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Sur la sellette, les partis islamistes pakistanais haussent le ton

Les partis fondamentalistes pakistanais ont menacé de réagir si, comme ils le craignent, le président Pervez Musharraf annonce des mesures d’interdiction à leur encontre, dans son discours à la nation prévu pour ce soir. Le mouvement Jamiat Ulema-e-Islam (JUI), qui a soutenu les talibans en Afghanistan, a laissé entendre que le président Musharraf pourrait probablement interdire plusieurs groupes religieux sous la pression des États-Unis. «Je peux prévoir que certains groupes seront interdits et nous réagirons en conséquence», a indiqué le porte-parole du JUI, le mufti Mohammad Jamil. Il a reconnu qu’il était trop tôt pour réagir à ce que le président allait dire, mais l’interdiction de certains groupes est prévisible, selon lui. «Attendons de voir ce qu’il dira, mais nous savons tous que le gouvernement est soumis à des pressions pour interdire les mouvements du jihad», a déclaré M. Jamil. Dans un discours qu’il doit prononcer samedi soir à la radio et la TV, selon un membre de la présidence, M. Musharraf devrait exprimer un soutien total à la résolution 1373 du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée en novembre, qui appuie toute action pour éliminer le terrorisme international, selon des sources gouvernementales citées vendredi par le quotidien The Nation. Le principal parti fondamentaliste du Pakistan, Jamaat-i-Islami (JI), est persuadé que la population n’acceptera pas une action contre les partis religieux ou les groupes du jihad, de surcroît sous la pression américaine. «La manière dont les sénateurs américains se sont exprimés après leur rencontre avec M. Musharraf sur le discours qu’il allait prononcer était contraire aux règles diplomatiques, et les gens n’accepteront aucune action contre les partis islamistes», a indiqué le vice-président de JI, Ghafoor Ahmed. Le président Musharraf devrait soit retarder son discours, soit retarder les mesures qu’il envisage de prendre contre ce qu’il appelle des «extrémistes», ou bien encore faire un discours «normal» à la nation, a-t-il dit. «L’interdiction n’est pas une solution, les causes doivent être supprimées auparavant», a dit le vice-président du JI. Le Pakistan a déjà interdit en août deux mouvements extrémistes, le groupe sunnite Lashkar-e-Jhangvi et son homologue chiite Sipah-e-Mohammad, accusés de violences communautaires dans le pays qui ont coûté la vie à des centaines de personnes. Le président Musharraf a aussi lancé des avertissements à deux autres groupes extrémistes, le parti sunnite Sipah-i-Sahaba Pakistan (SPP) et le parti chiite Tehreek-i-Jafria Pakistan (TJP), placés sous surveillance. L’interdiction de ces deux partis pourrait figurer parmi les mesures qui seront annoncées par le président, selon les analystes politiques. Shah Fareedul Haq, vice-président d’un autre parti religieux, le Jamiat Ulema-e-Pakistan (JUP), a demandé à M. Musharraf de rencontrer les chefs religieux avant de faire son discours. «J’espère que M. Musharraf rencontrera les partis religieux avant le discours», a-t-il dit. «Environ 250 à 300 chefs religieux ont été invités par le ministère des Affaires religieuses pour le 18 janvier, et j’espère que Musharraf ne fera pas son discours avant de nous avoir rencontrés», a-t-il ajouté. Les attentes à propos du discours du président pakistanais s’étaient élevées mardi après des déclarations du sénateur américain Joseph Lieberman, ancien candidat à la vice-présidence, qui avait annoncé que cette intervention «changerait l’histoire du pays». Les autorités pakistanaises ont par la suite diminué l’importance de ce discours. «Il s’agira d’un discours politique majeur pour réfréner le militantisme religieux, l’extrémisme, l’intolérance et la violence dans la société pakistanaise», a indiqué un responsable pakistanais. «Mais il ne sera pas lié à l’Inde, ni au Cachemire. Il s’agit uniquement d’éliminer le terrorisme venant du côté pakistanais», a-t-il dit.
Les partis fondamentalistes pakistanais ont menacé de réagir si, comme ils le craignent, le président Pervez Musharraf annonce des mesures d’interdiction à leur encontre, dans son discours à la nation prévu pour ce soir. Le mouvement Jamiat Ulema-e-Islam (JUI), qui a soutenu les talibans en Afghanistan, a laissé entendre que le président Musharraf pourrait probablement interdire plusieurs groupes religieux sous la pression des États-Unis. «Je peux prévoir que certains groupes seront interdits et nous réagirons en conséquence», a indiqué le porte-parole du JUI, le mufti Mohammad Jamil. Il a reconnu qu’il était trop tôt pour réagir à ce que le président allait dire, mais l’interdiction de certains groupes est prévisible, selon lui. «Attendons de voir ce qu’il dira, mais nous savons tous que le gouvernement est...