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Actualités - Communications Et Declarations

Un officier des forces spéciales US - raconte sa mission secrète

Pour le capitaine américain Jason Amerine, infiltré dans le sud de l’Afghanistan pendant six semaines, l’arme la plus efficace de la guerre a été le téléphone de Hamid Karzaï, dont le chef pachtoun s’est servi pour obtenir le ralliement des tribus liées aux talibans. Dans un entretien publié hier par le Washington Post, cet officier des forces spéciales dont trois hommes ont été tués par une bombe américaine le 5 décembre près de Kandahar, fournit un récit, jusqu’ici unique, du travail des commandos envoyés en Afghanistan dès le début des opérations, le 7 octobre. À la tête d’une équipe de 10 hommes, le capitaine Amerine, spécialiste de l’Asie centrale, a été prépositionné dès le mois de septembre dans un pays voisin de la région – dont il n’a pas voulu révéler le nom – et infiltré dans le sud de l’Afghanistan quelques jours après le début des opérations. «Notre mission était de travailler avec Karzaï, qui à l’époque était encore une sorte de joker», a expliqué l’officier lors de l’entretien qui s’est déroulé en Allemagne où il est soigné pour blessure reçue pendant le bombardement. «Nous avions mis tous nos espoirs en lui pour trouver un chef pachtoun qui pourrait rassembler les gens», a-t-il souligné. Il a raconté comment, par la suite, Karzaï a mobilisé les forces antitalibanes autour de Kandahar pour miner le pouvoir des talibans, qui se sont finalement rendus le 7 décembre. «Hamid organisait les défections et les ralliements partout dans la région : à mon avis, l’outil le plus efficace de cette guerre a été son téléphone», a souligné le capitaine Amerine. Mais avant d’en arriver là, le capitaine et ses hommes ont vécu une aventure qui leur a semblé souvent sortie tout droit de l’imagination des scénaristes de Hollywood. «Je dois dire que j’avais le vertige, parce que je me croyais dans un film», a-t-il reconnu, en évoquant la rencontre saugrenue d’Américains ultraéquipés et d’Afghans dotés d’une seule arme et de quelques munitions. Le commando, comme d’autres unités dont les responsables américains ont reconnu l’existence sans jamais donner de détails sur leurs missions, devait mettre sur pied une force afghane capable de défaire les talibans. Ils ont aidé les tribus du Sud à s’organiser, leur ont fourni des conseils et des armes, et ont dirigé les bombardements contre les positions des talibans et d’el-Qaëda. Pendant des semaines, le commando va vivre aves les combattants antitalibans, partager leurs repas, coucher sous le même toit et gagner leur confiance. «Tant que nous avons de bonnes radios, nous pouvons y aller en petite tenue et avec des babouches et faire notre travail», a commenté le capitaine Amerine. Mais l’officier avait une autre mission, plus politique : de s’assurer que les États-Unis avaient raison de faire confiance à Karzaï. «J’ai bu beaucoup de thé vert avec Hamid, au cours de longues nuits», se souvient-il. «C’était lui qui était aux commandes, il n’avait pas besoin d’élever la voix. Il avait une attitude de chef d’État», finit par conclure l’officier. Et c’est Karzaï qui donne finalement le signal de l’offensive contre les talibans. «Il m’a dit assez vite que Tarin Kot était le cœur des talibans et qu’il pouvait l’atteindre et le détruire», raconte-t-il en évoquant une localité à 120 km au nord de Kandahar. Le capitaine Armine était sceptique mais Tarin Kot est tombé sans combat le 17 novembre. Les talibans ont monté une contre-offensive le lendemain. Le capitaine et ses hommes vont alors diriger des bombardements aériens américains contre une colonne talibane venue de Kandahar. Les bombardiers «pulvérisent» le convoi. «Les chefs religieux sont venus au quartier général de Hamid et ils lui ont expliqué que si les Américains n’avaient pas été là, nous serions tous morts», raconte le capitaine Armine. «Nous avons brisé les talibans ce jour-là», conclut l’officier.
Pour le capitaine américain Jason Amerine, infiltré dans le sud de l’Afghanistan pendant six semaines, l’arme la plus efficace de la guerre a été le téléphone de Hamid Karzaï, dont le chef pachtoun s’est servi pour obtenir le ralliement des tribus liées aux talibans. Dans un entretien publié hier par le Washington Post, cet officier des forces spéciales dont trois hommes ont été tués par une bombe américaine le 5 décembre près de Kandahar, fournit un récit, jusqu’ici unique, du travail des commandos envoyés en Afghanistan dès le début des opérations, le 7 octobre. À la tête d’une équipe de 10 hommes, le capitaine Amerine, spécialiste de l’Asie centrale, a été prépositionné dès le mois de septembre dans un pays voisin de la région – dont il n’a pas voulu révéler le nom – et infiltré dans...