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Actualités - Chronologie

« Slobo » sans Mira devant ses juges

Slobodan Milosevic affronte depuis mardi matin devant le Tribunal pénal international (TPI) l’une des plus grandes épreuves de sa vie, en l’absence de Mira Markovic, son épouse, sa compagne pour le meilleur et pour le pire – son âme damnée disent ses adversaires – qui a choisi de ne pas assister au début du procès. «Leur premier vrai drame, c’est leur séparation», juge l’écrivain serbe Vidosav Stevanovic, auteur d’une ouvrage intitulé Milosevic, l’épitaphe. «C’est leur unique véritable punition après tout le mal qu’ils ont fait» en ex-Yougoslavie, estime cet auteur entré très vite en dissidence sous le règne de l’ancien homme fort de Belgrade. Étrange destin que celui de ce couple que leurs propres tragédies familiales ont uni durablement. Milosevic a eu un père théologien orthodoxe, Svetozar, qui s’est tiré une balle dans la tête dans un cimetière. Sa mère Stanislava, une communiste orthodoxe, institutrice puis directrice d’école, s’est pendue dix ans plus tard. Mira, elle, est la fille d’un couple de résistants de la Seconde Guerre mondiale. Sa mère capturée par les Allemands, torturée par la Gestapo, a ensuite été exécutée par les partisans de Tito après avoir été accusée d’avoir trahi ses camarades résistants. Slobodan Milosevic, 60 ans, et Mira Markovic, 59 ans, «sont deux personnalités qui se sont rencontrées dans une relation effroyable construite sur la banalité de l’horreur», dit Vidosav Stevanovic. «Leur relation repose sur une obsession de la mort qui les a gelés et pétrifiés», ajoute-t-il. Mira, elle, n’a jamais caché le grand amour qui l’unit à Slobodan Milosevic : «Je l’aime et c’est un fait bien connu», disait-elle récemment à un journaliste du New York Times. Ils se sont connus sur les bancs du collège à Pozarevac en Serbie orientale. Depuis ils ne se sont jamais quittés s’épaulant réciproquement dans les moments difficiles. À en croire leur avocat Me Dragoslav Ognjanovic, Mira et «Slobo», diminutif affectueux donné par les Serbes à Milosevic, à l’époque de sa popularité, «fonctionnent comme un seul être». Surnommée par ses adversaires «la sorcière rouge», elle-même à la tête d’un parti politique, la Gauche yougoslave (JUL), Mme Markovic a soutenu son mari lors de ses treize années à la tête de la Serbie puis de la Yougoslavie. Depuis le transfert de son mari à La Haye, en juin dernier, Mme Markovic lui a rendu plusieurs fois visite au centre de détention de Scheveningen dans les faubourgs de la Haye, à quelques encablures de la mer du Nord. Chacune de ses visites est conditionnée à l’octroi d’un visa par les autorités hollandaises. Mais pour le début du procès, les autorités néerlandaises affirment qu’elle n’ont reçu aucune demande de visa de Mira. Mira avait de grandes ambitions pour son mari lorsqu’il n’était qu’un simple apparatchik communiste: elle souhaitait voir sa photo remplacer celle de Josip Broz Tito (décédé en 1980) dans tous les lieux publics. L’ex-première dame yougoslave ne se doutait pas qu’une photo ferait un jour la Une de la presse internationale... celle de Milosevic sur le banc des accusés pour répondre de ses crimes en ex-Yougoslavie.
Slobodan Milosevic affronte depuis mardi matin devant le Tribunal pénal international (TPI) l’une des plus grandes épreuves de sa vie, en l’absence de Mira Markovic, son épouse, sa compagne pour le meilleur et pour le pire – son âme damnée disent ses adversaires – qui a choisi de ne pas assister au début du procès. «Leur premier vrai drame, c’est leur séparation», juge l’écrivain serbe Vidosav Stevanovic, auteur d’une ouvrage intitulé Milosevic, l’épitaphe. «C’est leur unique véritable punition après tout le mal qu’ils ont fait» en ex-Yougoslavie, estime cet auteur entré très vite en dissidence sous le règne de l’ancien homme fort de Belgrade. Étrange destin que celui de ce couple que leurs propres tragédies familiales ont uni durablement. Milosevic a eu un père théologien orthodoxe,...