Parmi les nombreuses personnalités politiques présentes à la conférence de presse annonçant la création d’une holding entre les chaînes séoudienne et libanaise MBC et Future, on pouvait relever la présence de la sœur, du fils et du neveu du Premier ministre Rafic Hariri, ainsi que celle du président du Conseil national supérieur de l’audiovisuel (CNA) Abdel Hadi Mahhouz. Ce haut responsable de l’audiovisuel n’a pas manqué de relever, en public, de manière relativement discrète, l’irrégularité dont est entachée l’opération entreprise par les deux chaînes arabes. «À ce stade, ce qui a eu lieu ne peut-être considéré comme un partenariat (au sens économique du terme), mais plutôt comme une simple collaboration entre les deux parties concernées», a affirmé à L’Orient-Le Jour M. Mahfouz. «Car, a-t-il dit, la loi sur l’audiovisuel stipule que les propriétaires doivent être Libanais, la part des actions détenues ne pouvant pas, par ailleurs, dépasser les 10 %». Sur la base du texte législatif en vigueur, les deux partenaires ne sauraient créer une holding, la MBC étant une société étrangère, a expliqué le directeur du CNA. «Nous ne ferons rien qui soit en contradiction avec la loi», a assuré pour sa part le PDG de la Future, Nadim Moulla, qui a souligné que les deux sociétés sont en plein chantier de restructuration et il n’y aura pas, à l’avenir, de contradiction avec la législation libanaise. Pourquoi alors s’aventurer, et dès à présent, dans une telle entreprise en l’annonçant publiquement, si elle est, du moins dans sa forme actuelle, en contradiction avec le texte libanais ? Il s’agit de terminologie, précise M. Mahfouz. «Il faut dire “collaboration” et non pas “holding”, en attendant la modification du texte de loi, une bonne chose à faire par ailleurs», a-t-il poursuivi. Soulignant que les responsables des chaînes se sont fondés – «à tort» – sur la loi 562, «qui concerne les activités des chaînes satellitaires et non pas des chaînes locales», le responsable du CNA a indiqué que de toute manière, «ce texte fait référence à la loi de l’audiovisuel pour ce qui est des entreprises de partenariat. C’est donc la loi de l’audiovisuel (datant de 1996) qui s’applique en attendant sa modification».
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