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Goma : la terre tremble encore, l’aide alimentaire commence

La terre a continué à trembler hier dans la région de Goma (est de la République démocratique du Congo, RDC) après l’éruption volcanique du Nyiragongo jeudi dernier, dont les victimes ont commencé à recevoir une aide alimentaire. «Les tremblements de terre ont provoqué des dégâts matériels très importants, selon les informations qui nous parviennent partiellement pour le moment», a déclaré Émile Ngoye, responsable du comité de sécurité mis en place par le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD, principal mouvement rebelle en RDC qui contrôle cette ville) pour l’est de Goma. Au Rwanda, les tremblements de terre ont fait quatre morts et 18 blessés dans la province de Gisenyi, où 400 maisons ont été détruites, dont 48 dans la ville elle-même, ainsi que 28 salles de classe, selon la préfecture. Les secousses n’ont pas fait de morts à Goma, où l’éruption elle- même a tué une dizaine de personnes. Mais 60 à 100 habitants de la ville ont péri dans l’explosion d’un dépôt de carburants, et 13 pillards y ont été abattus, selon les différents bilans. Selon le vulcanologue congolais Dieudonné Waffula, qui travaille dans une équipe comprenant des Français, des Italiens et des Suisses, «les secousses les plus fortes sont de 4,7 à 4,8 degrés de magnitude sur l’échelle de Richter qui en compte neuf». «Il y a un effet cumulatif de ces tremblements de terre qui fragilisent les constructions à chaque secousse, et comme il n’y a pas de normes parasismiques pour les constructions cela représente un risque», a-t-il indiqué. Concernant le volcan, il a affirmé qu’il n’y avait «pas de nouvelle éruption». «Ce qui nous intrigue, ce sont les cendres qui se répandent sur Goma, et les tremblements de terre», a-t-il ajouté, précisant que son équipe a effectué deux survols du Nyiragongo mardi et mercredi. Entre 10 et 15 % des maisons de la ville ont été détruites par la lave, et non 30 à 35 % comme estimé précédemment, a indiqué l’organisation non gouvernementale Oxfam, qui a organisé un survol en hélicoptère de Goma. Les organisations humanitaires ont entamé dans deux sites sur dix les distributions de vivres, alors que le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) avait annoncé mardi que celles-ci commenceraient jeudi à midi. Aux centres de distribution du stade de l’Unité et de l’Institut technique médical (ITM), dans la partie ouest de la ville, des familles enregistrées au préalable ont perçu des rations de maïs, haricots, d’huile, calculées pour une semaine. Les rations arrivaient seulement en fin d’après-midi sur d’autres sites, par camions du PAM, et les ONG prévoyaient d’y entamer les distributions jeudi matin. Dix sites dans tout Goma ont été identifiés par l’Onu, en collaboration avec le RCD. Chaque site rassemble environ 1 000 familles, composées en moyenne de six à sept personnes. Pour la première fois depuis l’éruption, des véhicules ont recommencé à circuler entre l’est et l’ouest de Goma, grâce à une route aménagée sur la coulée de lave. Véhicules et mobylettes y roulent au pas, sur une seule file. Deux autres passages permettent de traverser la lave à pied. Trois cas de choléra ont été isolés et confirmés à Goma et plusieurs à Ruhengeri, dans le nord du Rwanda, où s’étaient réfugiés en masse des habitants de la ville après l’éruption, ont indiqué des sources médicales. Toutefois, cette alerte est «sous contrôle». Parallèlement à l’urgence humanitaire provoquée par l’éruption, des ONG ont attiré l’attention sur le «conflit oublié» qui ravage la RDC depuis 1996 et affecte la quasi-totalité de ses 60 millions d’habitants. «Nous voulons profiter de l’intérêt provoqué dans le monde par l’éruption volcanique pour attirer l’attention sur l’ensemble du problème congolais. Ce conflit, pour nous, est un conflit oublié», a déclaré Monica Castellarnau, chef de mission de Médecins sans frontières-Espagne à Goma, au nom de toutes les branches de cette ONG.
La terre a continué à trembler hier dans la région de Goma (est de la République démocratique du Congo, RDC) après l’éruption volcanique du Nyiragongo jeudi dernier, dont les victimes ont commencé à recevoir une aide alimentaire. «Les tremblements de terre ont provoqué des dégâts matériels très importants, selon les informations qui nous parviennent partiellement pour le moment», a déclaré Émile Ngoye, responsable du comité de sécurité mis en place par le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD, principal mouvement rebelle en RDC qui contrôle cette ville) pour l’est de Goma. Au Rwanda, les tremblements de terre ont fait quatre morts et 18 blessés dans la province de Gisenyi, où 400 maisons ont été détruites, dont 48 dans la ville elle-même, ainsi que 28 salles de classe, selon la préfecture. Les...