«Un masque de beauté pour monsieur ?» La question, il y a trente ans, aurait attiré (presque) une gifle et la réplique classique : «Pour qui me prenez-vous ?»... En ces temps-là, l’homme n’avait droit qu’à la gymnastique, les conseils de son tailleur et un flacon d’eau de cologne offert par maman, sa femme ou sa petite amie. La cravate était la seule concession admise en matière de fantaisie. La virilité se mesurait à la sobriété de l’apparence, et si un PDG osait présider un conseil d’administration habillé autrement qu’en costume croisé, cravate sobre et funéraire, son prestige était gravement atteint... Les «zazous» n’avaient pas de place parmi les «hommes sérieux»... Les mentalités ont changé et les mœurs avec... Aujourd’hui, les hommes s’intéressent autant que les femmes aux habits qui font le moine. La garde-robe «grise, noire et marron» en voit de toutes les couleurs. Les hommes retrouvent le plaisir de s’habiller. La mode ne les angoisse plus. Ils osent discuter, réclamer «du moulant» (pour la maille), du fluide pour les tissus, des astuces pour le camouflage des imperfections. Le lycra acquiert droit de cité dans l’armoire masculine et le masque de beauté ne fait plus d’offense à la virilité de son porteur. Les statistiques étrangères affirment que 70 % des hommes entre 34 et 40 ans sélectionnent et achètent eux-mêmes leurs vêtements. On soupçonne la tranche d’âge d’être bien plus large pour les Libanais. Les hommes chez nous ont leurs habitudes, leurs fournisseurs, leurs particularités... Ils sont, ce qu’on appelle dans le dialecte «in», des «shoppeurs». Ils savent ce qu’ils veulent, ce qui leur va bien et où le trouver. À l’affût de la nouveauté, ils cèdent aux tentations avec réflexion. En d’autres termes, ils s’initient au lèche-vitrines.
«Un masque de beauté pour monsieur ?» La question, il y a trente ans, aurait attiré (presque) une gifle et la réplique classique : «Pour qui me prenez-vous ?»... En ces temps-là, l’homme n’avait droit qu’à la gymnastique, les conseils de son tailleur et un flacon d’eau de cologne offert par maman, sa femme ou sa petite amie. La cravate était la seule concession admise en matière de fantaisie. La virilité se mesurait à la sobriété de l’apparence, et si un PDG osait présider un conseil d’administration habillé autrement qu’en costume croisé, cravate sobre et funéraire, son prestige était gravement atteint... Les «zazous» n’avaient pas de place parmi les «hommes sérieux»... Les mentalités ont changé et les mœurs avec... Aujourd’hui, les hommes s’intéressent autant que les femmes aux habits...
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