Si la figure exceptionnelle de la reine vierge, «Elizabeth I», domine la scène, grâce à la lumineuse présence de Cate Blanchett, il faut reconnaître que, dans la plupart des films de la semaine, les femmes mènent leurs hommes. Ainsi «Backbeat» raconte comment les Beatles se séparèrent, dès leur début, à cause d’une femme, dans «Serial Mom», c’est Kathleen Turner qui n’hésite pas à trucider tous ceux qui la dérangent dans son rôle de mère de famille (trop!) parfaite. Dans «Underneath», Alison Elliott joue les femmes fatales en précipitant son boy-friend dans le monde du crime, tandis que dans «Mimic», Mia Sorvino réussit à créer artificiellement un insecte dévoreur d’hommes. Mais la cerise sur le gâteau ce sera «East of Eden» d’Élia Kazan avec James Dean en écorché vif. Un chef-d’œuvre dans lequel les femmes ne sont pas totalement absentes, puisque Jo Van Fleet remporta cette année-là l’Oscar de la meilleure actrice de second plan. Les plus grandes actrices ont, un jour ou l’autre, rêvé d’incarner la reine Elizabeth, une de ces femmes qui ont joué dans l’histoire un rôle considérable. On se souvient de Bette Davis, de Katherine Hepburn ou de Glenda Jackson, parmi tant d’autres. Le propos de Shekhar Kapur est de s’attacher au personnage avant qu’il ne devienne la reine vierge. Comme l’avait été Jean Simmons dans Young Bess. Et c’est fascinant ! Dans l’Angleterre du XVIe siècle, Elizabeth est donc le récit de l’accession au trône de la reine Elizabeth et de ses premières années de règne mouvementées. En 1554. La reine Marie, première Tudor règne sur l’Angleterre. Fervent catholique, elle fait arrêter et emprisonner sa demi-sœur protestante, Elizabeth. Celle-ci accède néanmoins au trône à la mort de Marie, dont elle est l’unique héritière. Les deux grandes puissances que sont la France et l’Espagne menacent alors le pays, affaibli par d’incessantes querelles religieuses. Afin de calmer le jeu, le principal conseiller d’Elizabeth, Sir William, lui suggère de se marier avec le duc d’Anjou ou le roi Philippe d’Espagne. Mais la souveraine est déjà amoureuse du séduisant Lord Robert... Les amateurs de riches reconstitutions se laisseront sans doute séduire par cette fresque fastueuse et tumultueuse, servie par une superbe distribution. On notera notamment, au côté de la lumineuse Cate Blanchett, la composition d’espion de Geffrey Rush. Diffusion lundi à 21h30 sur LBCI La mort de George Harrison vient de nous rappeler ce que furent les Beatles. Backbeat vient à point pour raviver nos souvenirs. Pour son premier long métrage, Iain Softley, réalisateur de télévision et de clips musicaux, a choisi de relater les débuts des Beatles en axant son récit sur Stuart Sutcliffe, le plus méconnu du groupe. En 1959, à Liverpool, les Silver Beatles réunissent John Lennon, Paul McCartney, George Harrison, Pete Best (qui sera remplacé plus tard par Ringo Starr) et Stuart Sutcliffe, le meilleur ami de John qui a abandonné la peinture pour rejoindre le groupe. À Hambourg, John et Stu font la connaissance d’Astrid Kirchherr, une photographe de talent dont ils tombent tous les deux amoureux. Astrid choisit Stu, qui devient son amant, mais garde John comme ami. Encouragé par Astrid, Stu quitte le groupe pour se consacrer à sa passion, la peinture. Il meurt d’une hémorragie cérébrale en avril 1962. L’histoire est aussi poignante que méconnue, la reconstitution soignée, le choix des interprètes judicieux, tant ils ressemblent à leurs modèles (les Beatles). La bande-son est remarquable, mais l’ensemble manque de cohérence. Diffusion mardi à 00h30 sur LBCI La solitude est le grand thème que Carson McCuller développa dans un roman qui eut beaucoup de retentissement à son époque, The Heart Is A Lonely Hunter. En voici la version cinématographique, réalisée par Robert Ellis Miller, d’après un scénario de Thomas C. Ryan. Autant la réalisation de Robert Ellis Miller est sensible et mesurée, autant le scénario de Ryan, en condensant le roman, n’évite pas certains aspects mélodramatiques. Il faut dire que l’entreprise était difficile. Le personnage principal Singer – incarné magistralement par Alan Arkin – est un sourd-muet qui arrive dans une petite ville du sud des États-Unis où il loue une chambre dans une pension de famille. Il a pour seul ami un demeuré et, du fait de leur handicap, tous les deux sont marginalisés. Leur observation du monde qui les entoure est leur seule distraction. Singer se lie d’amitié avec une jeune adolescente, la fille de sa propriétaire, qui comme toutes les jeunes filles de son âge est confrontée aux problèmes de la jeunesse. Il va l’aider à se découvrir et à surmonter les préjugés des adultes. The Heart Is A Lonely Hunter séduira certainement un public pour qui le cinéma peut être matière à réflexion. C’est de plus joué avec beaucoup d’intensité et d’émotion par Sonda Locke et Stacey Keach, qui faisaient tous deux leur début à l’écran. Diffusion mercredi à 10h30 et 22h30 sur Zen TV Dans le domaine de la cruauté, on est rarement allé aussi loin, en amenant le public à rire des meurtres de cette Serial Mom. Car c’est bien de meurtres qu’il s’agit. De meurtres qui font tellement plaisir qu’on applaudit des deux mains, en riant comme des bossus ; de meurtres commis en série, et par une mère en plus (comme le titre le laisse finement entendre). Mais loin de nous l’idée de pousser les gens à zigouiller tous ceux (banquiers, syndics, voisins, beaux-frères, hôtesses d’accueil à la Sécurité sociale...) qui méritent tant parfois qu’on les zigouille. On préfère les pousser à aller voir un film parmi les plus jouissifs, et drôles, et immoraux, qu’il nous ait été donné de voir depuis au moins... ouh la ! Car, à l’inverse du cochon, tout est mauvais chez John Waters : sa manie de se moquer de ses contemporains, son penchant à transformer une respectable mère de famille en meurtrière au cœur froid, et son idée de faire interpréter la maman en question par la géniale Kathleen Turner, ancien sex-symbol impeccable, dont les ans se sont figés avec un air vicieux autour des hanches et des bajoues. En plus de se moquer de ses voisins de palier, Waters tient aussi à célébrer sa passion pour les meurtriers en série et leurs procès. Osant même glisser, parmi les jurés, Patty Hearst en personne. Depuis toujours, le degré est multiple chez Waters. On rit de plusieurs rires, parfois sans savoir pourquoi on rit. Nerveusement. Comme quand le gentil garçon se fait arracher le foie avec un tisonnier... C’est vrai qu’on est ignoble, des fois. Diffusion mercredi à 21h30 sur LBCI En quelques années Steven Soderbergh s’est affirmé comme un des metteurs en scène en vue de Hollywood. L’an dernier, il s’est même offert le luxe d’être cité deux fois aux Oscars pour Erin Brokovich et Traffic qui devait lui valoir l’Oscar du meilleur réalisateur. Underneath a été réalisé en 1994 et le réalisateur signe là un remake d’une des œuvres maîtresses du film noir des années 40, Criss Cross, dont les vedettes étaient Burt Lancaster, Yvonne de Carlo et Dan Duryea. Un bon à rien rentre chez lui à Austin afin d’assister au remariage de sa mère. Par bêtise, il essaie de reconstituer les morceaux épars de son passé, avant son départ d’Austin mais rien n’est plus pareil. Son ancienne petite amie est devenue la maîtresse d’un gangster et le voilà de surcroît impliqué dans un vol... Cette nouvelle version est certes très élaborée, passionnante mais fait un emploi excessif des retours en arrière et, tout compte fait, ne parvient pas à égaler l’original. Diffusion mercredi à 22h30 sur MTV Un chef-d’œuvre : East of Eden d’Élia Kazan avec le mythique James Dean. En 1917, à Salinas, une petite ville de Californie. Adam Trask a deux fils : Aron et Cal. Sa préférence est toujours allée au premier et Cal souffre de sentir que son père l’aime moins. Adam Trask pense en effet que Cal, qu’il considère comme un mauvais garçon, est le digne fils de sa mère. Or, les deux frères découvrent que cette mère qu’ils croyaient morte est toujours vivante et tient en ville une maison louche. «Ce film – déclare Kazan – était autobiographique et plus personnel qu’aucun autre. Il y a là des masques, des transferts, mais j’avais éprouvé chacun des sentiments que montre ce film. C’est ce qui lui donne sa pureté. On peut l’aimer ou pas, mais il ne parle que d’émotions très profondément vécues. J’ai l’impression que c’est mon premier film qui parle ainsi de moi à travers la mise en scène». Les thèmes les plus profonds de l’œuvre de Kazan apparaissent en effet dans À l’Est d’Eden, que ce soient les rapports entre deux frères (voir Viva Zapata et Sur les quais) ou ceux qui peuvent opposer ou au contraire unir des parents à leurs enfants (La fièvre dans le sang, America, America, l’Arrangement). En dehors de la sensibilité brûlante de Kazan, le film bénéficie enfin de la présence de James Dean dont la détresse affective donne au film une troublante authenticité. Diffusion jeudi à 10h30 et 22h30 sur Zen TV Mira Sorvino en spécialiste de l’étude des insectes ? Pourquoi pas ! C’est sous cet aspect que nous la retrouvons dans Mimic, un film de Guillermo del Toro dans lequel, chargée de mettre fin à une épidémie propagée par des cancrelats, elle crée artificiellement un insecte dévoreur de cancrelats. C’est une réussite mais voilà que trois ans plus tard, le «remède» échappe au pouvoir de l’homme. Cette race hybride s’est développée de telle façon qu’elle est capable à présent de prendre l’aspect de sa vicitme favorite : l’homme. Ce film d’épouvante, qui compose avec la science-fiction, fonctionne parfaitement et même si la fin est conventionnelle et les effets éprouvés, il n’en demeure pas moins que les amateurs du genre y trouveront leur compte et s’en délecteront. Le film est inspiré d’une nouvelle de Donald A. Willheim. Diffusion jeudi à 00h30 sur LBCI Ce n’est pas la première fois que le cinéma nous prédit que notre planète est en danger. Tel est le thème, en effet, du film de David Twehy The Arrival avec Charlie Sheen. Radioastronome aussi brillant que passionné, Zane Zaminski travaille dans un centre de recherche sur la vie extraterrestre. Au fin fond du désert californien, il sonde les fréquences aériennes afin de déceler des signaux venus de l’espace. Un jour, il capte une onde de choc provenant d’une planète située au-delà de notre système solaire. En cherchant son origine, Zane s’aperçoit que quelqu’un, sur Terre, est déjà connecté à cette fréquence. Fier de ses découvertes, il en fait part à son patron, mais celui-ci le licencie brutalement en prétextant la suppression de son poste. Têtu, Zane bricole des antennes paraboliques. Il parvient à retrouver le mystérieux signal et à localiser l’endroit d’où partent les réponses : Mexico. Il se rend sur place et découvre une base secrète habitée par des extraterrestres qui ont pris l’apparence humaine. Poursuivi par les envahisseurs, il tente d’alerter les autorités, mais personne ne le croit. Tout le charme de la série B des années cinquante, ajouté aux effets spéciaux très modernes. C’est efficace, sans prêchi-prêcha proextraterrestre, et fertile en trouvailles. Une bonne surprise. Diffusion vendredi à 00h30 sur LBCI
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