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Actualités - Analyse

Japon Niveau record des faillites d’entreprises nippones en janvier

Les faillites d’entreprises japonaises ont accusé en janvier une augmentation de 19,3 % par rapport à janvier 2001, atteignant ainsi leur plus haut de l’après-guerre pour ce mois de l’année, annonce hier l’institut de recherches Teikoku Databank. Ce mouvement semble devoir s’amplifier compte tenu de la crise qui menace le système financier, ajoute-t-il. Teikoku Databank a recensé en janvier 1 620 dépôts de bilan. L’endettement total des sociétés en faillite a augmenté de 10,1 % sur un an pour s’établir à 8,10 milliards de dollars, ce qui constitue également un plus haut en janvier depuis la Seconde Guerre mondiale. Tokyo exhorte de plus en plus les banques japonaises à régler leurs problèmes de créances douteuses, qui n’ont fait que s’aggraver depuis l’éclatement de la «bulle» économique nippone en 1990. Mais l’augmentation des faillites a aussi pour conséquence de porter le chômage à son plus haut dans l’histoire du Japon moderne. Aggravation à prévoir D’après les analystes, les faillites ne feront que croître lorsque le Premier ministre Junichiro Koizumi aura mis en place son plan de bataille contre la déflation. Celui-ci devrait comprendre des mesures destinées à accélérer l’élimination des créances douteuses ainsi qu’une éventuelle injection de fonds publics dans le système bancaire. Les faillites de janvier ont porté leur nombre total à 16 552 depuis le début de l’exercice fiscal en cours, en avril dernier. Seule la même période de 1984/1985 avait enregistré un chiffre supérieur. «Le système financier est une fois de plus proche de son point de crise», écrit Teikoku Databank. «Compte tenu du niveau du Nikkei, à des plus bas de l’après-1990, des pertes croissantes et des baisses de notation subies par les banques et les compagnies d’assurances, de la hausse des taux d’intérêt à long terme et du risque de plongeon rapide du marché obligataire, le risque systémique du secteur financier continue de croître». D’après l’institut de recherches, les faillites pourraient maintenant menacer non seulement les entreprises du bâtiment et de la distribution, mais encore la promotion immobilière, les sociétés de courtage et l’industrie de transformation. Dans la seule industrie de transformation, les dépôts de bilan ont en effet augmenté de 34 % en janvier par rapport à janvier 2001. Tous les secteurs, à l’exception de la distribution, ont vu leur nombre de faillites croître. Teikoku souligne que janvier 2002 n’est que le deuxième mois de l’après-guerre, après novembre 2001, à avoir subi la faillite de quatre sociétés cotées en Bourse. Il s’agit de l’entreprise de construction Shokusan Jutaku Sogo, de l’opérateur de tavernes traditionnelles japonaises Kitanokazoku, du producteur de surgelés KB et du grossiste en vêtements Itariyard. L’institut estime que 1 247 des dépôts de bilan de janvier, soit quelque 77 % du total, sont la conséquence de la faiblesse de l’économie. Contraintes sur le système bancaire Le système bancaire japonais subit actuellement d’énormes contraintes après plus de dix ans de stagnation économique et trois ans de déflation, parallèlement à un chômage record et à un nombre de défaillances d’entreprises pratiquement sans précédent. La perspective d’une prochaine intervention des pouvoirs publics – qui pourraient bon gré mal gré aider les banques à recapitaliser et à réduire leurs créances douteuses – a soutenu ces derniers jours les cours boursiers des valeurs bancaires. Mais le ministre des Services financiers Hakuo Yanagisawa a répété hier qu’il n’estimait pas actuellement nécessaire un recours aux fonds publics. Quant au ministre des Finances Masajuro Shiokawa, il s’est prononcé contre l’injection de fonds publics dans des entreprises déjà mal en point, et souhaite plutôt que Tokyo contraigne les banques à agir de manière plus énergique contre le problème des créances douteuses. La fragilité du système bancaire japonais est devenue un sujet d’inquiétude majeure pour les marchés financiers à l’approche de la fin de l’exercice fiscal en cours, le 31 mars, et le début du processus, à partir du 1er avril, d’abolition de la garantie totale de l’État sur les dépôts bancaires. L’agence (ministère) des Services financiers, que dirige Hakuo Yanagisawa, estime à quelque 278,7 milliards de dollars le montant total des créances douteuses des 136 banques japonaises à la fin septembre.
Les faillites d’entreprises japonaises ont accusé en janvier une augmentation de 19,3 % par rapport à janvier 2001, atteignant ainsi leur plus haut de l’après-guerre pour ce mois de l’année, annonce hier l’institut de recherches Teikoku Databank. Ce mouvement semble devoir s’amplifier compte tenu de la crise qui menace le système financier, ajoute-t-il. Teikoku Databank a recensé en janvier 1 620 dépôts de bilan. L’endettement total des sociétés en faillite a augmenté de 10,1 % sur un an pour s’établir à 8,10 milliards de dollars, ce qui constitue également un plus haut en janvier depuis la Seconde Guerre mondiale. Tokyo exhorte de plus en plus les banques japonaises à régler leurs problèmes de créances douteuses, qui n’ont fait que s’aggraver depuis l’éclatement de la «bulle» économique nippone...