L’homme qui, en sa qualité de bourreau officiel, a exécuté une bonne cinquantaine de condamnés à mort d’une balle dans la nuque n’éprouve aucun regret; mais au chômage depuis la suspension de l’application de la peine de mort en 1996 dans sa Russie natale, il ne se résout toujours pas à donner le coup de grâce aux animaux de sa fermette. «Je ne faisais que mon travail», raconte Vassili à l’hebdomadaire Argumenti i Fakti en évoquant le quart de siècle passé à abattre en toute légalité ses concitoyens. «Je n’ai aucun regret». «J’avoue toutefois que chaque exécution me laissait un goût de cendres. J’étais en quelque sorte un simple exécutant. Mais aujourd’hui, je peux dormir enfin sans difficulté et sans me tourmenter à l’idée d’être devenu moi-même un assassin». Vassili, qui a préféré ne pas donner son nom, vit aujourd’hui modestement sur une petite ferme avec sa femme, son fils et sa belle-fille. Evoquant le jour où il a été mis au chômage technique, il confie : «Au début, je ne pouvais pas m’empêcher de me dire que je venais de perdre mon travail, aussi peu ragoûtant fût-il. Mais ensuite, j’ai compris que je venais de troquer une vie de prisonnier contre un statut bien plus enviable». Cependant, Vassili n’en a toujours pas fini avec son passé de bourreau. «J’ai encore un petit problème : je n’arrive pas à égorger un cochon ou un poulet. Alors, je demande à mon fils de le faire à ma place. Et vous savez ce qu’il me répond en rigolant: “Papa, tu es vraiment un sentimental”».
L’homme qui, en sa qualité de bourreau officiel, a exécuté une bonne cinquantaine de condamnés à mort d’une balle dans la nuque n’éprouve aucun regret; mais au chômage depuis la suspension de l’application de la peine de mort en 1996 dans sa Russie natale, il ne se résout toujours pas à donner le coup de grâce aux animaux de sa fermette. «Je ne faisais que mon travail», raconte Vassili à l’hebdomadaire Argumenti i Fakti en évoquant le quart de siècle passé à abattre en toute légalité ses concitoyens. «Je n’ai aucun regret». «J’avoue toutefois que chaque exécution me laissait un goût de cendres. J’étais en quelque sorte un simple exécutant. Mais aujourd’hui, je peux dormir enfin sans difficulté et sans me tourmenter à l’idée d’être devenu moi-même un assassin». Vassili, qui a...
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