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Actualités - Reportage

À la frontière du Pakistan, des milliers d’Afghans fuient les raids américains

Au poste-frontière de Chaman, entre l’Afghanistan et le Pakistan, des milliers de réfugiés fuient la misère et les raids aériens américains qui font encore des centaines de victimes, selon le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR). «Incontestablement, la guerre n’est pas finie», constate Fatoumata Kaba, porte-parole du HCR, vendredi à Islamabad, après avoir rassemblé les témoignages de plusieurs dizaines de chefs de familles réfugiées, venues du nord, du sud et de l’est de l’Afghanistan. Tous les récits concordent et sont fiables, affirme-t-elle, alors que plus de 4 000 personnes sont arrivées depuis lundi à Chaman et que d’autres sont en route, à rebours des milliers de familles afghanes expatriées qui regagnent leur pays depuis plusieurs semaines. Selon les récits recueillis par le HCR à Chaman, 28 familles de la région de Kunduz (nord) ont expliqué qu’elles avaient fui leurs villages de Karghosi et de Faryah il y a quinze jours à cause des bombardements. Les raids aériens étaient censés frapper des combattants du réseau el-Qaëda d’Oussama Ben Laden, bien que, affirment les villageois, ce soit une erreur et qu’aucun d’entre eux ne se trouve dans la région. Environ 150 personnes ont péri près de Kunduz, selon les réfugiés qui ont pris la fuite vers le sud-est, par peur d’être, eux aussi, tués. Huit autres familles sont parties du village de Malakbarat, dans la région de Herat (ouest) il y a dix jours. Leur village n’a pas été directement touché par les raids américains, mais les habitants ont pris peur en apprenant que 22 civils avaient été tués dans un village voisin. Selon eux, d’autres familles de la zone sont en route vers Chaman. Un autre groupe de huit familles nomades Kuchi a fui la province de Helmand (sud). Elles ont raconté qu’elles avaient été obligées de partir parce qu’elles avaient eu peur et que les bombardements avaient détruit tout leur cheptel. Cependant, selon le HCR, la majorité des candidats à l’exil viennent du camp pour personnes déplacées de Spin Boldak, du côté afghan de la frontière, non loin de la ville pakistanaise de Chaman, d’où elles sont parties il y a deux ou trois jours. Elles se plaignent du manque d’assistance, de la famine et de la sécheresse. Ces récits semblent prouver que les quelques récents bombardements connus de l’aviation américaine, qualifiés de «bavures» par des notables locaux afghans, ne sont pas des cas isolés. Le 20 décembre, plus de 65 personnes avaient été tuées par un bombardement américain sur un convoi qui, selon les autorités afghanes, transportait des notables se rendant à Kaboul à la cérémonie d’investiture du nouveau gouvernement. Le Pentagone a assuré qu’il s’agissait de fidèles d’el-Qaëda. Le 26 décembre, quelque 40 civils avaient été tués et vingt autres blessés lorsque des avions américains ont bombardé le village de Naka, dans la province de Paktika (est de l’Afghanistan). Les frappes américaines contre le village de Niazi Qala, dans la province de Paktia (est), ont tué dans la nuit du 29 au 30 décembre une centaine de civils, selon l’agence Afghan Islamic Press (AIP), au moins 70, selon des témoins. Outre les montagnes de Tora Bora, dans la province de Nangarhar, des avions américains ont bombardé d’autres régions de l’est de l’Afghanistan depuis une dizaine de jours, notamment celles de Paktia, Paktika et Khost, frontalières du Pakistan et où el-Qaëda était autrefois bien implantée. Enfin, jeudi soir, des chasseurs américains ont frappé massivement la localité de Zhawar, dans la province de Paktia, blessant au moins deux personnes, selon AIP.
Au poste-frontière de Chaman, entre l’Afghanistan et le Pakistan, des milliers de réfugiés fuient la misère et les raids aériens américains qui font encore des centaines de victimes, selon le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR). «Incontestablement, la guerre n’est pas finie», constate Fatoumata Kaba, porte-parole du HCR, vendredi à Islamabad, après avoir rassemblé les témoignages de plusieurs dizaines de chefs de familles réfugiées, venues du nord, du sud et de l’est de l’Afghanistan. Tous les récits concordent et sont fiables, affirme-t-elle, alors que plus de 4 000 personnes sont arrivées depuis lundi à Chaman et que d’autres sont en route, à rebours des milliers de familles afghanes expatriées qui regagnent leur pays depuis plusieurs semaines. Selon les récits recueillis par le HCR à...