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Actualités - Chronologies

Conjoncture - La situation économique de l’Allemagne inquiète la zone euro

La situation économique et budgétaire de l’Allemagne, locomotive essoufflée de la croissance européenne, préoccupe de plus en plus ses partenaires de la zone euro malgré le flegme relatif affiché à Berlin. Les ministres des Finances de l’Euroland pourront difficilement éviter ce sujet brûlant lors de leur réunion de ce soir. La Commission européenne a contribué à sonner l’alarme le 21 novembre dans ses prévisions économiques d’automne. Elle a certes confirmé le très net ralentissement économique actuel enregistré dans toute la zone euro – 1,6 % de croissance du PIB cette année et 1,3 % en 2002 contre 3,4 % en 2000. Mais c’est l’Allemagne – un tiers du PIB de l’Euroland – qui a été le plus ébranlée, puisque son économie ne croîtra que de 0,7 % en 2001 et 2002, après 3,0 % en 2000, selon des estimations qui sont généralement jugées très optimistes. La plupart des instituts allemands de conjoncture prévoient en effet que l’Allemagne s’apprête plutôt à entrer techniquement en récession au quatrième trimestre de 2001. Comparés à la France et à l’Italie, les deux autres poids lourds de l’Euroland qui résistent très bien, puisqu’ils enregistreraient respectivement 2,0 % et 1,8 % de croissance en 2001, l’Allemagne est donc dans une situation peu enviable. Pas de catastrophisme Cette contraction, due notamment à la surexposition de l’Allemagne au ralentissement américain par rapport à la France, a des conséquences sur les finances publiques du pays, qui voient se creuser le déficit le plus impressionnant de la zone. En 2002, la Commission européenne prévoit que le déficit allemand s’élèvera à 2,7 % du PIB, frôlant la barre fatidique des 3,0 % dont le dépassement peut, d’après le pacte de stabilité de l’euro, déclencher des sanctions. Risque-t-on de voir cet instrument punitif exigé par l’Allemagne pour empêcher des pays à la réputation douteuse en matière de discipline budgétaire – la France et l’Italie étaient visées lors de la négociation de ce texte en 1997 – se retourner contre le parangon autoproclamé de la vertu budgétaire ? «Certains responsables italiens goûtent leur revanche», souligne un expert monétaire sous le couvert de l’anonymat. Mais les experts de l’Exécutif mettent en garde contre une interprétation trop rapide de ces très mauvais chiffres. Il faut, insiste-t-on à Bruxelles, les relativiser et tenir compte du fait que l’Allemagne ne laisse pas filer ses dépenses, l’augmentation du déficit étant due à la baisse des recettes. L’espoir américain Dans ce cas, même si la barre des 3,0 % était franchie, cela ne déclencherait pas les sanctions du pacte de stabilité. «Personne n’envisage un instant que l’Allemagne dérape vraiment», estime-t-on à la Commission européenne. Hans Eichel, dont l’orthodoxie est reconnue par tous, s’emploie d’ailleurs à rassurer ses partenaires et devrait dans les prochains jours présenter à l’eurogroupe un programme de stabilité révisé qui corrigera la situation budgétaire. Il prépare un train de mesures qui visent à limiter le déficit budgétaire à 2,5 % en 2001 et 2,0 % l’an prochain, tout en maintenant l’objectif de retour à l’équilibre en 2004. En outre, une nouvelle détérioration de la croissance permettrait paradoxalement à Berlin d’échapper au pire. Aux termes du pacte de stabilité, deux trimestres consécutifs de croissance négative supérieure à 0,75 % du PIB constituent des «circonstances exceptionnelles» qui permettent d’éviter ces sanctions. Mais on n’en est pas du tout là. Dans ces conditions, tous les regards des économistes européens se tournent vers la Banque centrale européenne (BCE) qui, compte tenu de la baisse de l’inflation, pourrait encore réduire ses taux d’intérêt, et, surtout, vers les États-Unis. Même si le rebond y est désormais attendu pour la fin de l’année prochaine, et non plus pour le début du second semestre.
La situation économique et budgétaire de l’Allemagne, locomotive essoufflée de la croissance européenne, préoccupe de plus en plus ses partenaires de la zone euro malgré le flegme relatif affiché à Berlin. Les ministres des Finances de l’Euroland pourront difficilement éviter ce sujet brûlant lors de leur réunion de ce soir. La Commission européenne a contribué à sonner l’alarme le 21 novembre dans ses prévisions économiques d’automne. Elle a certes confirmé le très net ralentissement économique actuel enregistré dans toute la zone euro – 1,6 % de croissance du PIB cette année et 1,3 % en 2002 contre 3,4 % en 2000. Mais c’est l’Allemagne – un tiers du PIB de l’Euroland – qui a été le plus ébranlée, puisque son économie ne croîtra que de 0,7 % en 2001 et 2002, après 3,0 % en 2000, selon des...