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Actualités - Chronologies

Les Quinze inquiets sur la solidité de la coalition et l’après-taliban

Des inquiétudes sur la «solidité» de la coalition internationale contre le terrorisme sont apparues lundi lors de la réunion des ministres européens des Affaires étrangères, à Luxembourg, alors que les bombardements américains contre l’Afghanistan entrent dans leur quatrième semaine. Le ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, a souligné que la persistance et l’aggravation du conflit au Moyen-Orient mettait directement en péril le maintien de la coalition. «S’il n’y a pas un déblocage sur le Proche-Orient, il est certain que cela va mettre en péril la solidité de la coalition», a-t-il estimé, en relevant que ce point de vue était partagé par «presque» tous les ministres européens. Le ministre faisait allusion aux pays musulmans comme le Pakistan qui ont accepté de rejoindre la vaste coalition contre le terrorisme mise en place par les États-Unis après les attentats du 11 septembre. La situation au Proche-Orient et les moyens pour les Européens d’agir avec les États-Unis ont été évoqués très longuement par les ministres européens, a précisé le chef de la diplomatie britannique Jack Straw. Hubert Védrine a refusé de parler d’ores et déjà d’«échec» à propos de la campagne militaire américaine en Afghanistan, tout en admettant que la prolongation de la campagne était «mal vécue par un certain nombre de pays». «Personne n’a vraiment mis en cause la solidarité» avec les États-Unis, a assuré pour sa part le ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer. Autre sujet d’inquiétude pour les Européens : l’après-taliban. «Cela ne se déclenche pas», a résumé Hubert Védrine. «On ne peut pas le faire à leur place, à la place des chefs pachtoun qui attendent de voir comment cela tourne, à la place de l’Alliance du Nord où les gens se disputent au lieu de s’allier», a-t-il ajouté. L’attention des Quinze s’est portée également vers l’Asie centrale ex-soviétique, une région qui ne figurait pas jusqu’ici, loin s’en faut, parmi les priorités de l’Union. Le haut représentant de la diplomatie européenne, Javier Solana, a appelé les ministres européens à procéder à une «réévaluation» de la politique de l’Union vis-à-vis des pays de cette région indépendants depuis dix ans seulement (Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Turkménistan et Ouzbékistan), dont plusieurs sont voisins de l’Afghanistan. Les actions militaires en cours en Afghanistan risquent d’«amplifier» la montée de l’extrémisme islamique en Asie centrale où «il a pu être maîtrisé jusqu’à présent», a mis en garde Javier Solana. Pour le haut représentant, l’Union avait «traditionnellment» des «intérêts limités» en Asie centrale mais les derniers développements de la crise internationale font que l’UE doit désormais faire en sorte d’«empêcher la région de devenir un foyer d’extrémisme et de terrorisme». Il s’agit aussi pour les Quinze d’encourager «les réformes démocratiques et le respect des droits de l’homme». Illustrant de façon très nette cet intérêt renouvelé des Quinze pour cette région du monde, les ministres européens ont décidé lundi d’envoyer une délégation dirigée par le ministre belge des Affaires étrangères, Louis Michel. C’est la première fois que l’Union dépêche en Asie centrale ex-soviétique une délégation de ce niveau pour une visite qui s’étalera sur cinq jours, a-t-on indiqué de source diplomatique. Cette délégation se rendra en Ouzbékistan, Turkménistan et Tadjikistan, tous les trois limitrophes de l’Afghanistan et directement concernés par les développements dans ce pays. La délégation européenne pourrait se rendre aussi à Moscou, indiquait-on lundi soir de source diplomatique.
Des inquiétudes sur la «solidité» de la coalition internationale contre le terrorisme sont apparues lundi lors de la réunion des ministres européens des Affaires étrangères, à Luxembourg, alors que les bombardements américains contre l’Afghanistan entrent dans leur quatrième semaine. Le ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, a souligné que la persistance et l’aggravation du conflit au Moyen-Orient mettait directement en péril le maintien de la coalition. «S’il n’y a pas un déblocage sur le Proche-Orient, il est certain que cela va mettre en péril la solidité de la coalition», a-t-il estimé, en relevant que ce point de vue était partagé par «presque» tous les ministres européens. Le ministre faisait allusion aux pays musulmans comme le Pakistan qui ont accepté de rejoindre la vaste...