La police pakistanaise a multiplié ce week-end interpellations et recherches sur le terrain, sans pour autant avancer de manière significative sur la piste des ravisseurs du journaliste américain Daniel Pearl, qu’elle considère comme toujours en vie. Douze personnes étaient en garde à vue dimanche à Karachi, la grande ville du sud du Pakistan où Daniel Pearl a disparu le 23 janvier, et dans la capitale Islamabad, interrogées par les enquêteurs qui tentent notamment de remonter jusqu’aux ravisseurs en suivant la piste des courriers électroniques diffusés ces derniers jours. À Karachi, la police maintenait dix personnes en garde à vue après en avoir relâché deux après interrogatoire. «Nous vérifions leurs ordinateurs, leur courrier électronique et nous les interrogeons», a déclaré le chef de la police de la ville, Tariq Jamil. Deux personnes étaient également en cours d’interrogatoire à Islamabad, à la demande des autorités de Karachi. Daniel Pearl, 38 ans, correspondant du Wall Street Journal basé en Inde, enquêtait sur des personnes pouvant avoir des liens avec le réseau terroriste el-Qaëda d’Oussama Ben Laden. Il avait disparu alors qu’il s’apprêtait à rencontrer à Karachi le chef d’un groupe islamiste radical, Mubarak Ali Shah Gilani Shah, qui fait figure de suspect numéro un et a été interpellé le 30 janvier. Les ravisseurs s’étaient manifestés à deux reprises dans la semaine via des e-mails adressés aux médias, diffusant des photos de Daniel Pearl en captivité et menaçant de le tuer. Bien que les enquêteurs excluent désormais que le journaliste ait été tué, comme un nouveau message diffusé vendredi l’avait laissé craindre, l’enquête a semblé piétiner pendant tout le week-end, un responsable policier reconnaissant que «certains groupes semblent jouer avec la police». Aucune des personnes interrogées n’a été formellement arrêtée, et la piste des courriers électroniques a en partie tourné court. Les enquêteurs considèrent à présent que «seuls les e-mails accompagnés de photographies semblent être authentiques», a indiqué ce responsable. Un adolescent de 16 ans, interpellé à Lahore, dans l’est du pays, a reconnu être l’auteur d’un message qui avait annoncé samedi, dans un langage très confus, que Daniel Pearl est «peut-être vivant». Le courrier qui avait alimenté la confusion sur le sort du journaliste en annonçant sa mort est lui aussi considéré comme faux, en particulier parce qu’il n’était pas accompagné de photos. La diffusion de ce courrier par des chaînes de télévision américaines avait cependant déclenché une gigantesque opération policière à Karachi, et des centaines d’hommes avaient fouillé, sans résultat, les cimetières de cette ville de plus de dix millions d’habitants, suivant une piste selon laquelle Daniel Pearl aurait pu être enterré dans l’un d’entre eux. La police avait cependant très rapidement exclu que le journaliste soit mort, tentant en revanche d’exploiter la piste d’un coup de téléphone adressé vendredi par un interlocuteur anonyme à l’ambassade des États-Unis à Islamabad et réclamant une rançon de deux millions de dollars. La conseillère du président américain George W. Bush pour la sécurité nationale a appelé hier les ravisseurs du journaliste à le «libérer immédiatement». Condoleezza Rice a par ailleurs déclaré à la chaîne de télévision Fox que le gouvernement pakistanais se montrait très coopératif sur ce dossier et que les deux parties travaillaient sans relâche pour retrouver sain et sauf le journaliste du Wall Street Journal. Le département d’État américain avait déjà renouvelé samedi son appel à la libération «immédiate et inconditionnelle» de Daniel Pearl. L’épouse de ce dernier, Marianne, enceinte de six mois, en a elle aussi appelé aux ravisseurs, leur demandant de voir son mari comme «un homme avant un Américain». «Je veux parler au peuple du Pakistan parce que je veux lui dire quel genre d’homme est mon mari (...) Danny est un journaliste et non un espion d’aucune sorte», a affirmé la jeune femme dans une lettre ouverte. L’enlèvement avait été revendiqué au nom d’un groupe inconnu, le «Mouvement national pour la restauration de la souveraineté pakistanaise», qui réclamait la libération des Pakistanais arrêtés pendant la récente campagne militaire américaine en Afghanistan. L’auteur de la demande de rançon avait en outre réclamé la libération de l’ancien ambassadeur des talibans à Islamabad, Abdul Salam Zaeef, arrêté en janvier au Pakistan et remis aux forces américaines.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La police pakistanaise a multiplié ce week-end interpellations et recherches sur le terrain, sans pour autant avancer de manière significative sur la piste des ravisseurs du journaliste américain Daniel Pearl, qu’elle considère comme toujours en vie. Douze personnes étaient en garde à vue dimanche à Karachi, la grande ville du sud du Pakistan où Daniel Pearl a disparu le 23 janvier, et dans la capitale Islamabad, interrogées par les enquêteurs qui tentent notamment de remonter jusqu’aux ravisseurs en suivant la piste des courriers électroniques diffusés ces derniers jours. À Karachi, la police maintenait dix personnes en garde à vue après en avoir relâché deux après interrogatoire. «Nous vérifions leurs ordinateurs, leur courrier électronique et nous les interrogeons», a déclaré le chef de la police de la...