Le petit émirat de Dubaï maintient avec ténacité et à coups de milliards de dollars un ambitieux programme de développement malgré la mauvaise mine de l’économie mondiale, dans la foulée de la crise afghane. Craintes de récession, terrorisme et incertitude sur l’avenir ont été mis de côté par les dirigeants de Dubaï. Les membres de la famille régnante des al-Maktoum ont engagé des milliards de dollars pour soutenir une croissance phénoménale qui, en l’espace de 25 ans, a transformé l’émirat désertique en un dynamique centre économique et touristique, avec des infrastructures de niveau mondial. Des milliards de dollars ont encore été mobilisés en novembre pour maintenir le boom de l’émirat, au moment où se tarissent ses ressources en brut. Des critiques, notamment dans les émirats voisins, avertissent que Dubaï a atteint son apogée et qu’il risquait l’implosion. Mais d’autres relèvent les records à l’actif des al-Maktoum qui ont réussi à concrétiser les projets les plus chimériques. Du Dubai World Cup, la mieux dotée au monde, à l’écurie Godolphin établie en plein désert et qui pourtant domine le hippisme mondial, en passant par le fameux hôtel Burj al-Arab, présenté comme une folie des grandeurs mais qui fait aujourd’hui la réputation de Dubaï, l’émirat semble vouloir relever tous les défis. Son prince héritier, cheikh Mohamed ben Rached al-Maktoum, qui veille sur les grands projets destinés à placer Dubaï dans l’ère de l’informatique et à en faire une destination touristique et un centre commercial hors pair, s’est fixé cette semaine de nouveaux objectifs pour la prochaine décennie. À ce titre, le PIB de Dubaï, estimé à 16 milliards de dollars, devra doubler, avec une contribution de 20 % pour le secteur culturel et 70 % pour l’industrie et les services, selon lui. Pour y parvenir, la promotion de «la marque Dubaï» est une opération qui met à contribution les meilleurs experts internationaux en marketing et un petit nombre d’Émiratis perspicaces et optimistes. L’avenir de Dubaï est en plus lié à une série de réalisations gigantesques que certains présentent ironiquement comme les pyramides de cheikhs émergeant du sable et de la mer. Palm Island, une île artificielle en forme de palmier géant, va ajouter 120 km de côtes à Dubaï, ainsi qu’une station balnéaire dotée d’hôtels de luxe. Dubai Marina, une cité de 10 milliards de dollars pouvant accueillir 100 000 personnes, est en cours de construction. Dubai Internet City est présenté comme la première zone franche de l’Internet. Une cité des médias a été établie à proximité. Dubai Festival City a été lancé cette année sur 4 kilomètres de côtes, pour un coût de 1,6 milliard de dollars. Le projet est destiné à promouvoir davantage le mois du shopping de l’émirat qui rapporte chaque année un milliard de dollars. Une extension de l’aéroport de Dubaï pour 2,5 milliards de dollars doit doubler sa capacité annuelle d’accueil à 45 millions de passagers dès 2015. Pas plus tard que la semaine dernière, la compagnie aérienne Emirates de Dubaï a décrispé la morosité de l’industrie aéronautique, avec des commandes pour 15 milliards de dollars à Airbus et Boeing. Justifiant ses engagements financiers faramineux, cheikh Mohamed estime que le nombre des visiteurs dans l’émirat va être multiplié par six au cours de la prochaine décennie. Dubaï a attiré l’an dernier 2,5 millions de touristes. Avec une population de moins d’un million d’habitants, en grande majorité des expatriés, des investissements aussi importants font peur à plus d’un. Mais cheikh Mohamed assure que ce n’est qu’un début. «Ce que vous voyez à présent à Dubaï représente moins de 10 % de nos projets. Des projets géants sont encore dans les cartons», a-t-il dit.
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