Lors de la présentation d’avant saison, Corrado Provera, directeur de Peugeot Sport, espérait que le début du championnat du monde des rallyes serait moins chaotique que les deux précédents. Après une timide entame au Monte-Carlo, avec quatre points et une cinquième place de Marcus Gronholm, le Lion et le Finlandais ont écrasé le rallye de Suède ces jours derniers. Victoire de Gronholm, «doublé» des 206 avec Harri Rovanpera, Richard Burns 4e, le constructeur français a fait très fort. L’an dernier, malgré un succès en Suède, le Lion avait toujours son compteur bloqué à zéro par la faute du règlement, Harri Rovanpera, le vainqueur 2001, n’ayant pas été désigné pour marquer. Aujourd’hui, Peugeot en comptabilise 20. «C’est une réussite totale, savourait Provera. On vient en Suède pour la troisième fois et on remporte une troisième victoire. En plus, on l’a fait avec panache. Marcus (Gronholm) a pris la tête dès le début et, à part un petit intermède de Harri (Rovanpera), il l’a conservée jusqu’au bout. Peugeot a toujours été en tête». « Ma seule faute » «C’est la 13e victoire de la 206 et nous sommes en tête du championnat. Je crois que l’on est dans le rythme. Il faut continuer. Car il reste beaucoup de chemin à faire. La meilleure preuve que l’on n’est pas imbattables, c’est que l’on n’a pas été bons au Monte-Carlo. Nous n’avons pas donné les meilleures voitures à nos pilotes», poursuivait-il. Si le titre, le troisième consécutif, est encore loin, il n’empêche : avec une 206 WRC version 2001 fiable et performante, une «dream team» avec Gronholm, Rovanpera, Burns et Gilles Panizzi, le Lion fait peur. En Suède, la leçon administrée à la concurrence a impressionné. Comme chez les pilotes, le grand Marcus a confirmé qu’il était bien l’un des meilleurs, si ce n’est le meilleur. «Ma seule faute, je l’ai commise sur le podium. J’ai cassé le bouchon de la bouteille de champagne, ironisait Gronholm. Je ferai des essais à la maison maintenant. Je dois avoir trop de force dans le poignet. Ou peut-être pas encore assez l’expérience de la victoire». Le Finlandais en compte pourtant huit, en deux saisons seulement. Et il n’en restera certainement pas là, tant ses qualités sont énormes. En Suède, personne ne lui a résisté. Après une première journée délicate à cause d’un ordre de départ défavorable, ne l’empêchant pas cependant de virer en tête, Gronholm a tout balayé sur son passage. « Il sera imbattable » «Je ne me souviens pas exactement quand j’ai eu vraiment conscience d’avoir la mainmise sur le rallye. Sans doute après la 7e spéciale. Celle dans laquelle Colin (McRae) est sorti. Après, j’étais sûr que l’on pouvait gagner», disait le vainqueur. S’il occupe la tête du championnat, Marcus Gronholm ne se considère néanmoins pas comme le numéro un chez Peugeot. Il sait également qu’il lui faut encore progresser sur asphalte. «Je pense que je ne peux pas encore envisager de vaincre sur asphalte cette saison, admettait-il. Je peux viser un podium, oui. En Corse, peut-être. Il n’y a pas de Citroën. J’essaierai. Mais Subaru et Ford paraissent très bons sur asphalte. Je peux me battre avec eux. Mais Gilles (Panizzi) est bien là-bas». Mais le titre, qu’il a raté de peu l’an passé, Marcus Gronholm y pense très fort. Il connaît ses adversaires : «Colin (McRae) et Tommi Makinen. Carlos (Sainz) ? Il prend beaucoup de points partout», analysait le Finlandais. Et Richard Burns, le tenant, lui demandait-on ? «Je ne sais pas. Il sera sans doute peut-être plus rapide bientôt», lâchait Gronholm en souriant. «Si Marcus arrive à trouver ses limites sur asphalte, alors il sera imbattable», estimait Jean-Pierre Nicolas, responsable des rallyes chez Peugeot.
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