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Déficit budgÉtaire « Carton jaune » probable pour Berlin et Lisbonne

L’Allemagne et le Portugal, qui ont enregistré en 2001 des déficits dangereusement élevés, devraient se voir adresser bientôt par leurs pairs les premiers «cartons jaunes» de la courte histoire de l’euro. Après une longue hésitation et des pressions de l’Allemagne pour éviter le déclenchement d’une procédure adoptée à sa propre insistance en 1997, la religion du commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Pedro Solbes, est faite. «La décision est prise du côté de Solbes de présenter deux avertissements», a-t-on appris hier de source communautaire. Il proposera aujourd’hui aux 19 autres commissaires européens, qui examineront également les programmes de stabilité de cinq autres pays membres de l’euro moins problématiques, dont la France, d’enclencher la procédure d’alerte signalant l’existence d’un «dérapage significatif» pour Berlin et Lisbonne. Si elle approuve sa proposition, la Commission la transmettra pour adoption aux ministres des Finances des Quinze réunis à Bruxelles le 12 février prochain. Il y aura donc deux moments de vérité : les commissaires européens céderont-ils aux pressions en enterrant la proposition de Pedro Solbes et les ministres des Finances oseront-ils rejeter une suggestion qui découle du Pacte de stabilité? Le dossier est fortement teinté de politique – le Portugal est en pleine campagne électorale pour les élections législatives de mars prochain et les Allemands iront aux urnes en septembre – et l’opposition est dans ces pays prête à exploiter à fond les éventuelles critiques de Bruxelles. L’an dernier, une «recommandation» faite par les Quinze à l’Irlande sur sa politique économique avait été jugée en partie responsable du «non» irlandais au traité de Nice. Pour le commissaire chargé du dossier, les choses sont claires et ne devraient pas être dramatisées, puisqu’il s’agit d’un simple constat, et nullement d’une réprimande. Une question de crédibilité L’Allemagne a enregistré en 2001 un déficit de 2,6 % du PIB, un point de plus que prévu (1,5 %) et dangereusement proche de la limite fatidique de 3,0 % qui peut déclencher des sanctions dans le cadre du Pacte de stabilité. Pour le Portugal, le chiffre est moins élevé (2,2 %), mais il est double de ce qui était prévu. Pedro Solbes différenciera nettement les deux cas. Il ne trouve rien à redire à la politique économique de l’Allemagne, la détérioration de la situation économique – la croissance est passée de 3 % en 2000 à 0,6 % en 2001 – étant seule responsable de la détérioration des finances publiques. Le gouvernement allemand, souligne-t-on à Bruxelles, a fait ce qu’il fallait pour éviter une situation plus grave en augmentant les cotisations sociales, en accroissant les taxes sur le tabac et les assurances et en contenant les dépenses. Dans son avis, Pedro Solbes ne compte donc pas émettre de critiques vis-à-vis du gouvernement allemand. Ce ne sera pas le cas du Portugal qui, selon la Commission, a laissé déraper les dépenses et surestimé les recettes fiscales, ce qui a entraîné une aggravation des déficits. Même s’ils ont le sentiment de marcher sur des œufs – «Solbes est bien embêté», explique un haut fonctionnaire –, les responsables de l’Exécutif européen se montrent confiants. «Il y a une question de crédibilité», souligne-t-on à la Commission, en estimant que les États membres doivent faire usage des instruments à leur disposition pour tenir leurs promesses de mieux coordonner leurs politiques économiques dans la zone euro. Ces responsables ne pensent pas que la Commission, qui peut lancer des avertissements à la majorité simple si aucun consensus ne peut être trouvé, désavouera le commissaire chef de file sur ce dossier, sauf à risquer sa réputation. Restent les ministres des Finances des Quinze qui, le 22 janvier dernier, s’étaient divisés sur le sujet. Mais les responsables de l’Exécutif européen se disent persuadés que les ministres des Finances n’oseront pas rejeter une éventuelle proposition d’avertissement, Hans Eichel lui-même ayant dit il y a une semaine que la crédibilité du Pacte de stabilité, et donc de l’euro, était en jeu.
L’Allemagne et le Portugal, qui ont enregistré en 2001 des déficits dangereusement élevés, devraient se voir adresser bientôt par leurs pairs les premiers «cartons jaunes» de la courte histoire de l’euro. Après une longue hésitation et des pressions de l’Allemagne pour éviter le déclenchement d’une procédure adoptée à sa propre insistance en 1997, la religion du commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Pedro Solbes, est faite. «La décision est prise du côté de Solbes de présenter deux avertissements», a-t-on appris hier de source communautaire. Il proposera aujourd’hui aux 19 autres commissaires européens, qui examineront également les programmes de stabilité de cinq autres pays membres de l’euro moins problématiques, dont la France, d’enclencher la procédure d’alerte signalant...