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Actualités - Chronologies

Londres prêt à livrer Rachid Ramda - accusé d’attentats par la France

Après six ans de procédure, le gouvernement britannique a donné son feu vert pour l’extradition vers la France de l’Algérien Rachid Ramda, soupçonné d’avoir organisé les attentats de 1995, qui avaient fait dix morts et 200 blessés dans l’Hexagone, ont confirmé mardi Paris et Londres. Cette décision est une conséquence directe des attentats du 11 septembre aux États-Unis et des accords européens de la semaine dernière pour un renforcement de la coopération dans la lutte antiterroriste, a dit la ministre de la Justice française Marylise Lebranchu. «Après la réunion européenne de la semaine dernière et après l’engagement pour le mandat d’arrêt européen, qui va complètement changer les relations en matière d’extradition pour terrorisme, c’est vrai qu’il fallait être logique», a-t-elle dit sur RTL. L’association de victimes SOS-Attentats s’est «félicitée» de la décision de Londres tout en jugeant «regrettable qu’elle ait été obtenue à cause des attentats du 11 septembre et six ans après les premières demandes des juges d’instruction et des parties civiles». Rachid Ramda, 31 ans, serait l’un des «cerveaux» de la campagne d’attentats menée entre juillet et octobre 1995 en France et revendiquée par le GIA (Groupe islamique armé, la rébellion islamiste algérienne). Elle avait fait dix morts, dont l’imam modéré Abdelbaki Sahraoui et un de ses proches. Arrêté le 4 novembre 1995 à Londres, Rachid Ramda avait de longue date épuisé tous ses recours judiciaires, mais le gouvernement britannique refusait jusqu’ici de donner sa signature pour finaliser la procédure. L’Algérien dispose maintenant de sept jours pour déposer un nouveau recours contre la décision gouvernementale, a dit à Reuters mardi un porte-parole du ministère de l’Intérieur britannique. S’il ne fait pas usage de ce droit, le suspect sera livré de suite à la France, a-t-il précisé, mais, dans le cas contraire, le délai d’examen du recours n’est pas connu. «C’est une procédure d’extradition pendante depuis longtemps, qui touche maintenant à sa fin. L’affaire se traite dans l’esprit d’un renforcement de la coopération dans la lutte antiterroriste, mais c’est en fait plutôt sans rapport», a assuré le porte-parole du «Home Office». Marylise Lebranchu a estimé que la livraison de l’Algérien ne devrait plus tarder. «Je pense que l’instruction va aller vite parce que tout le monde veut essayer d’y mettre du sien (...). Compte tenu de la situation internationale, il est extrêmement important qu’on l’entende en France et que, lorsque le procès s’ouvre, il soit là», a-t-elle dit. Rachid Ramda a été renvoyé par contumace devant la cour d’assises spéciale de Paris pour «assassinats et tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste» pour trois attentats. Ces procès doivent s’ouvrir au début de l’année prochaine. Ils concernent les attaques à la bombe contre le RER à la station Saint-Michel (huit morts et des dizaines de blessés le 25 juillet 1995), contre le métro à la station Maison-Blanche (13 blessés le 6 octobre 1995) et le RER à la station Musée d’Orsay (30 blessés le 17 octobre 1995). Boualem Bensaïd, un autre Algérien de 33 ans, qui purge actuellement en France une peine de trente ans de réclusion, prononcée en novembre 2000, pour une tentative d’attentat contre le TGV Lyon-Paris, en août 1995, comparaîtra aussi dans ces trois affaires. Un inconnu ayant utilisé l’identité de Smaïn Aït Ali Belkacem sera jugé avec Ramda dans le seul dossier du RER Musée d’Orsay. Rachid Ramda aurait été envoyé en Europe pour les attentats par Djamel Zitouni, émir du GIA, aujourd’hui mort. Il aurait partagé l’organisation de la campagne meurtrière avec Boualem Bensaïd et Ali Touchent, dont le régime d’Alger a annoncé la mort en 1997. Aït Ali Belkacem aurait été l’artificier, Karim Koussa (condamné à vingt ans et écroué en France aujourd’hui) et Khaled Kelkal (tué le 29 septembre 1995 par les forces de l’ordre françaises) les exécutants. Rachid Ramda aurait été un des rédacteurs du bulletin islamiste el-Ansar, diffusé dans toute l’Europe et qui avait publié les revendications des attentats. Les enquêteurs britanniques qui le surveillaient l’avaient surpris en flagrant délit le 16 octobre 1995 dans une banque de Londres, alors qu’il opérait un virement au profit de Boualem Bensaïd, d’un montant de 5 000 livres (environ 40 000 francs). Une perquisition dans son logement de Londres avait permis de découvrir des armes, de la documentation technique et politique ainsi que des documents portant de nombreuses consignes sur les actions violentes demandées aux militants du GIA. Les magistrats antiterroristes français se plaignaient depuis 1995 de l’inertie britannique sur le «cas» Ramda, qu’ils liaient à la tolérance que montraient, selon eux, les autorités de Londres avec les intégristes islamiques séjournant sur leur sol. Djamel Beghal, un Franco-Algérien arrêté aux Émirats arabes unis en juillet dernier et qui aurait préparé des attentats contre l’ambassade américaine à Paris, avait ainsi séjourné à Londres, où il fréquentait la mosquée de Finnsbury Park, fief des intégristes. Kamel Daoudi, un de ses complices présumés, a été arrêté fin septembre à Leicester, dans le centre de l’Angleterre, où un autre centre religieux aurait aussi abrité des activistes.
Après six ans de procédure, le gouvernement britannique a donné son feu vert pour l’extradition vers la France de l’Algérien Rachid Ramda, soupçonné d’avoir organisé les attentats de 1995, qui avaient fait dix morts et 200 blessés dans l’Hexagone, ont confirmé mardi Paris et Londres. Cette décision est une conséquence directe des attentats du 11 septembre aux États-Unis et des accords européens de la semaine dernière pour un renforcement de la coopération dans la lutte antiterroriste, a dit la ministre de la Justice française Marylise Lebranchu. «Après la réunion européenne de la semaine dernière et après l’engagement pour le mandat d’arrêt européen, qui va complètement changer les relations en matière d’extradition pour terrorisme, c’est vrai qu’il fallait être logique», a-t-elle dit sur...