L’euro a regagné hier sur les marchés internationaux des changes une partie du terrain perdu dans la journée après la publication de statistiques économiques des deux côtés de l’Atlantique, accréditant le scénario d’une reprise nette et durable aux États-Unis. Ce mouvement de reprise de la monnaie unique est intervenu après que la Banque centrale européenne (BCE) eut tablé dans son rapport mensuel de février sur une reprise économique dans la zone euro dans le courant de cette année. «Les données récentes en matière de conjoncture confirment le scénario selon lequel l’activité économique dans la zone euro va se redresser progressivement dans le courant de l’année», a-t-elle écrit dans son rapport. En effet, des rachats de découverts et des achats à bon compte conjugués à des prises de bénéfices sur le dollar ont sensiblement contribué à soutenir la monnaie européenne en fin de journée. Plus tôt dans la matinée, l’euro s’était replié dans un premier temps, passant sous la barre de 0,87 dollar après l’annonce par l’Office fédéral des statistiques allemand que le chiffre d’affaires du commerce de détail dans la première économie européenne a reculé de 0,1 % en réel sur l’ensemble de l’année 2001, pour la première fois depuis quatre ans, contre une hausse de 1,1 % en 2000. Cette évolution a inquiété les investisseurs qui venaient d’apprendre de l’Institut national de statistiques et de recherches économiques (INSEE) que le nombre des créations d’entreprises en France a baissé de 1,2 % le mois dernier contre une hausse de 1 % en décembre 2001. La devise européenne s’est ensuite un peu redressée à plus de 0,87 dollar, malgré l’annonce aux États-Unis que les nouvelles demandes hebdomadaires d’allocations chômage ont baissé de 8 000 pour atteindre 373 000 au cours de la semaine achevée le 9 février, témoignant de quelques créations d’emplois non agricoles. Cela d’autant que les stocks des entreprises américaines ont diminué de 0,4 % en décembre, pour le onzième mois consécutif, laissant croire que la production industrielle devrait reprendre avec l’épuisement des stocks. Ces données pourtant favorables au dollar n’ont pas eu l’effet escompté sur les marchés qui ont estimé, après le rapport mensuel de la BCE, qu’il est difficile de voir l’euro descendre très bas. Les économistes de BNP Paribas ont fait savoir dans une note publiée hier en fin de matinée que «les fondamentaux de l’économie américaine ne sont pas encore tous très favorables et il est fortement improbable qu’on assiste dans les semaines, voire dans les mois à venir, à des mouvements financiers de l’Europe à destination des États-Unis sur les marchés des actions et des obligations américaines». Le billet vert a été par ailleurs affecté par le regain d’intérêt pour le yen dans la perspective d’un nouveau plan de relance économique au Japon avant la visite du président américain George W. Bush à Tokyo demain et à la veille du paiement des intérêts sur les bons du Trésor américains aujourd’hui. Les institutions financières japonaises détiennent une grande quantité de bons du Trésor américain et le marché s’attend à ce qu’elles convertissent une partie des intérêts en yens. Compte tenu de toutes ces considérations, le dollar devait se négocier en fin de journée à New York, sur un ton vulnérable comme suit : – 0,8740 pour un euro contre 0,8710, la veille (-0,34 %) – 1,4305 pour un sterling contre 1,4285 (-0,14 %) – 1,6980 FS contre 1,6995 (-0,09 %) – 132,10 yens contre 133,35 (-0,94 %). Reprise manquée des marchés américains Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont réussi à se maintenir en terrain positif hier, les investisseurs étant encouragés par la publication la veille après la clôture par Hewlett Packard de résultats financiers meilleurs qu’attendu. La publication de statistiques sur l’emploi et les stocks des entreprises aux États-Unis est venue aussi renforcer l’optimisme des opérateurs boursiers sur la reprise conjoncturelle. Mais, malgré la bonne tenue de la cote américaine, il reste prématuré de dire que le climat entourant Wall Street et le Nasdaq a fondamentalement changé face aux doutes persistants sur les pratiques comptables des entreprises américaines. À cet égard, les investisseurs ont eu hier des frissons en apprenant par la chaîne financière CNBC que la société Qwest Communications avait été obligée de tirer sur une ligne de crédit bancaire faute d’accès au marché des effets commerciaux. Quoi qu’il en soit, les valeurs bancaires sont reparties à la hausse hier, notamment Citigroup, JP Morgan et Bancamerica. Il en est de même du secteur de la distribution avec Kellogg et Coca-Cola, et des pétrolières avec Exxon Mobil et BP. Mais il n’en demeure pas moins que l’indice composite Nasdaq n’a pas pu se maintenir à plus de 1 850 points ainsi que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles au-dessus de la barre des 10 000 points pour la première fois depuis le 10 janvier dernier pour afficher en préclôture, à 23h heure locale, 9 970,94 points, en baisse de 18,73 points sur la veille. Les Bourses européennes soutenues par Wall Street Les marchés d’actions européens ont terminé en hausse jeudi, portés par la bonne orientation de Wall Street en séance, les anticipations de reprise économique mondiale et les bons résultats publiés par un certain nombre de grandes sociétés européennes. L’indice paneuropéen Eurotop 300 affichait un gain de 12,89 points, soit 1,06 %, à 1 234,22, tandis que l’Eurostoxx 50, limité à la zone euro, s’appréciait de 44,58 points (1,25 %) à 3 616,14. À Paris, le Cac 40 a fini en hausse de 1,49 %, tandis que le FTSE 100 prenait 1,06 % à Londres. À Francfort, l’indice Dax a gagné 0,78 %. Parmi les résultats annoncés ce jour, ceux des banques UBS et ABN Amro ont particulièrement été appréciés. UBS, outre des résultats supérieurs aux attentes, a annoncé un programme de rachat d’actions portant sur cinq milliards de francs suisses qui sera lancé à partir du 6 mars. Le titre a fini en hausse de 4,48 % à 80,50 francs suisses. Sa concurrente ABN Amro a maintenu son dividende inchangé après avoir annoncé des résultats dans la fourchette haute des attentes. Le titre s’est adjugé 2,29 % à 20,10 euros. «Les marchés ont été soulagés d’apprendre qu’il n’y avait pas de mauvaises surprises dans les résultats des banques, tels qu’une exposition plus forte que prévu à des faillites ou à des pratiques comptables». Tokyo : cinquième hausse consécutive En hausse pour la cinquième séance consécutive, l’indice Nikkei de la Bourse japonaise a terminé jeudi au-dessus de la barre des 10 000 points pour la première fois depuis le 29 janvier, les boursiers ayant été encouragés par les signes montrant que le gouvernement intensifie enfin ses efforts de lutte contre la déflation. Le Premier ministre Junichiro Koizumi a ordonné à ses ministres responsables des questions économiques de préparer un plan antidéflation, demandant en outre à la Banque du Japon d’agir avec détermination pour s’attaquer à la baisse des prix. Le Nikkei a terminé en hausse de 112,74 points, soit de 1,13 %, à 10 081,09. On observe que c’est la première fois que l’indice enregistre cinq séances de hausse consécutives depuis janvier 2001. La cote a également été soutenue par le fait que, selon certains, la visite du président américain George W. Bush au Japon à partir de la fin de cette semaine pourrait pousser le gouvernement à prendre des mesures plus radicales, par exemple une injection de fonds publics dans le système bancaire. «Les espoirs et les spéculations des investisseurs ont été inscrits dans les cours. Même si des mesures convenables font suite à la rencontre (lundi entre Koizumi et Bush), il se pourrait que le marché ne réagisse pas du tout la semaine prochaine», a observé Hidenori Karaki, de Tokyo Mitsubishi Personal Securities.
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