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Actualités - Chronologies

L’aide humanitaire internationale - bloquée aux portes de l’Afghanistan

Le pont métallique blanc enjambe l’Amou-Daria pour se poursuivre en une large route qui s’engage dans la vallée sèche menant à Mazar-i-Sharif, capitale du Nord afghan, mais personne ne l’emprunte. La frontière reste désespérément fermée, même aux convois humanitaires. Les jeunes soldats qui gardent le poste, près d’un blindé enterré au canon tourné vers l’Afghanistan, observent bien un semblant de protocole administratif. Munis des passeports des voyageurs désirant traverser, ils téléphonent à leur chef en épelant les patronymes étrangers et les nationalités, avant de refuser le passage, avec un grand sourire contrit. Depuis dix jours, le passage de l’aide humanitaire, notamment française, pour le nord de l’Afghanistan est bloqué en raison du refus des autorités ouzbèques de rouvrir la frontière, fermée depuis 1996. Et ce malgré des engagements pris en ce sens par le gouvernement de Tachkent auprès des Nations unies, fin octobre. Depuis dix jours, donc, l’aide arrive aux agences des Nations unies et aux ONG et s’entasse dans des hangars de Termez, à 80 km à peine de Mazar-i-Sharif. Un premier avion français est arrivé dimanche soir avec 25 tonnes d’aide à bord, destinée aux Afghans et réceptionnée par des ONG françaises. Mais l’opération de déchargement et de plein de carburant pour son retour sur Paris a duré toute la nuit, en raison de longues tracasseries administratives imposées par les autorités aéroportuaires locales. Depuis, ces 25 tonnes sont stockées dans un camion, les ONG françaises n’ayant pas eu l’autorisation de les entreposer dans le port de Termez, où attendent déjà plus d’une centaine de tonnes de l’Onu, notamment du Programme alimentaire mondial (PAM). Le régime fort de Tachkent avance des raisons de sécurité pour ne pas rouvrir sa frontière, mais il n’est pas plus coopératif avec le passage de l’aide par barges sur l’Amou-Daria. «Évidemment, nous préférerions la route, qui est bonne, mais, au moins, que le gouvernement nous laisse passer par le fleuve», indiquait lundi l’un des humanitaires français. Pour le pont, Tachkent affirme qu’il est miné, ce qui semble être contredit par des experts de l’Onu. De plus, déminer un pont peut être rapidement fait. Pour les barges, aucune raison plausible n’est avancée par les autorités ouzbèkes. À la situation bloquée sur le plan humanitaire, s’ajoute l’incertitude concernant l’arrivée des soldats français sur l’aéroport de Mazar-i-Sharif. Un premier groupe de 58 éléments du 21e RIMA, parti vendredi d’Istres (sud-est de la France), n’est arrivé que dans la nuit de dimanche à lundi en Ouzbékistan. Ce groupe n’a «pu arriver aussi vite que prévu en Ouzbékistan et a attendu en Turquie», selon des sources militaires, qui n’ont pas précisé les raisons de ce retard. Mais il semble que les conditions de l’arrivée des Français sur Mazar-i-Sharif n’étaient pas encore finalisées lundi avec les chefs de guerre de l’Alliance du Nord qui a pris la ville aux talibans. Les Français «sont en contact et discutent» notamment avec l’un des chefs de guerre, le Tadjik Mohammad Atta qui tient une bonne partie de la ville et l’aéroport où les soldats doivent se déployer, a indiqué une source sous couvert d’anonymat. Il semble aussi que le «partage de la ville» entre Atta et le redouté général Rachid Dostom, un Ouzbek dont Mazar-i-Sharif était le fief avant l’arrivée des talibans, ne soit pas encore définitivement stabilisé. Lundi, les soldats français étaient sur la base de Khanabad, près de Karchi, où sont déployés 2 000 militaires américains. Ils devraient être ensuite transportés par des hélicoptères américains sur Mazar-i-Sharif. Ce retard se produit alors que, dans un «message à la nation» afghane, le président Burhanuddin Rabbani, de retour à Kaboul, a rejeté lundi «la présence des forces étrangères en Afghanistan».
Le pont métallique blanc enjambe l’Amou-Daria pour se poursuivre en une large route qui s’engage dans la vallée sèche menant à Mazar-i-Sharif, capitale du Nord afghan, mais personne ne l’emprunte. La frontière reste désespérément fermée, même aux convois humanitaires. Les jeunes soldats qui gardent le poste, près d’un blindé enterré au canon tourné vers l’Afghanistan, observent bien un semblant de protocole administratif. Munis des passeports des voyageurs désirant traverser, ils téléphonent à leur chef en épelant les patronymes étrangers et les nationalités, avant de refuser le passage, avec un grand sourire contrit. Depuis dix jours, le passage de l’aide humanitaire, notamment française, pour le nord de l’Afghanistan est bloqué en raison du refus des autorités ouzbèques de rouvrir la frontière,...