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Actualités - Chronologies

Les pays musulmans inquiets des répercussions d’une extension des frappes

Les pays arabes sont inquiets des répercussions sur leur stabilité d’une éventuelle extension de la campagne militaire américaine à l’Irak ou au Hezbollah, dans une phase ultérieure. Après avoir reçu des assurances que la première phase de l’intervention militaire américano-britannique se concentrerait sur l’Afghanistan, les pays arabes craignent qu’un pays comme l’Irak fasse partie des prochaines cibles, ont indiqué des responsables politiques sous couvert d’anonymat. «Si l’Irak fait l’objet d’une intervention militaire, étant donné le climat déjà très tendu dans le monde arabe et musulman, les effets seront dévastateurs, surtout pour ses voisins directs, comme la Jordanie», a estimé un responsable jordanien. La Jordanie, où le président irakien Saddam Hussein jouit d’une grande popularité, dépend très largement de l’Irak sur le plan économique, aussi bien pour ses approvisionnements en pétrole que pour écouler sa production, alors qu’elle est confrontée à une crise économique aiguë. «Une frappe contre l’Irak ou contre des organisations comme le Hezbollah, dont plusieurs membres figurent sur la liste américaine des terroristes les plus recherchés, fera basculer la stabilité de régimes arabes, alliés des États-Unis et qui lui fournissent actuellement une aide importante en matière de renseignements antiterroristes», a estimé un responsable politique arabe. «Cette vision cauchemardesque n’est pas partagée par Washington qui, en tout état de cause, a dit clairement à ses interlocuteurs que rien ne l’arrêterait si l’enquête prouve l’implication d’un pays arabe», a de son côté déclaré un spécialiste de la politique américaine. Selon lui, les États-Unis «souhaitent ménager leurs amis dans la région, mais étant prêts à sacrifier des Américains dans cette guerre, ils n’hésiteront pas à prendre des mesures qui pourraient mettre leurs alliés dans des situations difficiles». Des responsables américains ont à maintes reprises évoqué la possibilité de frapper l’Irak dans une «deuxième ou troisième phase», en dépit des affirmations des responsables égyptiens, jordaniens et séoudiens, qui ont déclaré avoir reçu des assurances que les États-Unis n’attaqueraient aucun pays arabe. «Lorsque le président américain George W. Bush a dit : “Vous êtes avec nous ou contre nous”, le message est clair pour ceux qui ne participent pas à l’effort international de lutte contre le terrorisme et qui ont abrité des terroristes. Ils tombent d’emblée dans la catégorie des ennemis et devront subir les conséquences», a relevé un autre responsable arabe. Selon lui, des pays arabes figurant sur la liste américaine des États parrainant le terrorisme, tels la Syrie et le Soudan, et d’autres comme le Yémen, «font acte de contrition, en fournissant des informations précieuses sur les réseaux liés à Oussama Ben Laden», désigné par Washington comme le commanditaire des attentats du 11 septembre. L’Administration américaine «n’a absous aucune partie pour son implication dans les attaques et l’Irak fait partie de l’enquête en cours», a-t-il indiqué. Selon lui, Washington estime que le président irakien «doit être neutralisé car il continue de développer son programme d’armements de destruction massive et n’hésitera pas à utiliser son armement biologique et chimique». Ennemi juré de Washington, qualifié par le président Bush d’«homme diabolique», Saddam Hussein est l’unique dirigeant arabe à ne pas avoir condamné les attaques du 11 septembre. Il a condamné «l’agression» des États-Unis contre l’Afghanistan et estimé que «la haine contre l’Amérique allait augmenter» dans le monde.
Les pays arabes sont inquiets des répercussions sur leur stabilité d’une éventuelle extension de la campagne militaire américaine à l’Irak ou au Hezbollah, dans une phase ultérieure. Après avoir reçu des assurances que la première phase de l’intervention militaire américano-britannique se concentrerait sur l’Afghanistan, les pays arabes craignent qu’un pays comme l’Irak fasse partie des prochaines cibles, ont indiqué des responsables politiques sous couvert d’anonymat. «Si l’Irak fait l’objet d’une intervention militaire, étant donné le climat déjà très tendu dans le monde arabe et musulman, les effets seront dévastateurs, surtout pour ses voisins directs, comme la Jordanie», a estimé un responsable jordanien. La Jordanie, où le président irakien Saddam Hussein jouit d’une grande popularité,...