La ratonnade du 9 août. L’image qui a fait le tour du monde. Greffée, indélébile, sur les rétines des Libanais. À part les Twin Towers s’effondrant, c’est la photo de l’année. Qui se passe(ra), elle, de tout commentaire. Et que ces bourreaux de la (place du palais de) Justice – ou les scélérats qui leur ont donné les ordres – soient libanais ou pas libanais, ça ne change rien. Rien du tout. Parce qu’au-delà de l’horreur et de l’éclat de rire impuissant, désespéré, nerveux, grotesque qu’a pu déclencher cette image, elle est de celles qui sont venues clore la chronique d’un assassinat annoncé – et depuis longtemps. L’assassinat de l’État de droit. Les mois d’août sont meurtriers. Quel crime ont bien pu commettre Nasrallah Sfeir et Walid Joumblatt ? En réécrivant le 4 août et à 4 mains l’histoire de la Montagne, ces deux hommes qui ont appris à rire ensemble ont donné aux dix-huit communautés libanaises, et à leurs si dignes édiles, une belle leçon de politique. De citoyenneté. De libanisme. Les malheureux : s’ils avaient su… Les rafles n’ont pas attendu 24 heures. Les côtes cassées des jeunes démocrates opposants non plus. Toufic Hindi et les autres qui continuent de croupir en prison. Et ces simulacres de procès. C’est vrai : même Ceausescu n’y aurait pas pensé. Les mois d’août sont carnassiers. Et l’État de droit assassiné de plus en plus chaque jour. Le gouvernement qui refuse de couvrir les abus des Services et qui réitère sa confiance en la justice. Mais qui peuvent-ils encore leurrer ? Et le meilleur serait encore à venir, paraît-il… Le Parlement : nouveau fossoyeur (malgré lui ?) de la démocratie, le code de procédure pénale réamendé, l’obscurantisme sur le trône. L’occasion de rendre à César ce qui lui appartient : même si, en (leur) cédant, il a manqué de panache, de punch, même si, en s’en allant bouder en Sardaigne, il a manqué à tout, même si l’on a beaucoup à lui reprocher, Rafic Hariri serait-il donc le seul, au sein du quadrumvirat et de ses extensions, à haïr cette militarisation ? À la vomir ? Les mois d’août sont dérisoires. Le cimetière des Libanais, de leur pays, c’est l’État de non-droit. Et le premier des maillons de la chaîne – elle mène tout droit à ce cimetière – c’est la présence et la tutelle syriennes. C’est mathématique. Une présence et une tutelle aujourd’hui bel et bien enracinées. Déraciner – ne serait-ce que commencer à arracher les mauvaises herbes pour semer les bons grains – résoudrait bien des choses. Et oxygénerait tellement.
La ratonnade du 9 août. L’image qui a fait le tour du monde. Greffée, indélébile, sur les rétines des Libanais. À part les Twin Towers s’effondrant, c’est la photo de l’année. Qui se passe(ra), elle, de tout commentaire. Et que ces bourreaux de la (place du palais de) Justice – ou les scélérats qui leur ont donné les ordres – soient libanais ou pas libanais, ça ne change rien. Rien du tout. Parce qu’au-delà de l’horreur et de l’éclat de rire impuissant, désespéré, nerveux, grotesque qu’a pu déclencher cette image, elle est de celles qui sont venues clore la chronique d’un assassinat annoncé – et depuis longtemps. L’assassinat de l’État de droit. Les mois d’août sont meurtriers. Quel crime ont bien pu commettre Nasrallah Sfeir et Walid Joumblatt ? En réécrivant le 4 août et à 4 mains...
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