Le Congrès américain s’apprête à voter un ensemble de mesures renforçant la sécurité aérienne à l’approche de la saison des fêtes, à l’issue d’un compromis conclu jeudi et qui confère à l’État fédéral la responsabilité de la sécurité dans les aéroports. «Nous allons changer la sécurité aérienne pour toujours et pour le mieux», s’est exclamé un élu démocrate James Oberstar ayant participé à des semaines de négociations ardues au Congrès pour trouver le meilleur moyen d’assurer la protection des aéroports et des avions commerciaux après les attentats à l’avion-suicide du 11 septembre aux États-Unis. Le président George W. Bush s’est félicité de cet accord, soulignant que «la sécurité primait tout. Il nous tarde de signer ce texte légistalif important pour qu’il devienne une loi», a-t-il ajouté. Clairement sous pression à l’approche de la saison des fêtes, dont «Thanksgiving» où des millions d’Américains ont l’habitude de prendre l’avion pour rejoindre leurs familles, démocrates et républicains sont parvenus à un accord de principe. Il octroie, au moins pendant une période transitoire, à l’État fédéral la responsabilité des contrôles des bagages et des passagers dans la plupart des aéroports du pays. Les élus ont également décidé de créer une nouvelle catégorie de fonctionnaires chargés de ces contrôles. Cet accord a ouvert la voie à un vote à la Chambre des représentants et au Sénat sur un ensemble de mesures concernant la sécurité aérienne, dont la présence systématique de «policiers de l’air» dans les avions et le renforcement des portes des cockpits. Ces mesures doivent être financées par une taxe de 2,50 dollars sur chaque billet. «Les Américains pourront être rassurés, lorsqu’ils commenceront à voyager pendant la saison des fêtes (..) les avions seront sûrs», s’est félicité le «speaker» (président) de la Chambre des représentants, le républicain Dennis Hastert. Le projet de loi sur la sécurité aérienne impose «la présence d’agents fédéraux dans la plupart des aéroports», s’est réjoui de son côté le chef de file des démocrates à la Chambre, Richard Gephardt. «Cela va enfin nous débarrasser d’un système de sécurité géré par le secteur privé qui a mal fonctionné», a-t-il ajouté. Les négociations avaient pour but de concilier des textes divergents adoptés récemment par les deux Chambres du Congrès et butaient sur cette question de la fonctionnarisation des employés chargés de la sécurité dans les aéroports. De l’avis des responsables américains et des experts, cette sécurité est souvent laxiste. Selon les termes du compromis, les parlementaires ont décidé de créer une nouvelle catégorie de fonctionnaires pour effectuer les contrôles des bagages et des passagers dans les aéroports. Ceux-ci pourront être, le cas échéant, licenciés et n’auront pas le droit de grève. Actuellement, ces inspections sont réalisées par des employés, souvent mal payés et peu formés, embauchés par des entreprises privées sous la responsabilité des compagnies aériennes. Le compromis prévoit cependant que dans trois ans certains aéroports pourront opter de sortir du système et continuer à avoir recours au secteur privé, une exigence imposée par des élus républicains réticents à augmenter le poids de l’État fédéral. «Au bout du compte, nous aurons l’occasion de voir ce qui marche le mieux», a indiqué M. Hastert. Pour sa part, le secrétaire américain aux Transports, Norman Mineta, s’est félicité que cet accord donne à l’État fédéral «la souplesse de faire ce que nous devons (..) pour améliorer la sécurité aérienne». M. Bush avait sommé en début de semaine le Congrès de travailler «jour et nuit» sur ce projet de loi, afin d’inciter les Américains à reprendre l’avion, et dans le même temps aider à la relance d’un secteur en crise depuis les attentats.
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