L’intifada et la crise mondiale font plonger Israël dans la récession Le recul de près de 3 % du produit intérieur brut (PIB) israélien au troisième trimestre illustre l’ampleur de la récession que traverse l’économie israélienne, victime à la fois de la crise mondiale et de l’intifada. Le PIB israélien a ainsi reculé de 2,8 % par rapport à la même période de l’année précédente. Au deuxième trimestre, le PIB avait déjà reculé de 1 %. Durant les neuf premiers mois de l’année, cet indice a cédé 0,2 %. Une très légère amélioration devrait se produire au dernier trimestre de l’année, ce qui devrait permettre une croissance économique de 0,5 % pour l’ensemble de 2001, contre 6,2 % en 2000, a estimé le Bureau des statistiques. Le ministre des Finances Silvan Shalom a adopté un ton très alarmiste en parlant de «situation d’urgence» à propos de l’économie tout en préconisant la conclusion d’un «pacte social collectif» avec la centrale syndicale Histadrout et l’Association des industriels, la principale organisation patronale, pour éviter grèves et licenciements. «Les questions de sécurité ont gravement influé sur l’économie», a ajouté M. Shalom en faisant référence à l’intifada, le soulèvement palestinien qui a commencé à la fin du mois de septembre 2000. L’économie israélienne a effectivement joué de malchance. L’intifada s’est traduite notamment par un effondrement des recettes du tourisme, qui ont reculé de plus de moitié, et par une augmentation des dépenses consacrées à la sécurité. Le soulèvement palestinien a en outre pratiquement correspondu à la crise du Nasdaq, où près d’une centaine d’entreprises israéliennes des techniques de pointe sont cotées. Or la high-tech a tiré en 2000 toute l’économie en contribuant pour environ 3 % à la croissance, selon la Banque d’Israël. «À ces deux facteurs, il faut aussi ajouter le ralentissement de l’économie mondiale notamment aux États-Unis et en Europe, nos deux principaux marchés, qui s’est aggravé avec les attentats antiaméricains du 11 septembre», souligne Dany Catarivas, directeur général adjoint du ministère des Finances. Selon lui, l’intifada s’est soldée par une perte de 1,5 à 2 points de croissance et les soubresauts du Nasdaq, ainsi que le ralentissement général de l’économie mondiale, se sont traduits par une perte de la même ampleur. Pour 2002, l’heure est à l’incertitude. Le projet de budget table sur une croissance de 4 % que la plupart des experts, notamment à la Banque d’Israël, jugent trop optimiste. «Tout va dépendre de l’évolution du marché mondial ; c’est pourquoi nous avons peu de moyens pour intervenir sur le plan intérieur, corriger le tir et relancer la machine», admet un responsable de la Banque centrale qui requiert l’anonymat. Dans ce tableau plutôt sombre, les responsables du Trésor soulignent que les investissements étrangers devraient certes diminuer, à 1,3 milliards de dollars cette année contre 4 milliards en 2000, mais insistent sur le fait qu’aucune fuite des capitaux ne s’est produite. Le shekel, soutenu par des taux d’intérêt réels de près de 5 %, fait mieux que résister face au dollar et à l’euro, tandis que les agences de notation internationale n’ont pas diminué leurs appréciations sur l’économie israélienne. «Nous ne faisons pas partie des pays émergents à hauts risques, tels que l’Argentine et la Turquie», se félicite M. Catarivas. La Banque d’Israël insiste pour sa part sur la nécessité pour le gouvernement de ne pas céder à la facilité en laissant filer le déficit budgétaire censé être limité à 2,4 % en 2002, contre 3 % cette année. «Le gouvernement doit impérativement faire preuve de responsabilité, sinon nous perdrons notre crédibilité sur les marchés financiers internationaux», souligne le responsable de la Banque centrale.
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