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Actualités - Chronologies

Sabeh : « Qui gouverne effectivement le Liban ? »

«Nous savons que les dangers et les défis (découlant des bouleversements internationaux) commandent un discours politique solidaire qui dépasse les susceptibilités intérieures et qui élève l’exercice politique du fond de l’abîme dans lequel nous nous trouvons à un niveau supérieur, mais comment espérer un tel changement vu l’obstination à passer d’un gouffre à un autre», déclare M. Bassem Sabeh. Selon lui, l’administration politique est incapable de régler une panne électrique «et l’on se demande comment elle pourra faire face à une tempête aussi importante que celle qui souffle d’Afghanistan». Soulignant qu’il n’est pas dans son intention de brouiller les rapports entre les pôles du pouvoir, M. Sabeh affirme qu’il «cherche une réponse à une question qui se complique d’année en année : qui gouverne effectivement le Liban ? avant d’enchaîner : «Vivons-nous dans un système parlementaire démocrate ou dans un système mixte présidentiel et sécuritaire ?» Sarcastique, il poursuit : «Nous avons intérêt, au Parlement, à obtenir une réponse franche et convaincante pour connaître la partie que nous devons contrôler et convoquer, le cas échéant, pour lui demander des comptes. Malheureusement, nous n’obtiendrons pas de réponses réalistes et nous resterons prisonniers du jeu appelé “fuite en avant“, jusqu’à ce que le Liban tombe, victime d’un infarctus militaire». Brossant un tableau du système libanais, il déclare : «Il y a un chef d’État, mais pas d’État, un chef du gouvernement et pas de gouvernement, un Parlement et pas de système parlementaire». «Notre système parlementaire, fait valoir le député, vit un état de vide politique et constitutionnel qui expose à l’érosion et à la décrépitude tout ce qui a été réalisé depuis Taëf. Nous sommes tout simplement convoqués pour demander des comptes à un gouvernement qui ne gouverne pas, à des ministres qui ne détiennent pas le pouvoir de décision au sein de leurs départements respectifs et à des administrations réparties entre les communautés, les allégeances politiques et les autorités de sécurité». M. Hariri, qui manifestait jusqu’alors sa bonne humeur, cesse de sourire losque M. Sabeh passe à la vitesse supérieure : «Le pouvoir au Liban est un masque qui cache un autre pouvoir. Ceux qui gouvernent ne sont pas les vrais dirigeants. À mon avis, il existe un pouvoir ou un gouvernement de l’ombre qui se cache derrière une façade constitutionnelle. Que nul ne s’étonne s’il découvre un jour les mêmes titres et les mêmes photos du chef en première page de tous les journaux». M. Sabeh enchaîne, toujours sur le même ton placide et sans lever la tête du texte qu’il lisait : «Votre attention n’a-t-elle pas été attirée par la similitude des informations qui commencent à être filtrées aux médias ? N’étiez-vous pas étonné par ce communiqué honteux publié par une source officielle de sécurité à la veille du dernier mouvement estudiantin ? Les propos sur les libertés et les droits de l’homme, considérés comme étant dépassés à l’échelle internationale et qu’il est possible de bafouer localement du moment qu’ils le sont dans les pays d’origine, ne vous disent rien ? Ne trouvez-vous pas que la séparation des pouvoirs et la coopération entre les autorités commande la présence d’un officier de liaison ayant grade de général pour que les rapports entre les pôles du pouvoir soient au beau fixe ?» Et de conclure : «Je ne crains pas qu’on cesse d’avoir le courant électrique mais qu’on cesse d’avoir espoir dans le système démocratique».
«Nous savons que les dangers et les défis (découlant des bouleversements internationaux) commandent un discours politique solidaire qui dépasse les susceptibilités intérieures et qui élève l’exercice politique du fond de l’abîme dans lequel nous nous trouvons à un niveau supérieur, mais comment espérer un tel changement vu l’obstination à passer d’un gouffre à un autre», déclare M. Bassem Sabeh. Selon lui, l’administration politique est incapable de régler une panne électrique «et l’on se demande comment elle pourra faire face à une tempête aussi importante que celle qui souffle d’Afghanistan». Soulignant qu’il n’est pas dans son intention de brouiller les rapports entre les pôles du pouvoir, M. Sabeh affirme qu’il «cherche une réponse à une question qui se complique d’année en année :...