Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

Argentine - L’argentino sera dévalué, préviennent les économistes

L’argentino, la «troisième monnaie» que le gouvernement argentin veut introduire en janvier, sera nécessairement dévalué, estimaient hier les économistes à Londres, reconnaissant que l’Argentine n’avait pas d’autre choix que de la créer. L’argentino, qui circulera aux côtés du peso et du dollar à partir de janvier, risque d’être dévalué de 50 %, mais les dégâts peuvent être limités si les opérations sont bien menées, selon les experts des marchés émergents. «Si l’introduction de la nouvelle monnaie n’est pas correctement menée, et c’est un risque significatif, il peut y avoir une baisse énorme du taux de change», a prévenu Arnab Das, directeur de recherche des marchés émergents à la maison de courtage Dresdner Kleinwort Wasserstein. «Ça dépend comment ils font. Dans les régimes à taux de change fixe des marchés émergents, lorsque vous laissez flotter une monnaie sous la pression, vous avez en général une dévaluation», a-t-il expliqué. «Mais en Argentine, ils vont apparemment introduire la nouvelle monnaie progressivement», a-t-il ajouté, estimant que cela aiderait à contrôler le déclin de la valeur de l’argentino. Le président argentin Adolfo Rodriguez Saà a annoncé dimanche la création de l’argentino, pour remplacer les douze bons non convertibles actuellement émis en Argentine par les autorités fédérales et provinciales pour faire face au manque de liquidité. Non convertible, il circulera parallèlement aux deux monnaies convertibles, le peso et le dollar, utilisés dans le cadre du système de la «convertibilité» (la parité entre le peso et le dollar), en vigueur depuis 1991. Les économistes pensent que l’Argentine n’avait pas d’autre choix que de remplacer le taux de change fixe. La parité du peso avec le dollar a pesé sur les exportations argentines, plongeant le pays dans la récession depuis près de quatre ans. «Ils ne pouvaient plus tenir avec cette parité avec le dollar. Ils avaient besoin d’un nouveau système», estime Neil Parker, de la Royal Bank of Scotland. «Je ne suis pas sûr que ce nouveau système soit le bon, mais au moins, c’est un pas dans la bonne direction», a-t-il ajouté. Beaucoup d’analystes doutent que l’argentino et le peso puissent coexister longtemps. Ils notent que l’histoire des monnaies parallèles est plutôt malheureuse. «Il n’y a jamais eu dans l’histoire d’exemple réussi de monnaie parallèle», indique Nick Parsons, économiste à la Commerzbank. «Une monnaie chassera l’autre. C’est peut-être bien ce qu’ils veulent: maintenir l’illusion d’une monnaie parallèle pour éviter une dévaluation». «Mais nous pensons qu’il y aura une forte dévaluation, de l’ordre de 50 %», a-t-il ajouté. L’argentino pourrait cependant permettre au nouveau gouvernement de se débarrasser de son problème de dette. Les nouvelles autorités ont gelé le paiement de la dette publique, qui atteint 132 milliards de dollars, et certains économistes pensent qu’elles pourraient en convertir une partie en argentinos. «Sur la dette, nous prévoyons deux types d’action : une conversion en argentinos de la dette intérieure (en pesos) et probablement, des négociations pour des réductions» de la dette en monnaies fortes, a indiqué Arnab Das. Selon lui, l’Argentine pourrait tenter de renégocier sa dette extérieure pour en effacer entre 30 et 50 %.
L’argentino, la «troisième monnaie» que le gouvernement argentin veut introduire en janvier, sera nécessairement dévalué, estimaient hier les économistes à Londres, reconnaissant que l’Argentine n’avait pas d’autre choix que de la créer. L’argentino, qui circulera aux côtés du peso et du dollar à partir de janvier, risque d’être dévalué de 50 %, mais les dégâts peuvent être limités si les opérations sont bien menées, selon les experts des marchés émergents. «Si l’introduction de la nouvelle monnaie n’est pas correctement menée, et c’est un risque significatif, il peut y avoir une baisse énorme du taux de change», a prévenu Arnab Das, directeur de recherche des marchés émergents à la maison de courtage Dresdner Kleinwort Wasserstein. «Ça dépend comment ils font. Dans les régimes à taux...