Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

Le Caire retrouve son rôle d’intermédiaire incontournable au Proche-Orient

La mission jeudi en Israël du chef de la diplomatie égyptienne Ahmed Maher, au plus fort du conflit entre Palestiniens et Israéliens, consacre le retour de l’Égypte dans son rôle d’intermédiaire incontournable au Proche-Orient. M. Maher a rencontré le Premier ministre israélien Ariel Sharon et son homologue israélien Shimon Peres, puis en Cisjordanie le président palestinien Yasser Arafat, entravé dans ses déplacements par les raids destructeurs de l’armée israélienne, lundi et mardi, en représailles aux attentats sanglants du Hamas palestinien. Ces entretiens ont été préparés lors de la mission secrète, mercredi soir au Caire, d’un émissaire israélien dépêché par M. Sharon, le chef du Mossad Ephraïm Halevy, selon la radio publique israélienne. Le président Moubarak a de son côté chargé le chef des services de renseignements égyptien, le général Omar Souleimane, d’une mission en Israël, dont les dates n’ont pas été précisées. L’arrivée au pouvoir en Israël, le 7 mars dernier, de M. Sharon, un partisan de la ligne dure, avait sonné le glas des grandes négociations israélo-palestiniennes qui réunissaient le travailliste Ehud Barak et M. Arafat, dans la recherche de solutions au conflit, à court et à long terme. Le rôle, tout au moins visible, de l’Égypte s’en était trouvé réduit au strict minimum, d’autant que Le Caire avait rappelé, en novembre 2000, son ambassadeur en Israël, pour protester contre l’«usage excessif de la force» contre les Palestiniens. La plupart des sommets de l’ère Barak avaient en effet été provoqués ou facilités, organisés et accueillis par l’Égypte, sur son territoire, en particulier dans la station balnéaire de Charm el-Cheikh, dans le Sinaï. Ce lieu symbole de la souveraineté territoriale retrouvée de l’Égypte est par ailleurs opportunément à l’écart de manifestations estudiantines contre l’État hébreu. Les dernières négociations, au niveau ministériel, avaient eu lieu du 21 au 28 janvier à Taba, également dans le Sinaï, où Israéliens et Palestiniens avaient recherché en vain un accord de paix dans le court laps de temps précédant les élections générales en Israël. Depuis l’arrivée au pouvoir de M. Sharon en mars, l’Égypte, avec la Jordanie, n’ont cependant pas ménagé leurs efforts pour apaiser les tensions ou proposer des solutions à un conflit qui se déroule à leur porte et dont ils redoutent une éventuelle extension régionale et des contrecoups internes. Le Caire et Amman, qui ont signé la paix avec Israël respectivement en 1979 et 1994, ont proposé une initiative de paix conjointe, balayée par la poursuite des affrontements. Ils ont continué à plaider la cause palestinienne et les bonnes intentions de M. Arafat auprès de leur allié américain, soupçonné de céder trop facilement aux «pressions du lobby juif» d’outre-Atlantique. M. Arafat est venu régulièrement consulter les dirigeants égyptiens, qui eux-mêmes ne cessent de consulter les États-Unis, principal parrain du processus de paix. M. Shimon Peres a lui-même effectué plusieurs visites au Caire, notamment en juillet où il a rencontré Yasser Arafat, même si la presse égyptienne accueille à chaque fois le prix Nobel de la paix par un photomontage le présentant dans un uniforme nazi. Principal interlocuteur arabe, par l’importance de sa population (66,5 millions d’habitants) et la dynamique du dialogue avec Israël lancée dès 1978 par le président Anouar el-Sadate lors des accords de Camp David, l’Égypte dispose aussi d’un levier non négligeable avec la Ligue arabe, dont le siège est au Caire, et qui est dirigée par l’Égyptien Amr Moussa. Les ministres des Affaires étrangères des 22 membres de l’organisation panarabe doivent se réunir dimanche pour «adopter une position arabe unifiée concernant l’agression israélienne contre le peuple palestinien, ses dirigeants et ses institutions nationales», a annoncé M. Moussa.
La mission jeudi en Israël du chef de la diplomatie égyptienne Ahmed Maher, au plus fort du conflit entre Palestiniens et Israéliens, consacre le retour de l’Égypte dans son rôle d’intermédiaire incontournable au Proche-Orient. M. Maher a rencontré le Premier ministre israélien Ariel Sharon et son homologue israélien Shimon Peres, puis en Cisjordanie le président palestinien Yasser Arafat, entravé dans ses déplacements par les raids destructeurs de l’armée israélienne, lundi et mardi, en représailles aux attentats sanglants du Hamas palestinien. Ces entretiens ont été préparés lors de la mission secrète, mercredi soir au Caire, d’un émissaire israélien dépêché par M. Sharon, le chef du Mossad Ephraïm Halevy, selon la radio publique israélienne. Le président Moubarak a de son côté chargé le chef des...