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Actualités - Conferences Internationales

La conférence consacre l’engagement - multilatéral de l’Allemagne

Le choix de l’Allemagne pour tenir la conférence lundi sur une transition politique en Afghanistan vient consacrer le rôle très actif du chef de la diplomatie allemande, Joschka Fischer, pour la recherche d’une solution sous l’égide de l’Onu. «Nous sommes heureux et honorés d’être les hôtes de cette réunion», a déclaré un Joschka Fischer manifestement sincère, mardi, en annonçant à Washington la tenue de la conférence. En totale harmonie avec le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder, le ministre Vert répète depuis les attentats du 11 septembre que le volet militaire de la lutte antiterroriste ne saurait suffire et met en garde contre toute action isolée des États-Unis. La «solidarité inconditionnelle» due par l’Allemagne à son partenaire transatlantique ne justifie pas de s’embarquer à l’aventure, avait averti très tôt le chancelier. Et les deux hommes de répéter, inlassablement, l’impérieuse nécessité d’une aide humanitaire à la population afghane ainsi que d’une solution diplomatique et économique pour stabiliser la région. Dès le 19 octobre, dans les pas du secrétaire d’État américain Colin Powell, Joschka Fischer s’était rendu au Pakistan, puis au Tadjikistan, afin d’organiser l’acheminement de l’aide et de réfléchir à l’après-talibans. Dans la foulée, à Bruxelles, le chef de la diplomatie allemande soumettait à ses homologues européens un «non-papier» conçu avec le ministre français Hubert Védrine. Sa proposition pour une stabilisation par étapes de l’Afghanistan après la chute des talibans prévoyait des négociations sous l’égide de l’Onu pour un gouvernement de réconciliation nationale, préambule à un programme de soutien à la reconstruction d’un pays dévasté par 20 années de guerre. Cette semaine, Joschka Fischer l’aura encore presque entièrement consacrée à l’Afghanistan, participant notamment à Washington à une conférence internationale sur la reconstruction du pays. Afin de parer à l’urgence avant l’hiver, l’Allemagne a convoqué pour les 5 et 6 décembre une nouvelle réunion du groupe des pays et institutions donateurs d’aide à l’Afghanistan, qu’elle préside. C’est déjà Joschka Fischer, dont le pays présidait à l’époque le G8, qui avait obtenu en juin 1999 la création du Pacte de solidarité pour les Balkans, destiné à soutenir la reconstruction de l’ex-Yougoslavie parallèlement à la démocratisation de la région. L’infatigable ministre des Affaires étrangères, vice-chancelier de Gerhard Schröder depuis l’accession de ce dernier au pouvoir après les législatives de septembre 1998, milite sans relâche pour des solutions multilatérales aux crises. Pendant le conflit du Kosovo, il avait ainsi impliqué la Russie au travers du G8 dans la recherche d’une issue négociée, afin d’en garantir la stabilité à long terme. Dans le sillage des attentats du 11 septembre, ce souci de multilatéralisme aura été constant. En défendant face aux députés Verts réticents la mobilisation de 3 900 soldats allemands dans la guerre contre le terrorisme, il a averti à plusieurs reprises du danger que l’Administration du président George W. Bush, laissée à elle-même, ne retombe dans l’unilatéralisme de ses débuts. Pour Joschka Fischer comme pour Hans-Dietrich Genscher sous le chancelier Helmut Kohl, le concept est essentiel. Compte tenu de son histoire, l’Allemagne ne se conçoit que dans un cadre multilatéral, qu’il s’agisse de l’Union européenne, de l’Otan ou des Nations unies. Lorsque Gerhard Schröder revendique pour son pays une nouvelle «responsabilité internationale», estimant «irrémédiablement révolue» la politique étrangère de l’Allemagne de l’après-guerre, il n’envisage à aucun moment un rôle de cavalier seul. Et, afin d’être admis dans le concert des grandes nations, c’est un siège permanent au Conseil de sécurité de l’Onu qu’il réclame.
Le choix de l’Allemagne pour tenir la conférence lundi sur une transition politique en Afghanistan vient consacrer le rôle très actif du chef de la diplomatie allemande, Joschka Fischer, pour la recherche d’une solution sous l’égide de l’Onu. «Nous sommes heureux et honorés d’être les hôtes de cette réunion», a déclaré un Joschka Fischer manifestement sincère, mardi, en annonçant à Washington la tenue de la conférence. En totale harmonie avec le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder, le ministre Vert répète depuis les attentats du 11 septembre que le volet militaire de la lutte antiterroriste ne saurait suffire et met en garde contre toute action isolée des États-Unis. La «solidarité inconditionnelle» due par l’Allemagne à son partenaire transatlantique ne justifie pas de s’embarquer à...