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Indonésie Les rebelles d’Aceh perdent leur chef militaire charismatique

Les rebelles de la province indonésienne d’Aceh (nord de l’île de Sumatra) ont perdu hier leur chef militaire charismatique, tué dans une embuscade de l’armée, mais ont promis de poursuivre leur combat lancé il y a 25 ans pour créer un État islamique indépendant. Abdullah Syafii, 54 ans, a été abattu avec sa femme, Fatimah, 50 ans, lors d’un raid mardi d’un commando d’élite contre une base du Mouvement Aceh libre (GAM) dans la jungle de cette province du nord de l’île de Sumatra. La mort du chef rebelle intervient sur fond d’une recrudescence des affrontements depuis le début de l’année, et alors que Djakarta avait proposé une offre de dialogue «de la dernière chance» au GAM. Plus de 120 personnes – en majorité des civils – ont été tuées depuis le début de l’année. Le confit, marqué par de multiples exactions, a fait plus de 10 000 morts en 25 ans. Selon la version de l’armée, un commando de 20 hommes de l’unité d’élite des Kopassus a cerné une cache où se trouvaient neuf rebelles à Jiem Jiem, dans la région de Pidie. Les soldats ont ordonné aux rebelles de se rendre, mais ces derniers ont ouvert le feu. Sept rebelles dont Syafii et sa femme ont été tués. Deux autres, blessés, ont pu s’échapper, d’après l’armée. Abdullah Syafii et sa femme «sont devenus des martyrs», a déclaré un commandant du GAM, Amri bin Abdul Wahab. «Le GAM poursuivra sa lutte», a-t-il dit, en précisant que le commandement militaire serait temporairement assumé par l’adjoint de Syafii, Muzakir Manaf. Il a expliqué que Syafii, dans son dernier discours à ses troupes, réunies récemment dans la jungle, avait dit être prêt à mourir à tout moment. «Il a dit : “Ce qui est important, c’est que vous vous battiez tous pour qu’Aceh soit indépendant ”», a ajouté ce commandant. Syafii avait été invité, il y a quelques jours, pour des pourparlers avec le gouverneur de la province Abdullah Puteh. Mais le GAM a rejeté cette offre, en exigeant de discuter directement avec le gouvernement. Au même moment, le gouvernement, qui a écarté toute idée d’indépendance pour la province, décidait d’instaurer de nouveau un commandement militaire séparé à Aceh, une structure démantelée en 1985. Cette décision a été dénoncée par des associations de défense des droits de l’homme et prépare, selon les séparatistes, un nouveau durcissement de la répression. Ces dernières années, le conflit d’Aceh s’est enlisé dans une sanglante impasse et a été largement ignoré par l’opinion publique internationale.
Les rebelles de la province indonésienne d’Aceh (nord de l’île de Sumatra) ont perdu hier leur chef militaire charismatique, tué dans une embuscade de l’armée, mais ont promis de poursuivre leur combat lancé il y a 25 ans pour créer un État islamique indépendant. Abdullah Syafii, 54 ans, a été abattu avec sa femme, Fatimah, 50 ans, lors d’un raid mardi d’un commando d’élite contre une base du Mouvement Aceh libre (GAM) dans la jungle de cette province du nord de l’île de Sumatra. La mort du chef rebelle intervient sur fond d’une recrudescence des affrontements depuis le début de l’année, et alors que Djakarta avait proposé une offre de dialogue «de la dernière chance» au GAM. Plus de 120 personnes – en majorité des civils – ont été tuées depuis le début de l’année. Le confit, marqué par de...