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SKI - Le Français poursuit son chemin vers la lumière

Dans l’enthousiasme de la victoire de Régine Cavagnoud dans le super-G des championnats du monde de Sankt-Anton l’an dernier, sa médaille de bronze du géant était passée presque inaperçue. Depuis la disparition de la meilleure skieuse française de sa génération, voilà Frédéric Covili propulsé presque malgré lui sur le devant de la scène du ski alpin français. Mais le meilleur géantiste du moment – en l’absence d’Hermann Maier, blessé – n’a pas fait que sortir de l’ombre. Il va plus loin encore lorsqu’il évoque son éclosion tardive. «J’ai retrouvé la lumière après un trou noir de cinq ans», avoue le skieur des Ménuires, qui se départit rarement du sourire malicieux de celui qui s’excuse d’avoir fait un bon tour. Covili partage avec Régine Cavagnoud cette capacité à rebondir, cette rage de revenir et une modestie toute montagnarde. Difficile de trouver de la hargne chez ce jeune homme affable de 26 ans et, pourtant, il lui en fallu de la rage de vaincre pour devenir le meilleur de sa spécialité après six saisons d’anonymat complet. «C’est dur de remonter quand on est au fond du trou. Ça m’a endurci», explique-t-il. Depuis ses titres mondiaux juniors de 1994, le Français avait en effet complètement disparu de la circulation, incapable de confirmer son talent brut en Coupe du monde. Et puis tout a basculé la saison dernière à Sankt-Anton, où il avait privé Maier de podium pour deux centièmes de seconde et côtoyé de plus près les rois de la spécialité, comme le Suisse Michael von Grünigen ou le Norvégien Kjetil-Andre Aamodt. Disette Restait pour le Français à confirmer cette embellie. C’est fait et ce sont désormais les autres qui le considèrent avec respect. Victorieux à Sölden et dans «La Mecque du géant» à Alta Badia, deuxième à Val-d’Isère et Adelboden, Covili est désormais le détenteur du fameux dossard rouge de meilleur géantiste du circuit. Le Savoyard pourrait même s’adjuger d’ores et déjà le globe de cristal de la spécialité dès le week-end prochain à Saint-Moritz avant de partir pour Salt Lake City. «L’idéal serait d’assurer le titre après le géant de Saint-Moritz, cela me donnerait un gros moral pour les Jeux olympiques. J’aime bien le tracé de la course olympique de Park City, il devrait me convenir», confiait-il à Adelboden. Avec 413 points, et près de 100 d’avance sur le Suédois Fredrik Nyberg, il peut y croire. C’est sur les neiges américaines de Lake Placid qu’il s’était illustré aux Mondiaux juniors de 1994. À Sankt Anton, il avait également confirmé être l’homme des grands rendez-vous. Et ce skieur qui attache beaucoup d’importance à la récupération ne devrait pas être trop entamé aux Jeux, n’ayant disputé que deux courses en plus d’un mois. En l’absence de Maier, et alors que le géant est plus ouvert que jamais, Covili peut raisonnablement se considérer comme le favori de l’épreuve : von Grünigen est en retrait cette saison et n’a jamais réussi aux Jeux, Aamodt se fait vieux, le Suisse Didier Cuche est engagé sur de nombreux fronts, l’Américain Bode Miller est meilleur en slalom. S’il tenait ses promesses, Covili mettrait fin à une longue disette du ski masculin français dans les épreuves techniques : depuis Jean-Claude Killy en 1968 à Grenoble, aucun Tricolore ne s’est imposé dans un géant olympique.
Dans l’enthousiasme de la victoire de Régine Cavagnoud dans le super-G des championnats du monde de Sankt-Anton l’an dernier, sa médaille de bronze du géant était passée presque inaperçue. Depuis la disparition de la meilleure skieuse française de sa génération, voilà Frédéric Covili propulsé presque malgré lui sur le devant de la scène du ski alpin français. Mais le meilleur géantiste du moment – en l’absence d’Hermann Maier, blessé – n’a pas fait que sortir de l’ombre. Il va plus loin encore lorsqu’il évoque son éclosion tardive. «J’ai retrouvé la lumière après un trou noir de cinq ans», avoue le skieur des Ménuires, qui se départit rarement du sourire malicieux de celui qui s’excuse d’avoir fait un bon tour. Covili partage avec Régine Cavagnoud cette capacité à rebondir, cette rage...