Fabrice, le cadet, a décroché l’argent en individuel ; Jérôme, l’aîné, a sauvé le bronze de l’équipe de France des épéistes aux championnats du monde d’escrime à Nice ; le duo des frères Jeannet forment un bloc aussi efficace que solidaire. Un regard en coin, un sourire furtif, une petite tape dans le dos : quand un Jeannet passe le relais à un autre Jeannet, peu importe le prénom, le rituel est immuable. «Il y a entre eux une complicité et une communication naturelles», explique leur père, Gilles. Et une grande solidarité : «l’un pousse l’autre», lance Jérôme. Ainsi, quand le cadet (Fabrice, tout juste 21 ans) accuse le coup de la déception après la défaite de l’équipe de France en demi-finale face à l’Estonie, Jérôme est là pour lui regonfler le moral : «J’ai gueulé dessus. Je lui ai dit qu’il fallait s’accrocher». Et c’est la force mentale de l’aîné, que l’entraîneur fera rentrer lors du match pour la troisième place, qui a sauvé la médaille de bronze d’une France alors en déroute face à l’Espagne. «Jérôme est monté sur une piste à sept ans. Fabrice à 3 ans et demi, rappelle le père, précisant aussitôt : mais, de toute façon, ils allaient déjà dans les salles d’escrime dans leur couffin». Comme souvent dans ce sport, il s’agit d’une histoire de famille : la tante en faisait, la mère également (elle a été vice-championne de France des vétérans) et le père dirige l’Amicale des escrimeurs de Fort-de-France. «Mais moi je suis resté à un niveau régional», précise-t-il, comme pour marquer l’espoir qu’il porte en ses deux fils. Compétition «On a tous les deux un très grand goût de la compétition. On a beaucoup d’ambition», admet Jérôme. C’est lui le premier qui traverse l’Atlantique, le baccalauréat en poche, et atterrit au Creps de Reims, à 19 ans. Le Martiniquais montre vite qu’il «a une main», comme on dit à l’épée. Deux ans plus tard, Fabrice le suit. Mais avec deux ans de moins. Il n’a lui que 17 ans quand il arrive à Reims. Une avance qu’aucun des frères n’avoue mais qui ira en s’accentuant, tellement «Fab», comme on le surnomme, profite de l’expérience de «Djanette». «Jérôme a montré la voie», dit fièrement le père. Ainsi, tandis que Jérôme devient vice-champion de France 2000 (en individuel), c’est Fabrice qui détient la meilleure saison: six podiums en quelques mois, dont le titre de champion du monde junior en 2000, d’où sa place de tête de série numéro deux aux championnats du monde de Nîmes. L’élève aurait-il dépassé le maître ? Peut-être. Le cadet n’a de toute façon guère une allure de petit frère. Avec son 1,93 m (contre «seulement» 1,89 m pour Jérôme), c’est plutôt Fabrice qu’on prend souvent pour l’aîné. Mais il serait vain de vouloir les départager. Les deux Martiniquais sont comme deux doigts de la même main, allant jusqu’à dormir dans la même chambre lors des compétitions et des stages. «On a le goût de la compétition mais pas entre nous», lance Jérôme.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Fabrice, le cadet, a décroché l’argent en individuel ; Jérôme, l’aîné, a sauvé le bronze de l’équipe de France des épéistes aux championnats du monde d’escrime à Nice ; le duo des frères Jeannet forment un bloc aussi efficace que solidaire. Un regard en coin, un sourire furtif, une petite tape dans le dos : quand un Jeannet passe le relais à un autre Jeannet, peu importe le prénom, le rituel est immuable. «Il y a entre eux une complicité et une communication naturelles», explique leur père, Gilles. Et une grande solidarité : «l’un pousse l’autre», lance Jérôme. Ainsi, quand le cadet (Fabrice, tout juste 21 ans) accuse le coup de la déception après la défaite de l’équipe de France en demi-finale face à l’Estonie, Jérôme est là pour lui regonfler le moral : «J’ai gueulé dessus. Je lui ai...