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Actualités - Chronologies

La Russie a regagné les bonnes grâces de l’Occident

Le rapprochement spectaculaire entre la Russie et l’Occident, amorcé après le choc du 11 septembre, le montre à nouveau : rien de mieux qu’un ennemi commun, en l’occurrence le terrorisme international, pour forger une amitié. Oubliés, ou presque, la Tchétchénie ou les bombes de l’Alliance sur Belgrade. Passés au second plan, le conflit sur le bouclier antimissile et l’élargissement de l’Otan aux pays baltes. Ce revirement est dû au soutien sans précédent offert par Moscou aux États-Unis après les attentats à New York et Washington. Une décision que le président russe avait prise seul. Selon un libéral russe, Boris Nemtsov, sur une vingtaine de dirigeants des principaux partis, deux seulement ont soutenu le geste de Vladimir Poutine. Celui-ci a ouvert aux avions de la coalition antiterroriste l’espace aérien russe et d’anciennes bases aériennes soviétiques en Asie centrale, en Ouzbékistan et au Tadjikistan. Moscou a pris un risque. Les Américains peuvent s’installer pour longtemps dans ces pays qui, tout bien ancrés qu’ils soient dans la zone d’influence russe, ont grand besoin d’aide internationale pour faire bouger leurs économies. Mais c’est aussi un avantage potentiel. La présence américaine peut contribuer à réduire le danger islamiste et le trafic de drogue dans la région. Par ailleurs, la Russie a changé d’image. Sans qu’on s’en aperçoive, l’une des tapes dans le dos échangées avec le président américain dans son ranch texan a dû faire tomber l’étiquette d’ancien agent du KGB, collée à M. Poutine à son arrivée au Kremlin. Et le monde entier a vu les chopes de bière dégustées avec le chancelier allemand Gerhard Schröder et les sourires radieux faits au maître du Kremlin par le Premier ministre britannique Tony Blair. Ce dernier a proposé qu’un nouvel organe réunisse la Russie et l’Otan, remplaçant le conseil permanent conjoint créé en 1997. Ce dernier avait déçu Moscou, lui offrant peu de prise sur les décisions. L’affaire tchétchène Le 7 décembre, les 19 membres de l’Otan et la Russie ont décidé à Bruxelles de créer d’ici au mois de mai un nouveau conseil où les décisions se prendront «à 20 et non plus à 19+1». La formule reste pour le moment une coquille vide qu’il faudra remplir. La Russie n’aura pas de droit de veto et l’on ignore quels seront les domaines de compétence de cette nouvelle enceinte. Mais Moscou pourrait renforcer, ne serait-ce qu’un peu, son influence sur l’Otan. À supposer que cela puisse servir à quelque chose, alors que l’Alliance, écartée de l’affaire afghane, risque de connaître une crise existentielle. Un autre bénéfice concret quoique informel touche à la Tchétchénie. Des contacts entre certains chefs de guerre séparatistes et le cerveau présumé des attentats du 11 septembre, Oussama Ben Laden, ont permis de justifier a posteriori «l’opération antiterroriste» russe. L’Otan «comprend mieux» maintenant les objectifs de celle-ci, a avancé prudemment le secrétaire général de l’Alliance George Robertson. Reste que la nouvelle amitié avec l’Occident n’a produit aucun résultat sur un dossier qui tient à cœur aux Russes : le traité ABM, que Washington souhaite abroger pour développer son bouclier antimissile. En revanche, le souhait de Moscou de voir consignée dans un texte, sinon dans un traité, la réduction des armements nucléaires a de bonnes chances d’être comblé. Quoi qu’il en soit, l’image de l’Otan s’améliore en Russie. Selon l’institut Vtsiom, un citoyen sur trois se disait fin novembre favorable à la coopération avec l’ancien ennemi numéro un, contre un sur cinq en 1996. Et un sur sept dirait oui à l’adhésion de son pays à l’Alliance.
Le rapprochement spectaculaire entre la Russie et l’Occident, amorcé après le choc du 11 septembre, le montre à nouveau : rien de mieux qu’un ennemi commun, en l’occurrence le terrorisme international, pour forger une amitié. Oubliés, ou presque, la Tchétchénie ou les bombes de l’Alliance sur Belgrade. Passés au second plan, le conflit sur le bouclier antimissile et l’élargissement de l’Otan aux pays baltes. Ce revirement est dû au soutien sans précédent offert par Moscou aux États-Unis après les attentats à New York et Washington. Une décision que le président russe avait prise seul. Selon un libéral russe, Boris Nemtsov, sur une vingtaine de dirigeants des principaux partis, deux seulement ont soutenu le geste de Vladimir Poutine. Celui-ci a ouvert aux avions de la coalition antiterroriste l’espace...