La campagne pour la réélection du président français Jacques Chirac a été perturbée ce week-end par l’«affaire Schuller», un ancien responsable de droite accusé de corruption ayant annoncé des «révélations» pouvant embarrasser M. Chirac. Le parti RPR, fondé en 1976 par M. Chirac, a lancé samedi sa campagne de soutien à sa candidature à l’élection présidentielle d’avril-mai, en adoptant, au cours d’un conseil national à Paris, jugé «peu enthousiaste» par une partie de la presse, son projet intitulé «Vers une société de confiance». «Nous souhaitons ardemment la candidature de Jacques Chirac (...) et nous ferons tout pour qu’il gagne», a affirmé la présidente du RPR, Michèle Alliot-Marie. Bien que la candidature de M. Chirac soit considérée comme certaine, le président français ne l’a pas encore annoncée officiellement. Il pourrait, comme en 1995, affronter l’actuel Premier ministre socialiste Lionel Jospin au deuxième tour de l’élection. Alors que «l’affaire Schuller» semblait être dans toutes les têtes, Mme Alliot-Marie n’a fait aucune référence explicite à cet ancien responsable politique de droite lors de son discours. Accusé de corruption, Didier Schuller, en fuite à l’étranger depuis sept ans, vient d’annoncer son prochain retour en France et des révélations qui pourraient embarrasser M. Chirac, ainsi que d’autres responsables de droite. En marge du conseil, un proche du président français, l’ancien Premier ministre Alain Juppé a dénoncé une «campagne ordurière», à propos de l’affaire Schuller, accusant les socialistes d’avoir «choisi leur stratégie: attaquer les personnes en remuant la merde». «Je n’ai aucune preuve indiquant que l’affaire Schuller rebondit sur une manipulation organisée par le pouvoir, mais j’en ai l’intime conviction», a-t-il indiqué. La ministre socialiste de la Justice Marylise Lebranchu a aussitôt jugé «inacceptables» et «démagogiques» les affirmations de l’ancien Premier ministre, assurant qu’«aujourd’hui, la Justice est totalement indépendante», alors que le gouvernement Juppé lui «donnait des ordres». De son côté, le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a affirmé que «les socialistes n’ont pas besoin pour mener leur campagne d’utiliser les affaires comme une manœuvre préélectorale». «Mais sans doute que le RPR se sent lui-même concerné pour s’en offusquer», a-t-il ajouté, avant de conclure : «nous méritons mieux, les uns et les autres, que ces propos de cabinet». Pour Le Journal du Dimanche, les affaires politico-judiciaires, dont celle concernant M. Schuller, ne seraient pas la seule cause du manque d’«enthousiasme» et de «confiance» que l’hebdomadaire a constaté «dans les rangs clairsemés» des participants au conseil national du RPR. «Plus grave, le doute semble s’être emparé des cadres RPR quant à la capacité de leur candidat à les mener sûrement à la victoire. Malgré ses efforts répétés, Michèle Alliot-Marie n’a pas réussi à déclencher une vraie chaleur dans les applaudissements chaque fois qu’elle citait le nom de Jacques Chirac», poursuit le journal. Selon deux sondages diffusés ce week-end, M. Chirac battrait M. Jospin avec 52 % des voix au second tour de l’élection ou alors se retrouverait à égalité avec son rival.
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