Le dollar s’est redressé face aux autres grandes monnaies sur les marchés des changes internationaux, soutenu par un nouvel accès de faiblesse de l’euro et du yen. Ce mouvement est intervenu hier après des propos tenus par le président de la Banque centrale européenne (BCE) et les ministres des Finances américain et japonais. L’intervention du président de la BCE, Wim Duisenberg, devant la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen à Bruxelles est venue hier influencer les marchés des changes, en confirmant qu’une baisse des taux européens était improbable et qu’il n’était pas pressé d’aider l’économie de la zone euro à se reprendre au moyen d’un nouvel assouplissement du crédit. Cela d’autant que M. Duisenberg a reconnu qu’une grande incertitude subsistait tant à la vigueur de la reprise qu’au moment où elle s’amorcera. D’un autre côté, les analystes ont suivi de près les déclarations faites encore hier par le ministre japonais des Finances Masajuro Shiokawa et son homologue américain Paul O’Neill, actuellement en visite au Japon, surtout après que le yen eut tombé à son plus bas niveau contre le dollar depuis octobre 1998. M. Shiokawa a estimé que la dépréciation récente du yen n’avait été ni trop forte ni trop rapide, assurant que tout redressement de la devise nippone sera très limité s’il se produisait, et laissant prévoir une évolution du dollar vers le seuil des 135 yens à court terme. Quant au secrétaire américain au Trésor, Paul O’Neill, a réaffirmé hier que le Japon n’était pas en train d’essayer de faire baisser le yen pour stimuler l’économie, avertissant que toute manipulation réduirait les perspectives de redémarrage du pays. Ces propos n’ont guère altéré l’opinion du marché des changes selon laquelle les États-Unis ne sont pas opposés à la dépréciation actuelle du yen face au dollar qui a, en outre, trouvé appui dans un rapport publié hier en début de soirée par un panel d’économistes de banques américaines. Le panel, formé de neuf économistes travaillant dans de grandes banques américaines, a prévu une reprise économique aux États-Unis avec un taux de croissance de 2,2 % en rythme annuel en 2002. Selon ces économistes, des forces puissantes poussant vers une reprise cette année sont en place : politiques monétaire et budgétaire agressives, faibles prix de l’énergie et correction significative des stocks. Et d’ajouter que la Réserve fédérale américaine (Fed) est très proche de la fin de son cycle d’assouplissement du crédit. Eu égard à toutes ces considérations, le dollar n’a pas tardé à être recherché contre toutes les autres grandes monnaies malgré l’attente fébrile des opérateurs du discours que prononcera aujourd’hui le président de la Fed, Alan Greenspan, sur l’état de l’économie américaine. Il s’est négocié, en effet, à New York, sur un ton soutenu comme suit : – 0,8778 pour un euro contre 0,8860, la veille – 1,4240 pour un sterling contre 1,4290 – 1,6730 FS contre 1,6615 – 1,6025 dollar canadien contre 1,6090 – 134,30 yens contre 133,90. Reprise technique des marchés américains Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières étaient orientés à la hausse hier, profitant d’un rebond technique après les pertes de la veille. Une chasse aux bonnes affaires a profité surtout à la Bourse électronique Nasdaq, qui était tombée la veille à son plus bas niveau depuis le début de l’année, sous la pression des perspectives largement pessimistes des sociétés de la haute technologie. Les achats de titres de ce secteur ont été encouragés hier par la publication par Novells, fabricants d’équipements pour l’industrie des semi-conducteurs, de résultats meilleurs que prévu. «Certains résultats étaient bons, mais nous sommes toujours sur un marché surévalué qui est dans une phase corrective», a noté hier une analyse de la firme Global Investments. Cette analyse table sur un nouveau test des récents planchers d’ici à demain. Depuis le début de la semaine, plus de la moitié des sociétés faisant partie du SP 500 ont publié leurs résultats, dont Motorola, Boeing, Caterpillar, Exxon Mobil, DuPont, Merrill Lynch et Computer Associates. Ces résultats ont été dans l’ensemble conformes aux attentes et parfois meilleurs que prévu, à l’exception de Boeing qui s’est ressentie de la détérioration du trafic aérien au lendemain des événements du 11 septembre. En effet, l’indice composite Nasdaq a repassé à la hausse le seuil des 1 900 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus bas 9 680,51 points et un plus haut à 9 773,37 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 9 756,25 points, en hausse de 42,45 points sur la veille. Nette reprise des Bourses européennes Les marchés boursiers européens ont terminé en légère hausse mercredi, grâce notamment aux pétrolières, les investisseurs faisant toutefois preuve de prudence avant l’annonce en fin de semaine des résultats des deux géants du téléphone mobile Nokia et Ericsson. «Les gérants de fonds sont submergés par un flot de résultats de sociétés américaines et européennes, et cela a peu de chances de se tasser avant la fin de la semaine prochaine. Ils sont très partagés dans la mesure où ces résultats apportent actuellement des indications divergentes, et ils n’arrivent pas à décider dans quel sens opérer sur le marché», a constaté l’analyste John Hatherley, de M&G Asset Management. L’indice paneuropéen FTSE Eurotop 300 a fini sur un gain de 0,88 %, tandis que le DJ Euro Stoxx 50, limité aux valeurs de la zone euro, gagnait 0,95 %. À Londres, le FTSE a pris 0,61 % et à Paris, le CAC 40 0,09 %. Seule nette hausse du jour : Francfort où le Dax s’est adjugé 2,32 %. La hausse du cours du pétrole Brent à plus de 19 dollars le baril a poussé à la hausse les grands groupes pétroliers européens, notamment l’anglo-néerlandais Shell «RD.AS», qui a terminé en hausse de 3,66 % à Londres et de 2,7 % à Amsterdam. BP a pris 3,60 %, tandis que TotalFinaElf gagnait 2,53 %. L’indice des valeurs de l’énergie a ainsi bondi de 3,07 %. L’indice de la chimie a pris quant à lui 1,85 %, grâce surtout à une hausse de 3,97 % de l’allemand Bayer. Manfred Schneider, président du groupe chimique et pharmaceutique, a dit s’attendre à voir les bénéfices rebondir en 2002, un an après le retrait du marché de l’un de ses médicaments. Tokyo : en baisse de 0,1 % L’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a terminé la séance de mercredi en baisse de 0,1 %, sous la pression de la baisse des valeurs bancaires et technologiques, et l’indice élargi Topix est tombé à un plus bas en seize ans, ont indiqué des courtiers. L’indice Nikkei a chuté de 10,07 points par rapport à son cours de clôture de mardi pour terminer à 10 040,91 points, tandis que l’indice élargi Topix a clôturé en baisse de 0,99 %, soit 9,73 points, à 975,40 points, son plus bas depuis le 17 mai 1985. Le volume des échanges s’est établi à 690 millions d’actions, avec 955 titres en baisse, 441 en hausse et 124 inchangés. «Nous ne verrons pas la fin de la tendance à la baisse du marché avant que le secteur bancaire ne stoppe son hémorragie», a commenté Horoyuki Kakizawa, analyste chez Orix Securities. La grande banque de prêt Mizuho a perdu 3,7 %, soit 10 000 yens à 263 000, MTFG a cédé 1,8 % soit 15 000 yens à 796 000 et UFJ a perdu 9 000 yens, soit 3,3 % à 265 000. Une grande prudence relative à l’évolution des valeurs technologiques a par ailleurs pesé sur le marché des micro-processeurs, notamment après l’annonce de prévisions de bénéfices mitigés chez IBM et Microsoft, la semaine dernière. Fujitsu a cédé 26 yens, soit 2,8 %, à 891, NEC a chuté de 29 yens, soit 2,4 %, à 1 171 et Hitachi a perdu 21 yens, soit 2,4 %, à 853. Une baisse à Wall Street, dans la nuit de mardi à mercredi a par ailleurs fait pression sur le marché nippon. Le DJIA a perdu 0,59 % et l’indice Nasdaq a cédé 2,48 %. Contrairement à mardi, le marché n’a cependant pas eu à souffrir des craintes d’investisseurs concernant l’impact sur les marchés internationaux de la faillite de KMart. «Après une chute du marché japonais à la suite de l’annonce de la faillite de KMart, il n’y avait pas de raison de brader encore le marché aujourd’hui», a estimé M. Kakizawa.
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