Les menaces d’attentat contre des ministres du gouvernement d’Ariel Sharon font craindre aux commentateurs israéliens une volonté de groupes radicaux palestiniens de radicaliser l’intifada pour provoquer une intervention internationale. Mercredi et jeudi, trois semaines après l’assassinat du ministre du Tourisme Rehavam Zeevi à Jérusalem-Est, les services de la sécurité intérieure israélienne (Shin Beth) ont demandé à deux ministres de ne pas regagner leurs domiciles, estimant qu’ils risquent d’être la cible d’attaques palestiniennes. «Jusqu’à présent, les résultats (du soulèvement palestinien) sont limités», estime Zeev Schiff, spécialiste des affaires de sécurité du quotidien libéral Haaretz. Les groupes radicaux pensent que «la meilleure chose à faire est d’accélérer le conflit pour susciter une réaction israélienne très forte contre les Palestiniens, ce qui entraînerait une intervention de la communauté internationale», ajoute-t-il. «Comme le pouvoir et la force sont dans les mains d’Israël», certains groupes palestiniens pensent qu’en s’en prenant à des hauts responsables, «ils vont entraîner une action de représailles qui tuera de nombreux Palestiniens et forcera la communauté internationale à réagir», renchérit Roni Shaked, spécialiste du terrorisme pour le quotidien Yediot Aharonot. Selon eux, les groupes susceptibles de mener de telles opérations sont principalement le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), qui a revendiqué l’assassinat de Zeevi, et les mouvements islamistes du Hamas et du Jihad islamique. Zeev Schiff affirme que le Shin Beth a récemment établi que les Palestiniens avaient dressé une liste de personnalités politiques ou militaires israéliennes de premier plan à abattre, sur laquelle figure le nom, entre autres, du général Shaoul Mofaz, chef d’état-major de l’armée. Pour lui, l’assassinat de ministres ou d’officiers supérieurs israéliens ne peut pas être mis sur le même plan que les éliminations ciblées d’activistes palestiniens, politique qui a coûté la vie à une soixantaine de personnes depuis le début de l’intifada, le 28 septembre 2000. « Ce qui compte, c’est le symbole » Jusqu’à présent, le plus haut représentant palestinien assassiné lors de telles opérations a été Abou Ali Moustapha, chef du FPLP, tué fin août par un missile israélien, à Ramallah (Cisjordanie). Si les Palestiniens tuaient le chef d’état-major, «ce serait comme si Israël se débarrassait d’Abou Mazen» (Mahmoud Abbas, le bras droit du président palestinien Yasser Arafat, NDLR), avertit M. Schiff. «Jusqu’à présent, la réaction israélienne a été très mesurée, et Sharon lui, même se retient, mais je ne suis pas sûr que cela durera», estime-t-il. En juillet, plusieurs informations avaient circulé sur l’existence d’un plan israélien prévoyant une offensive militaire pour se débarrasser de dirigeants de l’Autorité palestinienne, ce que le gouvernement israélien avait démenti à plusieurs reprises. Déjà, il y a deux semaines, une bombe avait été désamorcée au domicile d’un colonel de la marine israélienne, non loin de Tel-Aviv. «Peu importe qui est visé, ce qui compte, c’est le symbole», a estimé M. Shaked. Après l’assassinat de Zeevi, la protection rapprochée des hauts personnages de l’État hébreu a été renforcée par le Shin Beth. Interrogé sur les risques que des hauts responsables soient assassinés, il répond : «Toutes les mesures de sécurité prises pour protéger quelqu’un peuvent prévenir les attentats mais pas les éradiquer».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les menaces d’attentat contre des ministres du gouvernement d’Ariel Sharon font craindre aux commentateurs israéliens une volonté de groupes radicaux palestiniens de radicaliser l’intifada pour provoquer une intervention internationale. Mercredi et jeudi, trois semaines après l’assassinat du ministre du Tourisme Rehavam Zeevi à Jérusalem-Est, les services de la sécurité intérieure israélienne (Shin Beth) ont demandé à deux ministres de ne pas regagner leurs domiciles, estimant qu’ils risquent d’être la cible d’attaques palestiniennes. «Jusqu’à présent, les résultats (du soulèvement palestinien) sont limités», estime Zeev Schiff, spécialiste des affaires de sécurité du quotidien libéral Haaretz. Les groupes radicaux pensent que «la meilleure chose à faire est d’accélérer le conflit pour...