Pour se battre dans des montagnes enneigées comme celles de l’Afghanistan, difficile de trouver mieux au sein des forces britanniques que la 3e brigade des Royal Marines : coïncidence, elle participe actuellement à des manœuvres à Oman. «Si nous devions mener des opérations terrestres en Afghanistan, alors cette unité serait sérieusement prise en considération», avait déclaré jeudi le chef d’état-major britannique, l’amiral Sir Michael Boyce, ajoutant : «Ce sont nos experts pour les opérations en montagne et hivernales». La perspective d’un déploiement de troupes en Afghanistan est de plus en plus évoquée, maintenant que les avions américains ont la maîtrise de l’air et que les forces comme l’infrastructure taliban sont, selon les experts occidentaux, sérieusement affaiblies. La 3e brigade des Royal Marines – forte de 3 500 hommes au total – compte trois unités : la 40e, la 42e et la 45e. Rompues aux combats dans les zones froides et montagneuses (elles s’entraînent régulièrement en Norvège), toutes trois ne disposent que d’un armement léger, privilégiant la mobilité. Mais elles peuvent si nécessaire recevoir le soutien de forces plus spécialisées comme les commandos du 29e régiment d’artillerie ou du 59e régiment du génie. Selon les spécialistes britanniques, chaque Royal Marine est armé d’un fusil automatique SA-80 et de 240 cartouches. Chaque unité est dotée de mortiers, de mitrailleuses légères et de missiles antichars. Deux unités de la 3e brigade – la 40e et la 45e, chacune comptant environ 650 hommes – participent actuellement aux manœuvres Swift Sword 2 avec les forces omanaises et Londres répète à l’envi que ces forces sont disponibles au cas où... Cet exercice est le plus important déploiement de forces britanniques depuis la guerre des Malouines, en 1982. Les origines de ces commandos de marine remontent à 1940, lorsque le Premier ministre Winston Churchill avait demandé de réfléchir à la création d’unités spécialisées dans les opérations le long de côtes occupées par les nazis. Le premier Royal Marine Commando a été constitué début 1942 et est devenu officiellement une brigade en 1943. Le 6 juin 1944, ses hommes débarquaient en Normandie avec les forces alliées. Ses autres faits d’armes comptent, en 1956, le débarquement franco-britannique sur Port Saïd, en Égypte, et la guerre des Malouines, où la brigade mena une campagne victorieuse de six semaines jusqu’à la prise de Port Stanley contre les forces argentines. Depuis les attentats du 11 septembre aux États-Unis, plusieurs autres unités spécialisées britanniques ont été mentionnées par les spécialistes comme pouvant être déployées en Afghanistan. Les hommes (un millier environ) du 22e régiment des SAS (Special Air Service), ceux (750) des SBS (Special Boat Service – une autre unité de commandos de marine et de nageurs de combat similaire aux SEALS américains), le régiment parachutiste voire même les Gurkhas, mercenaires népalais familiers de ce type de terrain. Les noms de ces unités sont toutefois avancés un peu à tort et à travers par la presse britannique et, jusqu’à jeudi, en l’absence de toute confirmation officielle de la part du ministère de la Défense.
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