Les ministres des 142 pays membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sont réunis en vue de lancer un nouveau cycle de négociations commerciales multilatérales destinées à réduire les barrières douanières au niveau mondial. Voici les principaux dossiers épineux à l’ordre du jour. AGRICULTURE - Une bataille oppose les États-Unis et leurs alliés réunis au sein du groupe Cairns à l’Union européenne. Le groupe Cairns souhaite que le prochain cycle commercial débouche sur l’élimination des subventions aux exportations agricoles. L’Union européenne s’est engagée pour sa part à réduire ces aides, selon un calendrier qu’elle a fixé elle-même. Mais elle refuse de s’engager à mettre fin à ces subventions. Les dirigeants européens soulignent la «multifonctionnalité» de l’agriculture et affirment que l’aide des gouvernements est nécessaire pour préserver l’économie rurale. DROITS DE PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE - Les pays en voie de développement (PVD), dont certains mènent une lutte acharnée contre le sida, réclament un allègement des règles de l’OMC protégeant les brevets de médicaments détenus par les grands groupes pharmaceutiques. Ils veulent avoir le droit d’offrir des médicaments génériques moins chers à leur population en temps de crise. Les pays industrialisés, notamment les États-Unis et la Suisse, reconnaissent que les réglementations doivent être interprétées de façon plus souple mais insistent sur un respect général de la réglementation des brevets afin d’encourager les sociétés pharmaceutiques à financer des recherches et à développer de nouveaux médicaments. APPLICATION DES ENGAGEMENTS PRÉCÉDENTS - Il s’agit d’une exigence importante des PVD qui disent attendre de voir les résultats du GATT (Accord général sur le commerce et les tarifs), dont le dernier cycle avait commencé en 1986 pour aboutir en 1994 aux accords de l’Uruguay Round, à l’origine de la création de l’OMC. Selon eux, avant de s’engager dans la mise en œuvre de nouvelles mesures d’ouverture commerciale, le monde industrialisé doit honorer ses engagements, à savoir accepter un plus grand volume d’exportations en provenance des PVD. ENVIRONNEMENT - L’inclusion d’une clause sur la protection de l’environnement dans tout futur accord commercial est un des objectifs clés des Quinze à Doha. Selon des responsables de l’UE, le but est de souligner qu’un gouvernement ne doit pas exploiter l’environnement pour gagner des parts de marché ni se servir de la protection de l’environnement comme moyen pour protéger sa propre industrie de la concurrence étrangère. Les PVD rejettent l’inclusion d’une clause sur la protection de l’environnement, par crainte qu’elle ne soit utilisée par l’Occident pour refuser l’entrée de biens en provenance des nations pauvres. DROITS DU TRAVAIL - L’Union européenne demande que dans les discussions sur le lancement d’un nouveau cycle, il soit fait mention d’un lien entre le commerce et les droits fondamentaux des travailleurs. Les PVD craignent que les pays riches, en évoquant des violations des droits des travailleurs, cherchent à justifier leurs mesures protectionnistes à l’encontre de toute concurrence étrangère. CONCURRENCE - Les États-Unis doivent s’attendre à de virulentes attaques, essentiellement de la part du Japon et de la Corée du Sud, pour leur politique (dite d’antidumping) d’imposer unilatéralement des droits de douane sur des importations à des prix inférieurs à ceux du marché. Tokyo et Séoul œuvrent pour une clarification de ces pratiques par l’OMC. Les États-Unis affirment que les mesures antidumping sont nécessaires pour maintenir un soutien de l’opinion publique américaine au libre-échange et préfèrent que le sujet ne soit pas évoqué à Doha. INVESTISSEMENTS - Les pays riches soutiennent que les investissements consentis par les sociétés étrangères contribuent au développement des pays pauvres et ils veulent obtenir des assurances, lors des négociations, que les investissements à l’étranger ne feront pas l’objet de discrimination. Les PVD affirment que leurs propres entreprises ne sont pas prêtes à concurrencer les firmes étrangères et demandent du temps avant de s’engager sur les clauses de non-discrimination.
Les ministres des 142 pays membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sont réunis en vue de lancer un nouveau cycle de négociations commerciales multilatérales destinées à réduire les barrières douanières au niveau mondial. Voici les principaux dossiers épineux à l’ordre du jour. AGRICULTURE - Une bataille oppose les États-Unis et leurs alliés réunis au sein du groupe Cairns à l’Union européenne. Le groupe Cairns souhaite que le prochain cycle commercial débouche sur l’élimination des subventions aux exportations agricoles. L’Union européenne s’est engagée pour sa part à réduire ces aides, selon un calendrier qu’elle a fixé elle-même. Mais elle refuse de s’engager à mettre fin à ces subventions. Les dirigeants européens soulignent la «multifonctionnalité» de l’agriculture et...
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