L’honneur des Touya, grand nom du sabre qui a donné de nombreux podiums à la France, a été vengé hier lors des championnats du monde de Nîmes grâce à la médaille d’or décrochée par la petite dernière de la famille, Anne-Lise, qui a fait oublier l’échec de son frère Damien. Chez les Touya, il y a le frère aîné, Gaël, champion du monde en 1997 par équipes, puis Damien (26 ans), double champion olympique, et, enfin, Anne-Lise, la cadette (à peine 20 ans) mais déjà vice-championne du monde par équipes (à Séoul en 1999) et tête de série numéro un aux championnats de Nîmes. La France avait misé sur Damien, champion du monde en 1997 (par équipes) et seul sabreur français à avoir décroché le double titre de champion du monde individuel et par équipes (lors des championnats de Séoul en 1999). Le «Cador», comme on le surnomme, faisait figure de favori. Mais il a eu la malchance de tomber, samedi dès les quarts de finales, sur l’exceptionnel Russe Stanislaw Pozdniakov, qui devait le même jour décrocher l’or. Damien, au terme d’un match acharné, n’a pu faire autrement que de s’incliner (15 à 14), laissant les médailles de bronze et d’argent à ses deux compatriotes Matthieu Gourdain et Julien Pillet. Voilà donc «Lisou», diminutif que lui donnent ses frères, seule garante du palmarès familial. Tempérament frondeur Pour la jeune sabreuse, le défi est à la taille de sa volonté, qu’on lui dit en acier trempé. Il est vrai que la Tarbaise est habituée à se battre. Petite, elle a dû se tailler une place aux côtés de ses grands frères, puis lutter contre un cœur fragile. Plus tard, elle a encore dû batailler pour imposer sa discipline aux championnats du monde (depuis 1999 seulement). «J’ai été élevée dans un esprit de compétition», explique la meilleure sabreuse française. Son tempérament frondeur, masqué par un visage jovial, lui avait fait vite quitter les cours de danse classique où, petite, ses parents l’avait inscrite. Naturellement, elle se tourne alors vers le sport de ses grands-frères. «Je n’ai jamais eu à apprendre les règles. Je suis née dans ça» : très vite, elle acquiert la «vista» (elle sent l’escrime). Sa première compétition (à 14 ans) est prometteuse mais, deux ans plus tard, les médecins la condamnent au banc de touche. «Cœur défaillant», diagnostiquent-ils. Pendant ce temps, ses frères trustent les médailles. Dépitée, elle laisse le fleuret pour le sabre, moins fatiguant pour le cœur. Mais une visite chez un spécialiste va tout changer : Anne-Lise fait partie des 2 % de sujets cardiaques sans risque. Plus rien n’arrêtera alors la gauchère, malgré des études prenantes de maths appliquées. Double vainqueur de la coupe du monde 2000 et 2001, vice-championne du monde par équipes à Séoul en 99... À 20 ans tout juste, le palmarès est déjà impressionnant. Mais il lui manquait encore une médaille de championnats du monde. C’est chose faite depuis dimanche, avec l’or. «Maintenant, ils parleront de nous sans être le frère ou la sœur de l’autre. Damien, c’est Damien. Moi c’est moi». La petite sœur est devenue grande.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’honneur des Touya, grand nom du sabre qui a donné de nombreux podiums à la France, a été vengé hier lors des championnats du monde de Nîmes grâce à la médaille d’or décrochée par la petite dernière de la famille, Anne-Lise, qui a fait oublier l’échec de son frère Damien. Chez les Touya, il y a le frère aîné, Gaël, champion du monde en 1997 par équipes, puis Damien (26 ans), double champion olympique, et, enfin, Anne-Lise, la cadette (à peine 20 ans) mais déjà vice-championne du monde par équipes (à Séoul en 1999) et tête de série numéro un aux championnats de Nîmes. La France avait misé sur Damien, champion du monde en 1997 (par équipes) et seul sabreur français à avoir décroché le double titre de champion du monde individuel et par équipes (lors des championnats de Séoul en 1999). Le...