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Actualités - Chronologies

La contamination au charbon, une répétition - générale pour une attaque d’ampleur

Les États-Unis, pris de court par une attaque bioterroriste limitée utilisant le bacille du charbon, tentent d’en tirer les leçons pour éviter qu’une autre attaque plus massive ne mette le pays à genoux. Deux milliards de dollars contre le bioterrorisme, des dizaines de milliers de personne sous traitement antibiotique, les centres de tri bientôt équipés pour détruire les germes contaminant le courrier : l’attaque dont le bilan est pour l’instant limité à trois morts a fait l’effet d’un détonateur. «La contamination a galvanisé une réponse à tous les niveaux», selon le biophysicien Steven Block, expert des questions bioterroristes à l’Université de Stanford, pour qui le pays reste néanmoins «très loin d’être prêt» à faire face à une attaque de plus grande ampleur. Mais pour ce spécialiste, le danger immédiat «n’est pas l’arme de destruction massive, mais plutôt l’arme de désorganisation massive», imposant «des dommages économiques et psychologiques, dont le coût se chiffre en dizaines de milliards de dollars pour l’économie». Le biophysicien, consultant régulier du gouvernement, cite trois scénarios bioterroristes plausibles : «Une nouvelle attaque au bacille du charbon sur une échelle plus large, un bacille du charbon génétiquement modifié pour résister aux antibiotiques et l’utilisation d’un virus contagieux, comme la variole». La variole est placée en tête des menaces par un groupe d’experts et de médecins réunis au sein du Center for Civilian Biodefense Studies, à Baltimore : «Si la variole est redoutée depuis longtemps comme la plus dévastatrice des maladies infectieuses, son potentiel de destruction est aujourd’hui bien supérieur à ce qu’il a jamais été», écrivent les experts. Dépassant l’urgence de la présente contamination, le secrétaire à la Santé Tommy Thompson a détaillé devant une commission chargée de la sécurité nationale à la Chambre des représentants sa demande de rallonge budgétaire contre le bioterrorisme de 1,5 milliard de dollars, en sus du budget 2002 de 345 millions et des crédits débloqués peu après les attentats du 11 septembre. M. Thompson fait porter le gros de l’effort de préparation à une attaque d’ampleur sur le stockage d’antibiotiques pour être en mesure de traiter 12 millions d’Américains simultanément et sur la production de vaccins, notamment contre la variole, pour gonfler le stock qui s’établit actuellement à 15 millions de doses. L’essentiel des crédits spéciaux vont donc à un effort fédéral, provoquant la réaction de responsables médicaux de terrain. Au niveau local, le plan n’est «pas adéquat, il nous faut un milliard» au lieu des 300 millions prévus, a estimé le directeur de l’American Public Health Association, Mohammed Akhter, à Atlanta, où cette association tient congrès jusqu’à jeudi. «Je sais que certains États et laboratoires locaux se sentent dépassés», a convenu le secrétaire à la Santé mercredi à la Chambre des représentants, sans pour l’instant proposer de solution. Le réveil brutal des responsables politiques imposé par le bacille du charbon intervient après plusieurs mois de mises en garde adressées au gouvernement par des dizaines d’experts du bioterrorisme, soutenus par des élus. Un exercice en conditions réelles intitulé «Dark Winter» (hiver sombre) avait mobilisé plusieurs dizaines de hauts responsables américains à la fin juin 2001. Le scénario catastrophe reposait sur un acte terroriste impliquant la dissémination dans le sud des États-Unis du virus de la variole durant l’hiver 2002. «Les structures et capacités» du pays ne sont «pas adaptées à gérer une attaque bioterroriste», concluait à l’époque l’ANSER (Institute for Homeland Security), organisateur de l’exercice. Le constat s’est trouvé confirmé par le temps de réponse trop long des autorités sanitaires pour traiter le personnel des services postaux exposé au bacille du charbon. Un cas d’attaque pourtant extrêmement limité.
Les États-Unis, pris de court par une attaque bioterroriste limitée utilisant le bacille du charbon, tentent d’en tirer les leçons pour éviter qu’une autre attaque plus massive ne mette le pays à genoux. Deux milliards de dollars contre le bioterrorisme, des dizaines de milliers de personne sous traitement antibiotique, les centres de tri bientôt équipés pour détruire les germes contaminant le courrier : l’attaque dont le bilan est pour l’instant limité à trois morts a fait l’effet d’un détonateur. «La contamination a galvanisé une réponse à tous les niveaux», selon le biophysicien Steven Block, expert des questions bioterroristes à l’Université de Stanford, pour qui le pays reste néanmoins «très loin d’être prêt» à faire face à une attaque de plus grande ampleur. Mais pour ce spécialiste, le...