Le retour en Afghanistan des médecins, scientifiques, ingénieurs et autres personnels qualifiés, émigrés durant les 23 années de guerre, est aussi nécessaire à la reconstruction du pays que l’aide financière, discutée lundi à la conférence des donateurs de Tokyo. «Nous avons besoin autant de professionnels que de fonds», a déclaré le ministre de l’Information et de la Culture, Raheen Makhdoom. «Nous avons besoin d’archéologues pour la reconstruction du Musée de Kaboul et de professionnels du théâtre pour revitaliser le secteur, par exemple, a-t-il ajouté. Nous n’avons ni experts ni argent». La question financière est sans doute le principal obstacle au retour des Afghans qualifiés. En Afghanistan, le secteur privé se limite pratiquement au commerce et seul l’État emploie du personnel qualifié, surtout dans le secteur de la culture. Mais le salaire d’un fonctionnaire ne dépasse pas 100 dollars et, depuis six mois, l’administration n’a rétribué aucun de ses employés. L’aide étrangère pourra donc jouer un rôle essentiel dans le retour des experts. Ainsi, le ministère de la Culture a conclu avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui a son siège à Genève, un programme pour le rapatriement des Afghans qualifiés qui travailleront principalement dans l’administration. Neuf d’entre eux sont déjà arrivés cette semaine à Kaboul. Ils font partie d’un premier groupe de 50 qui étaient disponibles immédiatement et qui viendront pour une période de six mois, avec un salaire mensuel de 400 dollars. L’OIM se charge du voyage aller et retour, avec une possibilité de retour anticipé si la personne ne s’adapte pas. La moitié des 50 personnes qui composent le premier groupe sont des femmes. L’OIM espère rapatrier 2 000 personnes en deux ans, avec des conditions économiques adaptées à la longueur du séjour convenu, de trois à douze mois. «Nous essayons de ne pas trop nous démarquer des salaires du pays ni de créer des disparités. La principale motivation de ces personnes n’est pas économique, ils essayent de servir leur pays», explique Daiva Vilkelyte, responsable du bureau de l’OIM à Kaboul. Parmi les neuf personnes attendues cette semaine, figure une directrice de théâtre qui vit à New York et qui aura pour mission de restaurer l’art dramatique dans la capitale afghane. Deux journalistes vont lancer le premier hebdomadaire gouvernemental depuis la chute des talibans. Le même programme a été appliqué avec succès dans des pays tels que le Cambodge, la Bosnie et le Timor-Oriental. «À part quelques exceptions rarissimes, tous les rapatriés ont accompli la totalité du séjour prévu et quelque 11 % d’entre eux ont décidé de se fixer définitivement dans le pays pour travailler dans le même poste ou dans un autre», a indiqué Ahmed Dizdarevic, responsable du programme. «Il y a traditionnellement beaucoup de réticences des locaux à l’égard des gens de la diaspora», explique Mme Vilkelyte. «Une partie de leur valeur, par exemple, vient de ce qu’ils savent manier les nouvelles technologies. Mais localement, on ne veut rien entendre de ces techniques dont on pense qu’elles ne sont pas adaptables et qu’elles ne servent à rien d’autre que de faire bénéficier ceux qui les maîtrisent de salaires élevés», ajoute-t-elle.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le retour en Afghanistan des médecins, scientifiques, ingénieurs et autres personnels qualifiés, émigrés durant les 23 années de guerre, est aussi nécessaire à la reconstruction du pays que l’aide financière, discutée lundi à la conférence des donateurs de Tokyo. «Nous avons besoin autant de professionnels que de fonds», a déclaré le ministre de l’Information et de la Culture, Raheen Makhdoom. «Nous avons besoin d’archéologues pour la reconstruction du Musée de Kaboul et de professionnels du théâtre pour revitaliser le secteur, par exemple, a-t-il ajouté. Nous n’avons ni experts ni argent». La question financière est sans doute le principal obstacle au retour des Afghans qualifiés. En Afghanistan, le secteur privé se limite pratiquement au commerce et seul l’État emploie du personnel qualifié,...