L’Autrichien Stephan Eberharter a tué tout suspense et a pris date, comme prévu, pour l’épreuve olympique en soufflant dimanche la victoire au Suisse Didier Cuche, son éternel dauphin, dans le second Super-G de Garmisch comptant pour la Coupe du monde de ski alpin. Pour une broutille (2/100), le Tyrolien de Stumm s’est adjugé son troisième Super-G de la saison (sur quatre), empêchant Cuche, déjà deuxième samedi, de remporter un premier succès dans sa discipline favorite, celle où il conquit la médaille d’argent olympique à Nagano. Troisième, l’Autrichien Andreas Schifferer, quatrième la veille, devrait avoir convaincu les sélectionneurs de ses chances olympiques à l’image de Fritz Strobl, victorieux samedi et quatrième dimanche. D’une manière générale, les «Aiglons» ont encore convaincu en plaçant cinq des leurs dans les dix premiers. Sous un ciel bas et gris et une température lénifiante (11 degrés !), l’intérêt du dernier Super-G d’avant Jeux s’est très vite évanoui : entre le coup de maître d’Eberharter, parti dossard 4 pour un parcours agressif, et le coup de frein donné par la pluie tombée dès le n° 12, la messe était vite dite. Après le dossard 37, le jury décidait d’ailleurs d’interrompre la course en raison des conditions météorologiques. Le grand favori des JO «Jusqu’à l’aire d’arrivée, j’étais très content de ma course, beaucoup plus agressive que celle d’hier (samedi), puis, dans la dernière courbe, j’ai perdu du temps», notait Eberharter avant d’avouer n’avoir «aucun problème» à vivre avec son nouveau statut. Vainqueur à Val-d’Isère (Savoie) et Kitzbuehel (Autriche), troisième lors du premier Super-G de Garmisch couru sur la défensive, l’homme se pose en effet comme le grand favori du rendez-vous olympique de Snowbasin (États-Unis), le 16 février. Aux promesses du Super-G, il convient d’ajouter deux chances supplémentaires de médaille, en descente où il vise carrément l’or, et en géant où ses ambitions sont un brin plus modestes. Une issue inespérée pour un skieur qui entama sa turbulente carrière sur deux titres mondiaux – Super-G et combiné – en 1991, et qui, depuis trois saisons, pâtissait plus de l’ombre envahissante de son rival blessé, l’incontournable Hermann Maier, que de ses propres faiblesses. À Garmisch, le confortable leader du classement général de la Coupe du monde (256 points d’avance sur le Norvégien Kjetil-Andre Aamodt), bien parti pour décrocher également les globes de cristal de la descente et du Super-G, a engrangé un treizième succès en Coupe du monde. Un chiffre résume sa formidable saison : depuis décembre, «Steph» a triomphé sept fois, soit plus qu’en douze ans de carrière. Les Norvégiennes font la paire au slalom géant de Cortina Stina Hofgard-Nilsen et Andrine Flemmen ont réalisé, hier, le premier doublé norvégien dans l’histoire de la Coupe du monde féminine de ski alpin, à l’occasion du slalom géant de Cortina d’Ampezzo. Hofgard-Nilsen, la cadette (22 ans), a ouvert son palmarès, précédant sa compatriote de 27 ans et l’Italienne Karen Putzer, respectivement de 60 et 91 centièmes, au terme d’une épreuve exigeante, sur le plan physique par la longueur des manches et en raison de ses difficultés techniques. Hofgard-Nilsen et Flemmen ont été fidèles à leurs dossards un et deux. «J’y avais vu une promesse», a souri l’aînée. La lauréate a finalisé sa progression constante, déjà entamée la saison dernière avec des promesses à Cortina (8e) et à Are (6e). Cinquième à Copper Mountain puis à Lienz, elle avait conquis son premier podium (3e) de Coupe du monde à Maribor, au début de cette année. Deux semaines plus tard, à Berchtesgaden, elle avait encore progressé d’une place. Troisième à l’issue de la manche initiale, à seulement 7/100 de Flemmen, Hofgard-Nilsen a mieux maîtrisé que ses rivales le second tracé. «C’était mon rêve de gagner. Dans la première manche, j’avais le dossard un et j’ai pu tracer ma route sans pression», a-t-elle souligné. Parents méritants Hofgard-Nilsen a rendu hommage à ses parents Nick et Bente, présents dans la station des Dolomites. «Je suis née à Bergen, sur la côte ouest, et il n’y a pas beaucoup de stations de ski. Quand j’étais adolescente, ils m’emmenaient faire du ski de loisir, à une heure de voiture. J’ai pris mon temps». Victorieuse le 21 novembre dernier à Copper Mountain, Flemmen a manifesté sa joie pour «le podium retrouvé», estimant que «la lutte pour la Coupe du monde de la spécialité est aussi rouverte». Vice-championne du monde de la spécialité, l’Italienne Karen Putzer s’est rassurée après sa 26e place à Berchtesgaden. «J’avais ressentie là-bas les conséquences d’une grippe attrapée en fin d’année, après mon succès en super-G à St-Moritz. C’est plutôt rassurant», a remarqué la skieuse du Haut-Adige. La Suissesse Sonja Nef, médaille d’or aux championnats du monde, s’est retrouvée 11e, un classement inhabituel pour son standing. Si la championne du canton d’Appenzell conserve la tête du classement du géant, le champ des prétendantes au globe de cristal de la spécialité s’est élargi à quatre concurrentes. L’Italienne Denise Karbon, 30e et dernière qualifiée de la première manche, est remontée en 9e position grâce à un engagement total sur le dévers, concrétisé par le meilleur temps de manche. Grâce à ce retour, Karbon a gagné son billet pour les Jeux olympiques.
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