Des scientifiques pakistanais ont parlé - d’armes nucléaires avec Ben Laden
le 13 décembre 2001 à 00h00
Deux scientifiques pakistanais détenus depuis plusieurs semaines dans un endroit tenu secret par les services spéciaux de leur pays ont eu de longs entretiens sur des armes nucléaires, chimiques et biologiques avec Oussama Ben Laden en août, a rapporté hier le Washington Post. Sultan Bashiruddin Mahmood, ex-directeur de projet au sein de la Commission pakistanaise de l’Énergie atomique (PAEC), et Abdul Majid, son ancien adjoint, ont fondé, après leur départ à la retraite, deux organisations d’entraide musulmane, la Holy Koran Foundation et la National Reconstruction of Ummah (nation islamique), et ils ont effectué de fréquents voyages en Afghanistan. Ils affirmaient avoir rencontré Ben Laden pour discuter de projets humanitaires, jusqu’à ce que la CIA ait apporté la preuve que les discussions portaient sur des armes de destruction massive, écrit le journal, citant des responsables du renseignement pakistanais. Selon le Post, ils se sont entretenus avec Ben Laden et trois responsables de son réseau el-Qaëda durant deux ou trois jours en août à Kaboul. D’après les sources pakistanaises, les discussions revêtaient un caractère «théorique». «Ils ont surtout parlé d’armes de destruction massive», a déclaré un responsable au Post, ajoutant qu’ils discutaient «de choses qu’ils n’ont pas concrétisées». Relâchés début novembre après une semaine de détention, les scientifiques avaient été à nouveau arrêtés courant novembre. Les services secrets américains ont des contacts quasi quotidiens avec les Pakistanais à leur sujet, selon le Post. Ils pensent que Ben Laden a essayé d’obtenir les composants et le savoir-faire pour fabriquer des armes nucléaires, biologiques et chimiques, mais ils ignorent si le chef terroriste présumé a réussi, ajoute le journal. Les scientifiques ont indiqué que Ben Laden avait été «très intéressé» par ces armes, selon les mêmes sources. Il aurait affirmé avoir eu accès à du matériel radiologique acquis par un mouvement islamiste radical en Ouzbékistan et aurait interrogé les scientifiques sur des applications possibles. Ces derniers auraient répondu selon leurs dires qu’il n’était pas possible de fabriquer une arme avec le matériel dont Ben Laden disait disposer. Les autorités d’Islamabad ont démenti récemment avec force que les deux hommes aient transmis des informations sensibles sur la technologie nucléaire pendant leurs séjours en Afghanistan. Par ailleurs le New York Times avait récemment établi un lien possible entre les deux scientifiques et un laboratoire d’el-Qaëda découvert à Kaboul et qui aurait eu la capacité de produire des souches de la maladie du charbon. «L’enquête n’a pas établi un tel lien», a déclaré le général Rashid Qureshi, porte-parole du régime militaire à Islamabad.
Deux scientifiques pakistanais détenus depuis plusieurs semaines dans un endroit tenu secret par les services spéciaux de leur pays ont eu de longs entretiens sur des armes nucléaires, chimiques et biologiques avec Oussama Ben Laden en août, a rapporté hier le Washington Post. Sultan Bashiruddin Mahmood, ex-directeur de projet au sein de la Commission pakistanaise de l’Énergie atomique (PAEC), et Abdul Majid, son ancien adjoint, ont fondé, après leur départ à la retraite, deux organisations d’entraide musulmane, la Holy Koran Foundation et la National Reconstruction of Ummah (nation islamique), et ils ont effectué de fréquents voyages en Afghanistan. Ils affirmaient avoir rencontré Ben Laden pour discuter de projets humanitaires, jusqu’à ce que la CIA ait apporté la preuve que les discussions portaient sur des armes...
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