travail !». Abboud Homsi se met alors à la table réservée à son nom. Il se transforme en un instant en client gourmand-gourmet. L’espace d’un instant. Un détail, qui s’échappe et qui lui déplaît. Il redevient le décorateur jamais entièrement satisfait. «On ne se refait pas», dira-t-il enfin dans un grand éclat de rire. Carla HENOUD
Les endroits publics, les chambres d’hôtel réaménagées pour accueillir les célébrités de passage, une nuit d’été, les restaurants, boutiques et autres résidences privées s’accordent parfaitement au maître d’œuvre, Abboud Homsi. Comme lui, ils apparaissent gais, élégants et simples à la fois. Il en est plus que le décorateur, puisqu’il devient, une fois le projet abouti, le gardien des lieux qui veille à ce que tout soit et demeure parfait. Fidèle, enfin, à ses exigences. La courtoisie. S’il fallait choisir un mot pour résumer Abboud Homsi, ce serait bien celui-là. Toujours un sourire amicalement accroché aux lèvres et au cœur qu’il a grand, le mot qu’il faut, celui qui touche ou fait simplement plaisir. Avec sa bouille d’enfant gourmand de belles choses à partager et la nostalgie d’une...