La police israélienne, déjà en état d’alerte maximale dans les points «chauds» d’Israël, va devoir redoubler de vigilance, avec l’entrée en jeu d’un nouvel acteur de l’intifada : la femme palestinienne. Jusqu’ici, les attentats-suicide dans les territoires palestiniens et en Israël, principalement menés par les mouvements islamistes palestiniens Hamas et Jihad islamique, avaient été commis par des hommes. Un dirigeant du Hamas a affirmé cependant lundi qu’il n’existait «aucune interdiction pour la femme de lutter contre l’occupation». «Il est du droit de la femme musulmane de mener le jihad (guerre sainte) et de lutter contre l’occupation. Aucune fatwa (décret religieux) ne lui interdit de lutter», a déclaré cheikh Hassan Youssef, un des dirigeants du Hamas en Cisjordanie. Selon lui, «le Prophète Mohammad (Mahomet) a toujours défendu le droit de la femme musulmane à mener le jihad». «Ce n’est pas la première fois que la femme palestinienne participe à la lutte contre Israël. Plusieurs d’entre elles ont déjà eu l’honneur de contribuer à la résistance», a-t-il affirmé. L’attentat n’a pas été revendiqué, mais la Palestinienne qui l’a commis a été identifiée par des sources palestiniennes citées par la presse israélienne comme Chahnaz Amoudi, 20 ans. «Les femmes palestiniennes ont participé aux activités politiques et militaires en tant que sœurs ou mères. Plusieurs ont eu des rôles importants dans la première intifada (1987-1993)», explique l’avocate israélienne Lea Tsemel, du Comité public israélien contre la torture. «Leila Khaled, du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP, gauche radicale), a été impliquée dans des détournements d’avions en 1970 et 1977, Dalal al-Moghrabi du Fateh (de Yasser Arafat) a piloté un bateau pneumatique jusqu’à la plage de Tel-Aviv d’où elle a tiré sur un autobus dans la ville», a précisé Me Tsemel. Elle a ajouté que «des femmes de ces organisations ont participé à des opérations dans lesquelles des explosifs avaient été placés dans des cinémas ou des supermarchés, ainsi que dans des meurtres de colons ou le transport d’armes». Leila Khaled, membre du FPLP, avait dirigé en 1970 une tentative de détournement sur Londres d’un avion israélien. Randa Naboulsi, originaire de Naplouse, fut condamnée en 1969 à 10 ans de prison pour avoir transporté des explosifs et placé une bombe dans un supermarché de Jérusalem. Cependant, Me Tsemel a indiqué que jusqu’ici il n’y a eu que deux cas isolés de participation dans de telles activités de femmes membres du Hamas ou du Jihad islamique. «Une femme du Jihad islamique, Itaf Alyane, avait été détenue auparavant» et récemment «une femme du Hamas, Ahlam al-Tamimi, a été complice dans l’attentat-suicide du restaurant Sbarro», en août 2001. De son côté, Issa Qaraqei, président de L’Association pour les détenus palestiniens, affirme que «10 000 femmes palestiniennes ont été détenues dans les prisons israéliennes depuis 1967», pour des raisons sécuritaires. Treize Palestiniennes ont été détenues depuis le début de l’intifada, en septembre 2000, dont des filles de 14 ans, a-t-il ajouté.
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