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Actualités - Chronologies

Du sang neuf pour la « haute »

Dans le sanctuaire très fermé de la haute couture, la relève est assurée... De nouveaux noms sont venus s’ajouter à ceux de l’ancienne noblesse pour rajeunir et assurer la pérennité de l’institution. On pensait que la vieille dame vivait les dernières années de sa gloire et que le siècle qui commence allait balayer, sans merci, son faste et son panache... Il n’en est rien... La relève est là pour assurer la succession. Du sang neuf est infusé et les débutants ont démontré qu’il était temps de proposer une nouvelle élégance et de dynamiser une institution livrée à la mort lente. Au cours des défilés, ces débutants, aux moyens restreints et à la réputation encore à faire, ont proposé un nouveau regard. Hubert Barrère, Bruno Pieters, Jean-Luc Evrard et Anne-Valérie Hash ont réussi la performance d’être qualifiés «les nouveaux petits de la Haute». Hubert Barrère est l’homme par qui le corset arrive... Cultivé, talentueux, imaginatif, il déborde de courage et d’idées parfois saugrenues mais géniales : souvenez-vous du corset que Madonna, voilà quelques années, portait à son mariage, réalisé à l’origine pour Stella McCartney. C’était son œuvre. Costumier de formation, il a le talent et la culture nécessaires pour puiser dans le passé les audaces de demain. Il dénude sans dévoiler, comme dans ce modèle de robe du soir en biais où deux bandeaux couleur chair couvrent, en arrière-plan, seins et hanche. Sa maîtrise technique et le choix de ses matériaux font de lui un génial rénovateur. En 1996, déjà, il avait lancé une ligne de corsets serre-taille et bustier, présentée par un commentaire historique, véritable modèle du genre... Bruno Pieters est belge, issu de l’Académie d’Anvers et formé par Christian Lacroix, Martin Margiela et Josephus Thimister. D’inspiration néoclassique, ce créateur de 26 ans partage avec Thimister le sens aigu des concepts. Aux dernières collections hiver 2001-02, il n’a fait défiler que des tailleurs deux-pièces, composés de petits hauts fermés près du cou et de jupes évasées. Jean-Luc Evrard est né à Bordeaux en 1966, il a surtout créé jusqu’à présent des accessoires après avoir étudié la joaillerie puis la mode, à Paris. Il retournera vers les accessoires chez Christian Lacroix de 1993 à 1999 sans renoncer à la couture. Sa collection présentée au début de cette saison, totalement noire, fait fusionner les deux volets de son talent : un jogging de luxe à ceinture de diamant, un tailleur kimono et ses gros bijoux cabochons, une paire de manches-gants drapée en lycra de crin... Anne-Valérie Hash. Enfin une femme ! Âgée de trente ans, c’est une ancienne des arts appliqués. Parisienne formée à l’école de la Chambre syndicale de couture, elle partira aux États-Unis avant de travailler chez Lacroix, Dior, Chanel, Ricci et Chloé. Installée depuis 1997 sous son nom, elle est déjà à sa seconde collection, entièrement inspirée du costume masculin, reconstruit en vêtement féminin. Le pantalon est transformé en robe décolletée, la chemise blanche devient blouse évanescente, le gilet en caraco. Passionnée par la coupe, elle associe la photo aussi en symbiose avec la couture et occupe une place importante dans sa création et ses recherches...
Dans le sanctuaire très fermé de la haute couture, la relève est assurée... De nouveaux noms sont venus s’ajouter à ceux de l’ancienne noblesse pour rajeunir et assurer la pérennité de l’institution. On pensait que la vieille dame vivait les dernières années de sa gloire et que le siècle qui commence allait balayer, sans merci, son faste et son panache... Il n’en est rien... La relève est là pour assurer la succession. Du sang neuf est infusé et les débutants ont démontré qu’il était temps de proposer une nouvelle élégance et de dynamiser une institution livrée à la mort lente. Au cours des défilés, ces débutants, aux moyens restreints et à la réputation encore à faire, ont proposé un nouveau regard. Hubert Barrère, Bruno Pieters, Jean-Luc Evrard et Anne-Valérie Hash ont réussi la performance...