L’Organisation des Nations unies joue un rôle irremplaçable pour apaiser les conflits dans le monde en dépit de plusieurs échecs sanglants. Au sortir des dévastations de la Seconde Guerre mondiale, les 51 pays fondateurs ont assigné comme premier but à la nouvelle organisation celui de «maintenir la paix et la sécurité internationales», ce dont elle s’est acquittée avec des bonheurs divers. Au titre de ses succès, l’Onu peut s’enorgueillir, entre autres, de son action au Timor-Oriental et plus anciennement en Namibie, au Mozambique ou au Cambodge. En revanche, l’organisation est encore marquée par sa faillite à empêcher les massacres en Bosnie et le génocide au Rwanda, et par sa retraite piteuse de Somalie. À la lumière de ses échecs, l’Onu a toutefois entrepris de revoir entièrement la conduite de ses opérations de paix au moment où ses missions sont à nouveau en forte hausse avec 44 000 Casques bleus déployés dans quinze missions à travers le monde. Elle a aussi innové en prenant en charge l’administration de deux territoires ravagés par la guerre : le Kosovo et le Timor-Oriental. En revanche, dans la guerre au terrorisme décrétée par les États-Unis après les attentats du 11 septembre, l’Onu joue un rôle important pour renforcer la coopération des États dans les domaines politiques, diplomatiques ou financiers, mais est totalement absente des opérations militaires. Mais l’Onu, ce n’est pas seulement le département du maintien de la paix, déjà lauréat du prix Nobel de la paix en 1988, c’est aussi une constellation d’une trentaine d’agences et d’institutions spécialisées qui œuvrent pour le développement, l’éducation, la santé, les enfants ou mobilisent les efforts internationaux contre le sida. Trois d’entre elles, le Haut Commissariat aux réfugiés, l’Organisation internationale du travail et le Fonds des Nations unies pour l’enfance, ont aussi obtenu le prix Nobel de la paix. La Charte fut adoptée par 51 pays le 26 juin 1945 à San Francisco et l’organisation elle-même est née quatre mois plus tard, le 24 octobre 1945. L’organisation est dirigée depuis janvier 1997 par le Ghanéen Kofi Annan, septième secrétaire général dans l’histoire de l’organisation, qui a été réélu en juin dernier pour un deuxième mandat de cinq ans, jusqu’au 31 décembre 2006. Kofi Annan a engagé l’organisation dans un processus de réformes pour la rendre moins bureaucratique et plus efficace, et a entrepris de «l’ouvrir» à la société civile et à des partenariats avec de grandes entreprises. New York abrite le siège de l’organisation, un haut bâtiment de verre qui s’élève au bord de l’East River sur l’île de Manhattan, et des centres régionaux sont situés à Genève, Vienne et Nairobi.
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