Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

Europe : effritement du soutien aux bombardements américains

Le soutien aux bombardements américains sur l’Afghanistan semble s’effriter au sein des opinions publiques de plusieurs pays européens selon des sondages, et le doute commence à s’insinuer sur les buts de cette opération. Ainsi en Allemagne depuis les attentats du 11 septembre aux États-Unis, le soutien de l’opinion allemande à des représailles militaires américaines en Afghanistan ne cesse de baisser. Alors que les deux tiers des Allemands étaient favorables à une éventuelle riposte quelques jours après les attentats, ils n’étaient plus que la moitié à juger les frappes justifiées après leur déclenchement le 7 octobre, selon des sondages. Après des intellectuels comme le prix Nobel de littérature Guenter Grass, opposant de la première heure à d’éventuelles frappes, un nombre croissant de personnalités sont intervenues pour critiquer les bombardements, en particulier leur maintien pendant le ramadan, le mois sacré musulman. Le 31 octobre, le puissant syndicat allemand de la métallurgie IG Metall appelait le gouvernement allemand à s’engager auprès de l’Union européenne en faveur d’un arrêt de l’offensive. Dimanche, c’est le président du conseil de l’Église évangélique allemande, Manfred Kock, qui réclamait une suspension au minimum pendant le ramadan des bombardements. Enfin, les voix réclamant l’arrêt des frappes se multiplient parmi les Verts, partenaires du SPD au gouvernement. En Espagne, plus des deux tiers des habitants estiment que les bombardements américains sur l’Afghanistan devraient cesser parce qu’ils provoquent des victimes civiles, selon un sondage publié lundi par la radio espagnole Cadena SER. 69 % des Espagnols pensent que les bombardements devraient cesser et seulement 20 % qu’ils devraient continuer (11 % ne se prononcent pas), selon ce sondage. Le soutien des Polonais à l’envoi par Varsovie de troupes en Afghanistan a chuté de 58 % au début du mois d’octobre à 28 % à la fin du même mois, selon un sondage publié lundi à Varsovie. Quelque 65 % des Polonais se déclarent opposés ou totalement opposés à ce que l’armée nationale participe à l’action militaire menée par les États-Unis en Afghanistan, selon ce sondage. La Pologne, membre de l’Otan depuis 1999, avait dès le début de la campagne américaine apporté un soutien total à Washington. 58 % des Polonais sondés avaient alors soutenu l’envoi de troupes aux côtés des États-Unis, 29 % étaient contre. En France, 47 % des personnes interrogées pensent que l’intervention militaire en Afghanistan est en train d’échouer, selon les résultats d’un sondage Ipsos/BFM/Journal du Dimanche paru dimanche. À la question «Tout compte fait, quatre semaines après son déclenchement, considérez-vous que l’intervention militaire en Afghanistan est en train de réussir ou d’échouer», 17 % ont estimé qu’«elle est en train de réussir», contre 47 % qui pensent qu’«elle est en train d’échouer». Neuf pour cent ont répondu «ni l’un ni l’autre» et 27 % ne se sont pas prononcés. En Grande-Bretagne, une majorité de Britanniques continuent d’approuver l’intervention alliée. Toutefois, ce soutien a enregistré un net recul ces dernières semaines, passant de 74 % mi-octobre à 62 % à la fin du mois. Pire pour le Premier ministre Tony Blair, une majorité réclame désormais une pause dans les bombardements pour faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire. La multiplication des dérapages de la campagne militaire, comme les bombardements de dépôts de la Croix-Rouge, et les premières images de victimes civiles ont également entraîné des éditoriaux de plus en plus critiques de la part de la presse britannique, qui s’interroge ouvertement sur l’efficacité des frappes aériennes.
Le soutien aux bombardements américains sur l’Afghanistan semble s’effriter au sein des opinions publiques de plusieurs pays européens selon des sondages, et le doute commence à s’insinuer sur les buts de cette opération. Ainsi en Allemagne depuis les attentats du 11 septembre aux États-Unis, le soutien de l’opinion allemande à des représailles militaires américaines en Afghanistan ne cesse de baisser. Alors que les deux tiers des Allemands étaient favorables à une éventuelle riposte quelques jours après les attentats, ils n’étaient plus que la moitié à juger les frappes justifiées après leur déclenchement le 7 octobre, selon des sondages. Après des intellectuels comme le prix Nobel de littérature Guenter Grass, opposant de la première heure à d’éventuelles frappes, un nombre croissant de personnalités...