Et si Oussama Ben Laden et les taliban avaient la bombe atomique ? Ce scénario d’apocalypse n’est plus tout à fait inimaginable. Des experts ont déjà désigné le maillon faible entre la plus meurtrière des armes de destruction massive et des terroristes prêts à s’en servir : le Pakistan – puissance nucléaire, mais pays fragile. Deux hypothèses ont été agitées et qui verraient les «fous de Dieu» de l’islam se doter de l’arme suprême. L’une envisage qu’ils acquièrent des bombes déjà existantes de l’autre côté de la frontière afghane, au Pakistan, l’autre qu’ils en fabriquent une avec l’aide de scientifiques pakistanais complices. Dans la première hypothèse, trois ministres des Affaires étrangères sont montés au créneau cette semaine pour démentir le célèbre magazine New Yorker qui avait écrit qu’un commando américain s’entraînait pour s’emparer des charges nucléaires pakistanaises et les mettre en sécurité en cas de renversement du président Pervez Musharraf. «Je suis persuadé qu’il (Musharraf) comprend l’importance de s’assurer que tous les éléments de son programme nucléaire sont en sécurité», a dit le secrétaire d’État (ministre américain des Affaires étrangères) Colin Powell. Le Pakistan est officiellement devenu une puissance atomique en 1998 pour maintenir l’équilibre de la terreur avec son rival indien. Les déclarations du ministre des Affaires étrangères de New Delhi n’en ont eu que plus de poids. «Toute considération politique mise à part, je dois mettre à leur crédit qu’ils (les Pakistanais) sont des gens responsables qui ne permettront pas que des gens s’emparent de leurs armes nucléaires», a dit George Fernandes. Son homologue pakistanais Abdul Sattar a, lui aussi, cherché à rassurer en affirmant que l’arsenal atomique pakistanais était à l’abri. «Toute crainte de le voir tomber dans les mains d’extrémistes est entièrement imaginaire», a-t-il dit. Peu de gens pensent sérieusement qu’une ou plusieurs des 24 têtes nucléaires dont disposerait le Pakistan puisse aboutir chez son ancien protégé et voisin afghan, qui lui-même a donné asile à Oussama Ben Laden. Du moins pour l’instant. «La sécurité est bonne, tant qu’il existe un gouvernement qui contrôle. S’il y a une rupture de l’ordre civil, bien entendu on s’inquiètera», a déclaré cette semaine le patron de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Mohamed el-Baradei. Mais l’histoire du Pakistan est celle d’un pays instable, naviguant entre coups d’État militaires et intérims de gouvernements civils faibles. Arrivé au pouvoir il y a deux ans à la suite d’un coup d’État, le président Musharraf se heurte à l’opposition virulente d’une minorité d’islamistes hostiles au soutien qu’il a apporté aux bombardements américains de l’Afghanistan. Certains membres des services secrets de l’armée sont aussi accusés d’avoir conservé des sympathies pour les taliban, dont ils aidèrent l’accession au pouvoir dans les années 1990. Deuxième hypothèse : les autorités pakistanaises ont paru elles-mêmes craindre un transfert de technologie atomique en arrêtant et en interrogeant à la fin du mois dernier un de leurs meilleurs savants dans le domaine nucléaire, qui entretenait des liens étroits avec l’Afghanistan. Sultan Bashiruddin Mahmood, ancien chef de projet à la commission pakistanaise de l’Énergie atomique, a finalement été relâché. Le porte-parole de l’ancien Premier ministre Benazir Bhutto, Farhatullah Babar, a toutefois affirmé dans le quotidien The News que les cas de M. Mahmoud et d’un autre scientifique, Abdul Majid Chaudhry, étaient suffisamment préoccupants pour que la CIA et le FBI américains, en plus des services secrets pakistanais (ISI), surveillent étroitement leurs mouvements. Crainte justifiée ou non, M. Baradei de l’AIEA a estimé «improbable» que des terroristes puissent fabriquer la bombe atomique, mais «rien n’est exclu», a-t-il ajouté. Si l’on en croit les taliban, ce scénario du pire n’est pas pour demain. «On ne doit pas s’attendre à ce qu’un pays qui ne dispose même pas des installations pour fabriquer un verre soit doté d’engins sophistiqués comme des armes nucléaires», a dit leur ambassadeur à Islamabad, Abdul Salam Zaeef.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Et si Oussama Ben Laden et les taliban avaient la bombe atomique ? Ce scénario d’apocalypse n’est plus tout à fait inimaginable. Des experts ont déjà désigné le maillon faible entre la plus meurtrière des armes de destruction massive et des terroristes prêts à s’en servir : le Pakistan – puissance nucléaire, mais pays fragile. Deux hypothèses ont été agitées et qui verraient les «fous de Dieu» de l’islam se doter de l’arme suprême. L’une envisage qu’ils acquièrent des bombes déjà existantes de l’autre côté de la frontière afghane, au Pakistan, l’autre qu’ils en fabriquent une avec l’aide de scientifiques pakistanais complices. Dans la première hypothèse, trois ministres des Affaires étrangères sont montés au créneau cette semaine pour démentir le célèbre magazine New Yorker qui...