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Guantanamo, une base américaine dans le dernier bastion du communisme soviétique (PHOTO)

Guantanamo, où les États-Unis vont transférer des prisonniers d’Afghanistan, est l’ultime base militaire américaine en Amérique latine, fichée au flanc du dernier bastion communiste du monde occidental. Si elle reste une pomme de discorde primordiale entre les deux ennemis, elle représente aussi paradoxalement un point de contact entre militaires américains et cubains. L’enclave est réclamée en vain depuis l’avènement de la révolution cubaine par les autorités castristes, qui la considèrent comme un vestige du colonialisme espagnol. Depuis 1960, le gouvernement cubain refuse le loyer annuel symbolique de 5 000 dollars payé par les États-Unis. Certains craignaient une levée de boucliers de la part du gouvernement cubain après l’annonce de l’arrivée dans l’île de prisonniers talibans, d’autant que Fidel Castro, s’il a condamné les attentats terroristes du 11 septembre, a également critiqué la guerre en Afghanistan. Mais le général José Solar Hernandez, numéro deux du commandement de l’armée orientale et vétéran de l’armée cubaine, rappelle lors d’une rare visite à la frontière avec la base que le gouvernement cubain «ne dispose pas encore des éléments d’appréciation nécessaires et n’a donc adopté aucune position» sur cette question. Le transfèrement à Guantanamo des talibans présumés faits prisonniers, prévu par Washington, «est une opération destinée à assurer leur surveillance, et nous n’y voyons aucune intention agressive ou hostile», a ajouté l’officier cubain, précisant : «Ce sont des prisonniers de guerre». Cette prudente attitude officielle a été interprétée plus directement par l’influent sénateur américain Arlen Specter récemment en visite à La Havane comme le signe que Cuba «au minimum, ne présenterait pas d’objections» à la présence des prisonniers talibans du réseau el-Qaëda. «S’il y avait eu une réaction de forte opposition du gouvernement cubain sur cette question, nous l’aurions entendue très clairement», a-t-il dit. «Ils pourraient rendre la vie très difficile sur Guantanamo s’ils le voulaient», a-t-il ajouté. Situé à l’extrémité sud-est de Cuba, à 1 000 kilomètres de La Havane, Guantanamo a été cédé par Cuba aux États-Unis en 1903, pour remercier son puissant voisin de son aide dans la guerre contre les Espagnols. Un traité en a fait en 1934 une concession territoriale américaine, statut qui ne peut être remis en cause que par accord des deux parties. Guantanamo est «un territoire cubain et doit être rendu à notre pays par voie pacifique et civilisée», estime le général Solar. Lors de la crise des missiles soviétiques d’octobre 1962 qui avait amené le monde au bord de l’abîme nucléaire, une division de 18 000 soldats cubains gardait Guantanamo et les alentours de la base semés de mines. Ces dernières années, avec la fin de la guerre froide, la base a perdu de son importance stratégique et a été utilisée essentiellement comme terrain d’entraînement militaire. Elle a également servi à accueillir des dizaines de milliers de réfugiés cubains et haïtiens, interceptés en mer alors qu’ils tentaient de gagner les côtes américaines. «Depuis 1995 – date de la signature des accords migratoires – nous vivons dans un climat de tranquillité», indique le général Solar, ajoutant qu’il n’y a eu «ni provocations, ni agressions» de la part des Américains. Une dizaine de travailleurs cubains continuent d’ailleurs, depuis des années, à passer quotidiennement la «frontière» pour aller travailler sur la base américaine. À la porte nord-est de la base, seul poste frontière terrestre entre les deux pays, la «cohabitation est civilisée», assure le général Solar, montrant la bande blanche neutre sur laquelle se rencontrent parfois avec leurs traducteurs militaires cubains et américains. Mais, dit-il, «nous sommes prêts au cas où, nous sommes toujours prêts». Interrogé sur le nombre de soldats cubains présents aujourd’hui à Guantanamo, le général sourit : «le nombre nécessaire», se contente-t-il de dire.
Guantanamo, où les États-Unis vont transférer des prisonniers d’Afghanistan, est l’ultime base militaire américaine en Amérique latine, fichée au flanc du dernier bastion communiste du monde occidental. Si elle reste une pomme de discorde primordiale entre les deux ennemis, elle représente aussi paradoxalement un point de contact entre militaires américains et cubains. L’enclave est réclamée en vain depuis l’avènement de la révolution cubaine par les autorités castristes, qui la considèrent comme un vestige du colonialisme espagnol. Depuis 1960, le gouvernement cubain refuse le loyer annuel symbolique de 5 000 dollars payé par les États-Unis. Certains craignaient une levée de boucliers de la part du gouvernement cubain après l’annonce de l’arrivée dans l’île de prisonniers talibans, d’autant que Fidel...