La journée traditionnelle de mobilisation contre les représailles américaines sur l’Afghanistan, organisée chaque vendredi dans les grandes villes du Pakistan, n’a mobilisé au treizième jour des frappes aériennes qu’environ 25 000 personnes, un chiffre en baisse chaque semaine. Quelque 10 000 islamistes ont manifesté pacifiquement vendredi à Peshawar contre les bombardements américains de l’Afghanistan, ce qui a constitué le plus gros rassemblement de manifestants au niveau national, a déclaré la police. Les organisateurs espéraient réunir plus de 50 000 personnes pour ce deuxième vendredi, jour de prière, depuis le début des raids aériens antiterroristes. Mais la police avait mis en place des barrages sur les axes routiers conduisant à cette ville du nord-ouest du Pakistan frontalière de l’Afghanistan. Le dirigeant du parti Jamaat-i-Islami (JI), Qazi Hussain Ahmed, dirigeait la manifestation de Peshawar alors que d’autres rassemblements se déroulaient sans violence dans d’autres villes du Pakistan. À Karachi, la grande métropole du sud avec 10 millions d’habitants, quelque 4 000 personnes ont participé à une manifestation pacifique. Vendredi dernier, de véritables batailles de rues avaient opposé manifestants et policiers dans ce port et bastion industriel, première ville du Pakistan. À Quetta, dans l’ouest, où de violentes manifestations antiaméricaines avaient également eu lieu, quelque 8 000 personnes sont descendues dans la rue, alors que plus de 2 000 policiers avaient été déployés. De très nombreux drapeaux américains y ont été brûlés, mais aucune violence n’a été déplorée. Un millier de personnes ont manifesté à Lahore, la grande ville de l’est, proche de la frontière indienne. À Islamabad, seulement quelques centaines de manifestants ont été signalés. Avant les manifestations, le secrétaire d’État pakistanais à l’Intérieur, Tasneem Noorani, avait averti que les forces de l’ordre arrêteraient tout fauteur de trouble, mais laisseraient les manifestations se dérouler si elles restaient pacifiques. «Les provinces ont reçu l’ordre d’arrêter les gens qui tenteraient de troubler l’ordre public. Si les manifestants restent pacifiques, nous ne les réprimerons pas», avait-il dit. Parmi les mesures de sécurité préventives, les autorités ont interdit à Ahmed et à deux autres dirigeants islamistes de se rendre dans la province du Sind, dont Karachi est la capitale, pendant trente jours. De violentes manifestations ont été organisées au cours des deux dernières semaines dans le Sind, où les États-Unis utilisent l’aéroport de Jacobabad pour leurs bombardements de l’Afghanistan. Dimanche dernier, une personne avait été tuée et 24 autres blessées lors d’affrontements entre policiers et manifestants après que les islamistes eurent voulu marcher sur la base aérienne. Les leaders du mouvement antiaméricain ont appelé à une grande manifestation près de la base mardi. Une coalition de partis religieux protaliban, le Conseil de défense de l’Afghanistan, a prévu «une marche d’un million» de personnes à Karachi le 26 octobre. La mobilisation pour ces manifestations n’a cessé de décroître depuis le 21 septembre, lorsque plus de 100 000 militants, dont environ 50 000 à Karachi, avaient dénoncé la menace de frappes américaines contre l’Afghanistan et la coopération promise à Washington par le gouvernement militaire d’Islamabad. Cette mobilisation n’a pas connu de regain avec le début des frappes américaines sur l’Afghanistan le 7 octobre.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La journée traditionnelle de mobilisation contre les représailles américaines sur l’Afghanistan, organisée chaque vendredi dans les grandes villes du Pakistan, n’a mobilisé au treizième jour des frappes aériennes qu’environ 25 000 personnes, un chiffre en baisse chaque semaine. Quelque 10 000 islamistes ont manifesté pacifiquement vendredi à Peshawar contre les bombardements américains de l’Afghanistan, ce qui a constitué le plus gros rassemblement de manifestants au niveau national, a déclaré la police. Les organisateurs espéraient réunir plus de 50 000 personnes pour ce deuxième vendredi, jour de prière, depuis le début des raids aériens antiterroristes. Mais la police avait mis en place des barrages sur les axes routiers conduisant à cette ville du nord-ouest du Pakistan frontalière de l’Afghanistan. Le...